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Lutte contre la corruption et la délinquance financière

   

ETATS GENERAUX SUR LA CORRUPTION ET LA DELINQUANCE FINANCIERE
Discours de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat (Bamako, CICB, 25 Novembre 2008)

 

Monsieur le Premier Ministre ;

Mesdames, Messieurs les Ministres ;

Madame, Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;

Monsieur le Premier Ministre Modibo KEITA, Président du Comité Préparatoire des Etats Généraux ;

Messieurs les anciens Premiers Ministres et Anciens Ministres ;

Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et représentants des Organisations Internationales ;

Mesdames, Messieurs les membres du Comité Préparatoire ;

Messieurs les Gouverneurs de Région et du District de Bamako ;

Monsieur le Maire du District de Bamako ;

Mesdames, Messieurs les représentants des Organisations et Associations de la Société Civile ;

Honorables invités ;

Mesdames, Messieurs,

L’ouverture des Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière m’offre l’occasion de féliciter, en tout premier lieu, le Premier Ministre Modibo KEITA, Président du Comité Préparatoire et toute son équipe, pour la bonne conduite des concertations organisées en prélude à ces assises. Vos qualités personnelles, Monsieur le Premier Ministre, votre sens de la mesure, votre capacité d’écoute et votre parfaite connaissance du fonctionnement de l’Etat, ont largement contribué à ce résultat. C’est aussi le lieu de remercier toutes les composantes de la Société Civile : associations de femmes et de jeunes, organisations socio-professionnelles, syndicats, ordres, Comités d’Ethique, cultes religieux, notabilités, professionnels des medias, ainsi que le secteur privé, les administrations d’Etat, les partis politiques, les personnes ressources et les Maliens de l’extérieur.

Je les remercie tous, pour avoir apporté une contribution de qualité à la préparation des présentes assises. Je voudrais aussi remercier les Partenaires Techniques et Financiers pour l’accompagnement et l’intérêt qu’ils ont porté à la tenue de ce débat national sur la Corruption et la Délinquance Financière.

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais rappeler que le Premier chapitre du Projet pour le Développement Economique et Social (PDES) est relatif au renouveau de l’Action publique. Il y est écrit, je cite : Il y a peu d’entreprises dans nos Pays en Voie de Développement, mais beaucoup d’affaires de genre divers. L’affairisme se définit par sa préoccupation exclusive de gagner de l’argent par tous les moyens. De ce point de vue, l’affairisme englobe la corruption, la concussion, les trafics d’influence, le népotisme, la fraude et toutes sortes de trafics. Probablement, cela tient au poids de l’Etat dans les Pays en Voie de Développement où, en dépit du libéralisme, il demeure un acteur majeur du jeu économique ; à la faiblesse de la Société Civile dont fait partie le Secteur Privé et qui explique l’absence de contre-pouvoirs face à la prédominance économique et politique de l’Etat. Il y a souvent peu d’alternative à la Fonction Publique et aux postes de responsabilité politique.

Certainement que cela tient aussi aux modes de consommation. Il est important de comprendre ces aspects socio-économiques, politiques et culturels pour conduire une lutte efficace contre la corruption. (Fin de citation) Mais, avant d’en venir aux contours et visages de la corruption, il convient de rappeler quelques évidences : il n’y a pas de corruption sans corrupteurs et corrompus. La question se pose de savoir de quel côté vient ce mal qui gangrène nos sociétés ? Vous comprenez aussi que le défi n’est pas de se quereller autour des responsabilités du phénomène.

Le défi, c’est de comprendre les facteurs qui favorisent la corruption et d’expliquer pourquoi, il est nécessaire et même vital pour un Pays comme le Mali et un continent comme l’Afrique, de combattre la corruption sous toutes ses formes. Enfin, et c’est le plus important, comment combattre durablement et efficacement la corruption ?

Mesdames, Messieurs,

La Lutte contre la corruption ne doit pas se limiter à l’indignation morale ou à la dénonciation outrée. Une des conditions pour la vaincre, sinon pour la réduire significativement, est de disposer d’une Administration efficace et performante, avec des agents vertueux, des conditions décentes de vie et de travail, des règles transparentes de recrutement, de promotion, de sanction des fautes et de récompense du mérite. En somme, une Administration apte à impulser le développement, une Administration au service des citoyens.

Une Administration dont les responsables ont comme souci principal le Mali et l’avenir de ses enfants. Une Administration dont les cadres savent que chaque acte de corruption est un manque à gagner pour les jeunes qui veulent travailler, pour les filles et garçons qui veulent aller à l’école, pour les Maliennes et Maliens qui veulent se soigner, pour les travailleurs qui aspirent à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Il s’agit donc d’une prise de conscience individuelle et collective. Aussi, c’est chacun de nous qui est interpellé en des termes très simples : au-delà de ma personne et de mes intérêts individuels, quelle est mon ambition pour le Mali ? Autrement dit, qu’est-ce que je fais chaque matin pour faire avancer mon pays ? Pour donner à mon pays les raisons et les moyens de préserver sa dignité ? Pour être fier de servir et non de me servir ?

Certes, la seule responsabilité individuelle ne suffit pas. L’Etat doit aussi assumer sans complaisance ses responsabilités. Il s’agit avant tout de gérer de façon transparente et efficiente les ressources publiques qui sont le patrimoine de toute la Nation, de tout un peuple.

Mesdames, Messieurs,

Vous le savez, depuis 2002, nous avons engagé un ensemble de réformes et lancé des initiatives pour préserver nos deniers publics. On peut citer entre autres :

- La mise en place, dès septembre 2002, d’un Comité ad hoc chargé d’examiner le Rapport de la Banque Mondiale sur la Corruption au Mali ;
- L’installation des Pôles Economiques et Financiers, institués par le Code Pénal en 2001 auprès des Tribunaux de Première Instance de Kayes, de Mopti et de la Commune III du District de Bamako ;
- La réduction du seuil à partir duquel les Etablissements Publics sont tenus d’observer les règles de la concurrence en le ramenant de 250 millions de FCFA à 50 millions de FCFA ;
- Le renforcement des moyens humains et financiers des structures de contrôle de l’Administration ;
- L’institution du Vérificateur Général dont l’originalité réside dans sa double indépendance organique et fonctionnelle ;
- La création de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics.

Malgré toutes ces mesures et avancées certaines, le fléau demeure. Je l’ai dit au début de mon propos : la corruption est un phénomène complexe, aux formes de plus en plus sophistiquées, mais surtout elle implique la loi du silence : corrupteur et corrompu sont des complices. Aussi, chaque pas fait dans le sens de réduire la corruption, si minime soit-il, doit être salué à sa juste mesure. Chaque acquis doit être renforcé et intensifié.

La lutte contre la corruption est une lutte de longue haleine qui nécessite l’adaptation constante des principes de gestion des ressources publiques, des normes, des procédures, des mécanismes de contrôle et d’évaluation des structures en charge de la prévention et de la répression. Il ne suffit pas cependant de mettre en branle l’arsenal répressif.

Il faut aussi, en nous inspirant de nos propres expériences et des expériences pertinentes des autres pays, améliorer le cadre du travail de tous ceux qui sont impliqués dans la gestion des affaires publiques. A cet égard, les Etats généraux sont aussi l’occasion de nous pencher sur les ressources humaines de notre pays.

Il n’est un secret pour personne que la qualité de la formation intellectuelle et morale des hommes et des femmes commis à des tâches de développement est un facteur important de la réussite de nos programmes. Il nous faut alors susciter un sursaut national, une mise en cause de certains de nos comportements, par rapport, non seulement aux exigences de l’Etat de Droit ; mais aussi à la nécessité d’accroître les ressources de l’Etat, de les sécuriser, de les Protéger et de les Utiliser exclusivement pour les Besoins du Développement du Pays.

Mesdames, Messieurs,

En prenant l’Initiative des Etats Généraux sur la Corruption, notre ambition est d’instaurer un débat national pouvant amener toutes les couches de la population, à travers l’information et la sensibilisation, à une meilleure compréhension du phénomène de la corruption et de la délinquance financière, de sa nature et de ses conséquences négatives sur le développement du Mali.

Cette prise de conscience doit déboucher sur une meilleure implication de la population dans la lutte contre le fléau, et favoriser l’émergence chez nos concitoyens d’une forte exigence par rapport à l’intégrité morale, à la sauvegarde du bien public et à la fourniture de services corrects et performants. Cette Dimension pédagogique est essentielle.

Mesdames, Messieurs,

Les Etats Généraux sur la Corruption sont enfin à inscrire dans la continuité de la volonté de transparence qui confère à l’Action Publique sa crédibilité. Notre pays ne détient ni un monopole ni un record en matière de corruption. Mais nous avons pris le parti d’en parler sur la place publique, de ne pas dissimuler les problèmes, car chaque franc compte dans le combat implacable que nous menons contre la pauvreté et pour le bien-être des Maliennes et des Maliens. Dans cette Lutte contre la Corruption et la Délinquance Financière, nous devons combiner les possibilités que nous offrent d’une part la mémoire, d’autre part l’imagination :

- la mémoire pour capitaliser les expériences vécues,
- l’imagination pour construire des solutions nouvelles et des démarches novatrices, susceptibles d’éclairer et d’orienter utilement nos efforts de développement.

Des perspectives heureuses s’ouvrent pour notre pays. De nombreux chantiers achevés ou en cours sont le support de cet espoir. Puisse notre volonté commune assurer au Peuple du Mali la force et les moyens de réaliser son destin, un destin de grandeur et d’honneur.

C’est sur cette conviction forte que je déclare ouverts les Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière.

Je vous remercie de votre attention !

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Decret de nomination des membres du Comité

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Lettre de mission

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Rapport Général

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