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Inauguration de l’Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba de Tombouctou (Tombouctou, le 24 janvier 2009)
Discours de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat

   

Excellence Monsieur Kgalema MOTHLANTE, Président de la République et cher frère ;

Excellence Monsieur Thabo MBEKI, ancien Président et cher aîné ;

Monsieur le Ministre des Arts et de la Culture de la République d’Afrique du Sud ;

Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement de la République d’Afrique du Sud ;

Monsieur le Ministre des Enseignements Secondaires, Supérieurs et de la Recherche Scientifique du Mali ;

Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement du Mali ;

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Le Chef de l’Etat à l’inauguration du Centre Ahmed Baba de Tombouctou
Photo AMAP

Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ;

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;

Monsieur le Gouverneur de la Région de Tombouctou ;

Monsieur le Maire de la Commune Urbaine de Tombouctou ;

Monsieur le Président de l’Assemblée Régionale de Tombouctou ;

Monsieur le Directeur de l’Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques, Ahmed Baba de Tombouctou ;

Honorables invités ;

Notables, populations de Tombouctou ;

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord, au nom du Gouvernement et du peuple maliens et singulièrement des populations de Tombouctou, exprimer notre très profonde gratitude au peuple Sud-africain et à ses dirigeants, dont deux des plus Illustres sont aujourd’hui parmi nous : je veux nommer les Présidents Kgalema MOTHLANTE et Thabo MBEKI.

Notre aîné, le Président MANDELA n’est pas parmi nous aujourd’hui, physiquement, mais il est présent par la pensée, car, je sais combien Tombouctou est si cher à son cœur. Il me l’a dit personnellement.

Je salue la forte délégation ministérielle, ainsi que tous les frères et sœurs d’Afrique du Sud, qui ont bien voulu faire le déplacement à Tombouctou. Je n’oublie pas les Ambassadeurs et Représentants des Institutions Internationales, ainsi que les autres personnalités invitées, qui donnent à cette cérémonie une dimension considérable.

Merci, mes chers frères d’Afrique du Sud, d’avoir rendu ce jour mémorable ;

Merci d’avoir administré cette belle preuve que l’intégration africaine n’est pas un vain mot et qu’elle peut s’incarner dans un projet emblématique, comme celui de la sauvegarde des manuscrits de Tombouctou, à travers ce bel édifice.

L’Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba de Tombouctou, que nous inaugurons ce matin, est le fruit de l’engagement personnel du Président MBEKI qui avait été impressionné, au cours de son passage en novembre 2001 dans la Ville des 333 Saints, par le nombre et la qualité des manuscrits anciens collectés et exposés dans des conditions rendant leur exploitation extrêmement difficile.

Passionné d’Histoire, mais surtout convaincu que ces écrits sont d’abord et avant tout un patrimoine africain, le Président MBEKI et l’Afrique du Sud ont fait de la préservation des manuscrits de Tombouctou un projet-phare de la renaissance africaine.

Le mérite du Président MBEKI, c’est aussi d’avoir réussi à faire adhérer au projet nos frères et sœurs d’Afrique du Sud, notamment les milieux culturels et d’affaires.

J’ai pris part, moi-même à Pretoria, à des soirées de mobilisation de ressources en faveur de la construction du nouvel édifice et pu mesurer, à cette occasion, l’engouement autour de l’idée.

Il me plaît d’adresser, à toutes celles et à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de l’Institut, nos vifs remerciements et notre profonde reconnaissance. Leur geste sauve un pan entier de l’Histoire africaine et universelle.

Ce bâtiment moderne réunit toutes les conditions pour assurer une meilleure conservation et une exploitation facile et agréable des manuscrits.

Mesdames, Messieurs,

Ce haut lieu du savoir est un jalon supplémentaire de la coopération exemplaire que l’Afrique du Sud et le Mali entretiennent. Nos liens se sont forgés dans le combat commun contre l’apartheid, combat autour duquel le consensus a été total entre tous les enfants du Mali.

En évoquant cette page douloureuse de l’Histoire africaine, je veux rendre hommage au Président Modibo KEITA, pour son engagement qui a permis au Mali, d’être en première ligne dans la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud.

Je tiens à rappeler spécialement le rôle du groupe d’Officiers instructeurs maliens, dont le Président Moussa TRAORE, qui avaient pris part, à l’époque en Tanzanie, à la formation des combattants des Mouvements de Libération, dont ceux du Congrès National Africain (ANC).

Le mérite de l’écolier qui chantait chaque matin en classe, l’Apartheid est un Crime contre l’Humanité, du fonctionnaire qui avait cédé une partie de son salaire pour les besoins de la lutte anti-apartheid, ainsi que de bien d’autres catégories socio-professionnelles, n’était pas moins grand !

Excellence Monsieur le Président,

Les relations entre l’Afrique du Sud et le Mali se sont consolidées lorsque votre pays a retrouvé la liberté, avec les vsites dans notre pays, des Présidents Nelson MANDELA en mars 1996 et du Président Thabo MBEKI en novembre 2001.

Avec ce séjour du Président Kgalema MOTHLANTE, je dis avec fierté que le Mali a accueilli tous les Chefs d’Etat Sud-africains de l’ère démocratique. J’ajoute que le Président Alpha Oumar KONARE et moi-même avons eu le privilège de visiter l’Afrique du Sud.

Mesdames, Messieurs,

En ce jour où les manuscrits prennent place dans un cadre qui offre une meilleure garantie de conservation, nous remercions très chaleureusement toutes les institutions internationales, singulièrement l’UNESCO, et les personnes-ressources qui nous ont assisté pour la création, en Janvier 1970, du Centre de Documentation et de Recherche Ahmed Baba à Tombouctou.

C’est aussi le lieu de rendre hommage aux illustres Oulémas et penseurs de cette Ville Sainte, qui nous ont légué un héritage dont la richesse fait de Tombouctou un haut lieu pour la recherche sur l’Histoire, la religion, la culture et la tradition des peuples africains.

Par la même occasion, je tiens à saluer les efforts patriotiques déployés par les premiers cadres et intellectuels maliens, ainsi que les chercheurs de renom qui se sont investis, parfois dans l’anonymat, pour créer les bases de la reconstitution de ce passé lumineux. Parmi eux, il me plaît de saluer le Professeur Baba Akib HAIDARA, ici présent.

En Afrique, s’est constitué au cours du dernier millénaire un héritage intellectuel remarquable illustré par la richesse extraordinaire des manuscrits en langue arabe et/ou en langue africaine transcrits en langue arabe.

Une des régions où cet épanouissement intellectuel a été le plus marquant est celle de Tombouctou, située sur la courbe la plus septentrionale du Fleuve Niger au Mali.

Tombouctou est devenue un centre d’études islamiques renommé à partir du 14ème Siècle. Non seulement les livres y étaient amenés, mais aussi des érudits locaux écrivaient leurs propres œuvres, afin d’enseigner les sciences, la littérature et de satisfaire une demande de livres savants dans les domaines du Droit, des Etudes Coraniques, des Traditions du Prophète, de la Théologie et de la Langue Arabe.

L’érudition des Sages a favorisé la production d’un Corpus original et varié comprenant d’importantes œuvres de la science médiévale : Mathématiques, Arts et Pratiques Esotériques, Médecine, Poésie, Musique, Astronomie ainsi que les réflexions sur la résolution des conflits communautaires et interethniques.

L’Existence de cet Héritage, qui s’étend du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est du Continent Africain, réfute clairement les Préjugés et les Assertions, faisant de l’Afrique un Continent de Traditions exclusivement Orales.

La Ville, qui vous accueille aujourd’hui, comptait déjà au 16ème Siècle, 25.000 Etudiants venus de Nombreux Pays, pour écouter les Savants à l’Ombre de la Vénérable Mosquée Sankoré et son Complexe Universitaire.

Le Témoignage de Mahmoud Kaati, Auteur du « Tarlkh-el-Fetach », nous en dit plus sur la Ville mystérieuse à cette époque.

Tombouctou était reconnue pour, je cite : « la Solidité des Institutions, les Libertés Politiques, la Pureté des Mœurs, la Sécurité des Personnes et des Biens, la Clémence et la Compassion envers les Pauvres et les Etrangers, la Courtoisie à l’égard des Etudiants et des Hommes de Science et l’Assistance portée à ces derniers ». Fin de citation.

Mais ce Trésor, accumulé au fil de l’Histoire, était menacé. Chaque Année, un Nombre considérable de Documents se détériorait et devenait illisibles.

Le Mali, est donc reconnaissant à l’Afrique du Sud pour son Engagement dynamique et son Soutien, pour la Conservation des Manuscrits de Tombouctou dans le cadre de la Renaissance Africaine, qui impose à notre Continent la Réappropriation son Histoire.

Excellences Messieurs les Présidents,

Un célèbre Adage de Tombouctou dit ceci, je cite : Le Sel vient du nord, l’Or vient du Sud et l’Argent du Pays des Blancs, mais la Parole de Dieu et les Trésors de la Sagesse ne se trouvent qu’à Tombouctou . Fin de citation.

L’Afrique du Sud est le Premier Pays Producteur d’Or en Afrique. La Construction de cet Institut des Hautes Etudes et de Recherche Islamique Ahmed Baba, est la Preuve que votre Foi en l’Intégration Africaine, Frères Sud-africains, est bien plus Grande que vos Réserves du Métal précieux.

Vive l’intégration africaine !

Je vous remercie de votre aimable Attention !

 
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