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Artisanat : GRAND BESOIN DE PROMOTION

   

Malgré son apport à l’économie nationale et les opportunités qu’il offre en terme d’emplois, le secteur ne bénéficie de toute l’attention qu’il mérite. Le Salon des ingénieries, de la transformation et de l’apprentissage va aider à inverser cette tendance.

Nos artisans disposent d’un nouveau cadre pour assurer la promotion de leurs produits. Il s’agit du Salon des ingénieries, de la transformation et de l’apprentissage (SITA). La première édition de ce nouveau rendez-vous s’est ouverte hier au pavillon des sports du stade omnisports Modibo Kéïta. C’est le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui en a présidé la cérémonie d’ouverture. Le Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, les autorités politiques et administratives du district de Bamako ont assisté à l’évènement.
Cette grande rencontre de l’artisanat est organisée par le ministère de l’Emploi et la Formation professionnelle, en partenariat avec l’Assemblée permanente des chambres des métiers du Mali (APCMM) et l’appui financier et technique de divers partenaires dont le Bureau international du travail (BIT).
Le SITA met en compétition une trentaine d’artisans qui exposent leurs produits dans les halls du pavillon des sports. Les meilleurs des produits ainsi exposés seront primés. Un autre groupe d’artisans présente ses produits sur l’esplanade du pavillon. Il n’est pas concerné par la compétition.
Un troisième groupe d’exposants (également hors compétition) a pris position sur un site particulier dénommé "le Fantogo" implanté derrière le marché de Médine, juste au pied de la colline du Point G.

A FORTE VALEUR AJOUTEE

Les produits exposés sont constitués en grande partie de matériels agricoles et d’ustensiles de cuisine. Le salon met ainsi en valeur la vitalité du secteur de l’artisanat dans notre pays. L’histoire du secteur renvoie à des pratiques ancestrales. L’artisanat représente la somme des expériences accumulées par des générations de forgerons durant des siècles, a rappelé Mamadou Minkoro Traoré, le président de l’APCMM. A l’origine, il s’agissait d’un domaine exclusif à cette couche sociale. Mais au fil du temps, le secteur a beaucoup évolué. L’artisanat de transformation des métaux est aujourd’hui un secteur économique à forte valeur ajoutée et à haute intensité de main d’œuvre. Un secteur grand créateur d’emplois. Un espace d’initiatives qui offre à chacun sa chance.
Pour Mamadou Minkoro Traoré, l’artisanat repose sur l’acquisition de grandes compétences professionnelles. Il est le champ de prise de responsabilités et de développement personnel et contribue au développement des entreprises industrielles.
En effet, un grand nombre de PME et PMI dans le monde sont issues du secteur des métiers. "L’histoire récente nous enseigne que des fleurons de l’économie mondiale étaient, il y a une génération encore, des entreprises artisanales", a constaté Mamadou Minkoro Traoré. Et aujourd’hui encore, beaucoup d’entreprises sous-traitent des marchés avec les artisans.
Il faut dire que l’artisanat est un secteur de croissance stable pour l’économie nationale en raison de la forte demande de ses produits. Les artisans, à tous les niveaux, innovent, créent et inventent régulièrement. Mais ces talents cachés, ces savoirs faire, et ces créations restent méconnus de beaucoup de nos compatriotes.
Certes, le ministère de l’Artisanat et du Tourisme a déployé une somme d’efforts pour sortir le secteur de l’anonymat, notamment en favorisant la participation de nos artisans à de nombreux salons à l’étranger. Mais il faut faire preuve de plus d’imagination pour moderniser le secteur. Avec le niveau actuel de son artisanat, le Mali peut d’ailleurs s’épargner l’importation d’un grand nombre de produits. Surtout les plus élémentaires.
SOUVENT CHASSES COMME DES MALPROPRES : La crise économique mondiale offre l’occasion de proposer des solutions locales. En outre, le pays s’est résolument engagé dans un processus de développement de l’agriculture et des ressources locales. Ce processus devra être soutenu par le développement d’un artisanat qui s’est lui-même orienté essentiellement vers la satisfaction des besoins en équipements du monde rural et les autres domaines économiques. Selon la directrice nationale de la Formation professionnelle, le Mali a cessé depuis des décennies d’importer nombre de matériels agricoles. Et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye, d’appeler nos compatriotes à « consommer malien », un slogan qui eut son heure de gloire par le passé dans notre pays.
"L’artisanat utilitaire a besoin d’espace de promotion comme le SITA. Ce salon offrira des opportunités de découvertes, de diffusion et de commercialisation pour les produits", a indiqué Mamadou Minkoro Traoré en relevant qu’en dépit de leur apport au développement économique du pays, les artisans ont du mal à trouver leur place dans le secteur productif. Ils sont parfois chassés comme des malpropres dans le district de Bamako, regrettera-t-il. "Nous sommes, par exemple, les premiers occupants du marché de Médine, mais récemment, nous avons été sommés par les autorités du District de quitter les lieux au profit d’un transporteur", déplore un professionnel du secteur qui a tenu conserver l’anonymat.
Avant que l’initiative d’organiser ce salon prenne forme, la direction nationale de Formation professionnelle, sur instruction du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a recensé 392 maîtres artisans encadrant plus de 1500 apprentis au niveau du marché de Médine. L’apport de ces artisans à l’économie nationale est évalué à 3 milliards de Fcfa.
C’est au regard de leur poids économique que le président de la République a demandé au gouvernement de prendre des dispositions pour sécuriser les lieux de travail des artisans. Pour le chef de l’Etat, le secteur de l’artisanat qui a longtemps été considéré à tort, comme un secteur informel, constitue un vivier pour l’emploi et la création de richesses. "Le plus important, est que le secteur offre à ses professionnels, la possibilité de subvenir aux besoins de leur famille", a souligné le président Touré.
Se prononçant sur l’exportation massive de la ferraille usagée qui provoque un déficit de matière première sur le marché, Amadou Toumani Touré a promis d’examiner avec les exportateurs la possibilité de fournir le marché intérieur sans causer de préjudice à leur activité.

A. O. DIALLO
L’Essor n°16472 du 26-06-2009

 
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