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Discours du Premier Ministre de Portugal, M. José Socrates, à l’ouverture du Sommet UE-Afrique (Lisbonne, le 8 décembre 2007 )

   

Monsieur le Président de l’Union africaine,

Messieurs les Présidents de la République,

Messieurs les Premiers ministres,

Madame la Présidente du Parlement panafricain,

Monsieur le Président du Parlement européenne,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,

Monsieur le Président de la Commission européenne,

Mesdames et Messieurs,

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Le moment est venu de lancer, formellement, ce deuxième sommet entre l’Union européenne et l’Afrique. Et je commence par renouveler mes voeux de bienvenue à tous ceux qui sont parmi nous. A travers tout un chacun, je tiens à saluer, avec amitié, tous les peuples de l’Europe et de l’Afrique ici représentés. C’est en pensant à eux mais aussi aux générations futures de nos deux continents que nous nous rencontrons.

Il ne pouvait y avoir de meilleur endroit pour tenir cette rencontre. C’est à partir de Lisbonne que l’Europe s’est donnée à connaître à l’Afrique. Et c’est une nouvelle fois à Lisbonne que nous nous retrouvons.

Je puis interpréter le sentiment de tous les Portugais en disant que mon pays est fier, aujourd’hui, de pouvoir, une fois encore, parfaire le pont entre l’Europe et l’Afrique. C’est une fois de plus la langue portugaise qui unit les deux continents.

Ce sommet est une rencontre entre pairs. Nous sommes ici en pied d’égalité pour représenter des Etats pareillement souverains au sein de la communauté des nations. Egaux dans notre commune dignité humaine, transcendant toute différence et ne laissant lieu à une quelconque idée de cultures mineures ou de civilisations supérieures. Mais nous sommes là aussi égaux quant à la responsabilité politique : la responsabilité de chacun d’entre nous face à l’Histoire et face aux peuples que nous représentons ici.

Sept ans déjà nous séparent du sommet du Caire. Cette impasse a nui à la coopération indispensable entre nos deux continents et elle nous a empêchés de relever, ensemble, les défis du monde actuel.

J’ai toujours eu la conviction que cette situation ne pouvait demeurer. J’ai toujours senti qu’il était de notre devoir de relancer urgemment le dialogue politique entre l’Europe et l’Afrique. C’est pourquoi j’ai pris la décision d’inscrire la réalisation de ce sommet au premier rang des priorités de la présidence portugaise de l’Union européenne. Je connais bien les difficultés, les tergiversations et les obstacles que nous avons eu à surmonter. Or, si l’idée de ce sommet a commencé par se heurter à des craintes et à des scepticismes, le fait est qu’il a fini par engendrer une dynamique de retrouvailles entre nos deux continents.

Car cette enceinte est déjà plus qu’un simple rendez-vous politique, ce sommet a suscité un mouvement. Mouvement des jeunesses, des syndicats, du monde des affaires, des scientifiques, des élus locaux et régionaux, des organisations de la société civile qui, tous, se sont mobilisés pour discuter de leurs problèmes communs, ici même, à Lisbonne. Le message de ce mouvement de dialogue social ne pouvait être plus clair : nous n’avons plus de temps à perdre. Le moment est de mise pour la construction de nouvelles solutions d’avenir.

Mais c’est votre présence à ce sommet, a fortiori la présence si expressive de chefs d’Etat et de gouvernement, Européens et Africains, qui envoie un signal politique encore plus clair et conforte notre raisonnement : c’est en effet le juste moment. Et je sais pertinemment que vous n’êtes pas venus tout court pour répondre à une invitation du Portugal, une invitation de l’Union européenne ou une invitation de l’Union africaine : tous nous sommes là parce que l’histoire nous y a conviés. Une histoire qui nous défie et nous invite à écrire, ensemble, une page complètement nouvelle de nos relations entre l’Europe et l’Afrique.

Monsieur le Président de l’Union africaine,

Excellences,

Ce sommet se veut ambitieux.

Nous avons à y adopter une Stratégie conjointe. C’est la première fois que nous partageons, entre l’Europe et l’Afrique, une même vision d’avenir. Nous avons défini des principes et des directrices pour ce nouveau partenariat qui régira, dorénavant, nos relations. Cette Stratégie conjointe prévoit un cadre sans parallèle en ce qui concerne les relations extérieures entre les deux continents.

Mais notre ambition va plus loin. Car si nous voulons une Stratégie conjointe, nous voulons aussi en assurer la mise en oeuvre. C’est pourquoi nous soumettons à ce sommet un Plan d’action qui contient des objectifs et des mesures à la fois nouvelles et concrètes. Et c’est aussi pourquoi nous nous doterons d’un nouveau mécanisme de suivi afin de veiller à l’application de cette Stratégie.

La nouvelle Stratégie conjointe assume les enjeux majeurs de nos deux continents. Mais elle exige qu’un dialogue politique s’établisse dans un esprit de frontalité, de maturité et d’ouverture. Un dialogue sans tabous ni interdits. Et c’est dans cet esprit-là que nous avons retenu les thèmes à l’ordre du jour de ce sommet.

D’abord, la paix et la sécurité, car c’est là le point de départ de tout. Sans paix ni sécurité, il ne peut y avoir de développement ni de respect à l’égard de la vie. Il nous revient, à nous, de constituer ce sommet en fenêtre d’espoir face au drame terrible des réfugiés et face aux tragédies qui sévissent au Darfour et en Somalie.

Deuxièmement, la gouvernance et les droits de l’Homme car les droits fondamentaux sont l’expression directe de la dignité de la personne humaine. Ils ne sont le patrimoine exclusif d’aucun continent. Au contraire, ils constituent le patrimoine universel de l’humanité, qu’il nous incombe de préserver, d’affirmer et de défendre. Ce que nous ferons aussi dans le cadre de ce sommet. Raison qui nous a amené à inscrire les droits de l’Homme au coeur de notre Stratégie conjointe et de notre agenda.

Troisièmement, les questions relatives au développement, car nous avons un défi très clair : accomplir les Objectifs du Millénaire pour le développement. Certes, nous avons déjà parcouru une partie du chemin, mais il nous reste encore un bon bout de route à faire. Il est temps d’exiger plus d’efforts, plus d’implication et plus d’investissement de la part de ceux qui ont pris ces engagements.

Quatrièmement, la lute contre les changements climatiques car c’est l’un des défis majeurs de la coopération politique à l’échelle mondiale. A cet égard, notre Stratégie conjointe assume un compromis d’action, mais aussi un compromis de coopération entre l’Europe et l’Afrique, en vue d’un accord mondial. Un accord passible de définir de nouveaux buts et de convoquer la participation de tous, en respectant le principe des responsabilités différenciées.

Enfin, les migrations car c’est peut-être le thème qui s’est le plus ressenti de l’absence de dialogue et de coopération politique entre les deux continents au cours des dernières années. D’autant que nous ne pouvons rester indifférents au drame d’une immigration désespérée, qui détruit trop souvent des vies et des familles. Nous devons être capables, ensemble, de réguler ces flux migratoires, de favoriser l’immigration régulière et de combattre l’immigration clandestine, de promouvoir l’insertion digne des immigrants dans les sociétés d’accueil, ainsi que de soutenir le développement dans les pays d’origine. Il s’agit d’un défi qui ne peut être reporté et qui constitue une priorité centrale du Plan d’action pour la coopération entre les deux continents. Là encore, ce sont les droits de l’Homme qui sont en cause.

Monsieur le Président de l’Union africaine,

Mes chers collègues,

Ce sommet a été reporté trop longtemps. Et nous savons tous pourquoi. Pendant de nombreuses années, les relations entre l’Union européenne et le Zimbabwe en ont brigué la convocation, du fait de la grave situation dans ce pays. Mais je crois fermement que grâce aux nouveaux instruments politiques que le sommet propose, grâce au dialogue politique que nous renouons ici et grâce à notre effort conjoint nous serons mieux à même d’atteindre de meilleurs résultats sur tous les fronts de notre agenda commun : par rapport aux droits de l’Homme, mais aussi par rapport à la paix, à la sécurité, au développement, aux changements climatiques et aux migrations.

C’est un agenda pour notre avenir. Et notre responsabilité majeure concerne l’avenir. Alors, concentrons-nous sur cet avenir, en prenant les décisions qui nous reviennent et en fixant le cap du chemin que nous entendons parcourir. Seule la voie du dialogue et de la coopération nous permettra d’être à la hauteur des défis qu’il nous faut relever et des attentes et mouvements de fond que ce sommet a déjà suscité.

Je terminerai sur des mots de gratitude, en exprimant mes remerciements à tous les chefs d’Etat et de gouvernement ici présents, aux Parlements européen et panafricain , à la Commission de l’Union africaine et à la Commission européenne, mais encore à tous ceux qui se sont tant impliqués pour que ce sommet soit couronné de succès.

Je tiens, en particulier, à adresser mes remerciements au Président du Ghana et de l’Union africaine, John Kufuor, pour son vif engagement tout au long des préparatifs de ce Sommet – tant et si bien qu’il coïncide avec son propre anniversaire. Permettez-moi de vous souhaiter un joyeux anniversaire !

Monsieur le Président,

C’est un privilège que de pouvoir partager avec vous la présidence de ce sommet. Qu’il puisse servir à asseoir les bases de notre avenir commun, avec confiance, avec responsabilité et avec ambition.

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Discours du Premier Ministre de Portugal
 
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