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XVè sommet du Mouvement des non-alignés : ALIGNEMENT SUR LA COOPERATION SUD-SUD ET LA PAIX

   

L’Egypte, pays, hôte de la rencontre, entend relancer l’organisation en actionnant le levier du développement des relations entre les pays membres.

Le président de la République Amadou Toumani Touré est arrivé mardi après-midi à Sharm El Sheikh en Egypte pour prendre part au XVè sommet du Mouvement des pays non alignés. La rencontre s’est ouverte hier au centre international de conférence Maritim Jolie Ville en présence d’une cinquantaine de dirigeants des pays membres et de responsables d’organisations internationales dont Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’Onu, Amr Mossa, le secrétaire général de la Ligue arabe, Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine. Le sommet de deux jours se tient dans la station balnéaire égyptienne, coincée entre des collines pelées et la Mer rouge, à l’extrême sud de la péninsule du Sinaï.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le président cubain Raul Castro a pris la parole le premier en sa qualité d’hôte du XIVè sommet. Avant de passer la direction du Mouvement au président égyptien, Raul Castro a plaidé pour la fondation d’un nouvel ordre financier international. "Nous demandons un nouvel ordre monétaire et économique international. Nous devons restructurer le système financier international pour prendre en compte les besoins des pays en développement", a-t-il lancé à la tribune.
Le Guide libyen Mouammar Khadafi qui s’exprimait au nom de la région Afrique en sa qualité de président de l’Union africaine, s’en est pris au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale, les présentant comme des instruments de domination aux mains de certains pays. Il a vivement critiqué aussi la non-représentativité du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour lui, les pays non alignés sont majoritaires aux Nations unies. Mais le Conseil de sécurité est « monopolisé par quelques pays qui en sont les membres permanents ». « Le Conseil de sécurité ne nous représente pas. Ceci constitue un danger pour la paix internationale », a soutenu Mouammar Khadafi dans un long discours.
Le président égyptien, Mohamed Hosni Moubarak, qui dirige désormais le Mouvement a réaffirmé sa volonté de relancer cette organisation dont son pays est membre fondateur. Le pays des Pharaons entend œuvrer dans le sens du développement de la coopération politique et économique entre pays du Sud. Hosni Moubarak a expliqué aussi que le Mouvement des non alignés peut servir de cadre de règlement des crises entre les pays membres. Concrétisation de cette volonté : la tenue de pourparlers entre l’Inde et le Pakistan à Sharm El Sheikh en marge de ce sommet. Le Premier ministre indien Manmohan Sing rencontrera son homologue pakistanais Yousuf Raza Gilani.

UNE AVANCEE DANS LE PROCESSUS DE PAIX

Les dirigeants du Mouvement des non alignés entendent parvenir à un accord de paix entre ces deux Etats détenteurs de l’arme nucléaire. Les relations entre les voisins se sont nettement dégradées après les attentats de Bombay qui ont fait 174 morts dont neuf des dix assaillants en novembre 2008. New Delhi accuse un groupe armé pakistanais qui aurait bénéficié de la complicité des services de renseignement militaires d’Islamabad.
Depuis les attentats de Bombay, ce sera la seconde rencontre entre Manmohan Sing et Yousuf Raza Gilani. L’un comme l’autre ne cachent pas leur volonté de dépasser l’épisode tragique pour reprendre le laborieux processus de paix amorcé en 2004.
Nombre d’observateurs estiment qu’une avancée dans le processus de paix entre l’Inde et le Pakistan serait un bon point pour une organisation qui s’était quelque peu essoufflée après la fin de la guerre froide. En effet, le Mouvement des pays non alignés est né au moment de la guerre froide de la volonté de certains pays du tiers monde de marquer leur indépendance par rapport à l’affrontement de l’époque entre l’Est et l’Ouest. Aujourd’hui, les deux blocs antagonistes n’existent plus après l’effondrement de l’Union soviétique à la fin des années 80.
Le Mouvement regroupe aujourd’hui 53 pays d’Afrique, 38 d’Asie, 26 d’Amérique latine et des Caraïbes et un d’Europe. Seize pays et neuf organisations y ont également le statut d’observateur. La conférence de Bandung, tenue en 1955 dans la ville indonésienne du même nom, qui avait réuni une trentaine de pays d’Afrique et d’Asie, est une étape importante vers la constitution du Mouvement des non-alignés. Le terme de « non-alignement » a été inventé par le Premier ministre indien Nehru lors d’un discours en 1954 à Colombo. Le Mouvement a pris corps véritablement suite à la Déclaration de Brioni du 19 juillet 1956, initiée par les leaders égyptien Gamal Abdel Nasser, yougoslave Josip Broz Tito, cambodgien Norodom Sihanouk et indien Jawaharlal Nehru. Notre pays fait partie des tout premiers pays fraîchement indépendants d’Afrique à adhérer au Mouvement de non alignés.
Le président Touré et ses pairs ont poursuivi les travaux en réunion plénière juste après l’ouverture du sommet. Deux commissions ont été constituées à cet effet : la commission politique et la commission économique et sociale. La plénière se poursuivra ce matin. La clôture du sommet interviendra en début d’après-midi.

Envoyé spécial
B. TOURE

 
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