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Activités du Chef de l’Etat
Coopération Sud-Sud : L’AFRIQUE ET L’AMÉRIQUE DU SUD SE RENCONTRENT À L’ÎLE DE MARGARITA (l’Essor n°16535 du - 2009-09-28)

   

Les dirigeants des deux régions, réunis le week-end dernier au Venezuela pour leur deuxième sommet ont affiché leur détermination à créer de nouvelles frontières en matière de coopération

La dernière semaine du mois de septembre aura été celle des rencontres internationales. Après la 64è session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, les dirigeants du G-20 étaient réunis à Pittsburgh aux Etats-Unis. Au moment où s’achevait cette rencontre à priori consacrée à la recherche de nouvelles règles pour moraliser le système financier international, Africains et Sud-Américains se retrouvaient sur l’île venezuelienne de Margarita pour le 2è sommet entre l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Avec la présence de dirigeants sud-américains tous de Gauche et du leader libyen, Mouamar Khadafi, grand pourfendeur du système international, l’atmosphère à cette rencontre entre Africains et Sud-Américains donnait l’impression qu’il s’agirait d’une sorte de "contre G-20".

Ouvert samedi il a regroupé une trentaine de chefs d’Etat sud-américains et africains dont le président de la République, Amadou Toumani Touré. L’île de Margarita est un site touristique situé dans le nord-est du Venezuela. Le sommet qu’elle vient d’abriter se voulait une incarnation de la multipolarité cherchant à sauver l’identité et l’histoire des populations pauvres des deux côtés de l’Atlantique.

Ce rendez-vous a porté, entre autres, sur la question stratégique du rapprochement entre l’Union africaine (UA) et l’Union des nations sud-américaines (Unasur), la sécurité alimentaire, la disponibilité des médicaments, la crise énergétique, la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que le problème financier. Sur ce plan, l’un des grands acquis du sommet a été l’annonce de la création d’une banque commune à l’Afrique et à l’Amérique du Sud. L’idée qui avait germé lors du premier sommet en 2006 a pris corps à Magarita avec la signature par 7 Etats sud-américains du texte marquant leur adhésion à cette initiative que certains interprètent déjà comme une tentative de contrebalancer l’influence des institutions de Bretton-Woods en Afrique en créant en même temps, un nouveau pôle de développement au niveau mondial.

DES LIENS HISTORIQUES

La rencontre était coprésidée par l’hôte du sommet, le président venezuelien Hugo Chavez et son homologue équatorien Rafael Correa, président par intérim de l’Unasur. Elle a exploré plusieurs propositions sur le renforcement de la coopération entre les membres de l’Unasur et l’UA. Il faut dire que malgré les liens historiques entre les deux régions et la similitude de certaines réalités, leurs relations de coopération sont restées très timides. Par exemple, comment expliquer le manque de lignes maritimes et aériennes reliant l’Afrique à l’Amérique du Sud ? Actuellement, seuls le Brésil et l’Argentine opèrent des vols vers quatre pays africains. Cela entrave évidemment tout développement commercial entre les deux régions, caractérisées pourtant par leurs ressources naturelles et richesses énergétiques. Le sommet constituait le forum idéal pour faire évoluer cette situation.

Telle est en tout cas la volonté ferme des dirigeants des deux régions, notamment le président Hugo Chavez. Celui-ci a d’ailleurs déjà annoncé l’intention de son pays de participer à la construction d’une raffinerie en Mauritanie, qui pourrait fournir du carburant à notre pays, au Niger et à la Gambie. Dans une de ses interventions samedi, le président du Venezuela estimait que ce sommet a "une grande importance pour les combats du Sud". Pour lui, l’Afrique et l’Amérique du Sud doivent s’unir pour faire face à l’héritage de pauvreté "légué par les empires du Nord, par les Empires européens, par l’Empire américain" et promouvoir des projets de coopération Sud-Sud.

DES DISPOSITIONS CONCRETES ET REALISTES

En visite en Algérie en début septembre, il déclarait : "Nous sommes d’accord pour que ce sommet ne soit pas simplement un sommet de plus où l’on prononce des discours et où l’on signe des documents préparés à l’avance qui n’ont aucun impact sur la réalité de nos peuples". Sur ce plan, l’on ne peut pas dire que Margarita a consacré cette rupture voulue. D’abord en ce qui concerne les discours, aussi nombreux et aussi longs les uns que les autres. Et après deux jours de travaux des hauts fonctionnaires (les experts) et des ministres, c’est une déclaration de près de 20 pages qui a été proposée. Or, si le document contient des dispositions concrètes et réalistes, il n’en demeure pas moins qu’une bonne partie se contente de la réaffirmation de principes généreux.

Le texte a été soumis à l’appréciation des chefs d’Etat qui devaient l’approuver hier. Dans cette déclaration, ceux-ci indiquent que pour concrétiser l’ambition que les deux régions partagent, "il nous faut développer et construire sur nos propres axes" la coopération dans des domaines précis : la coopération au niveau multilatéral, la coopération dans la lutte contre la criminalité et pour la paix et la sécurité. Ils réaffirment le principe de la démocratie, de la bonne gouvernance et des droits humains.

Une large place est accordée au multilatéralisme et à la réforme des Nations unies. A ce propos, les chefs d’Etat affirment leur appui "total" à la réforme du Conseil de sécurité, afin de garantir une plus grande participation des pays en développement des régions sud-américaines et africaines et l’amélioration de ses méthodes de travail. Dans le chapitre consacré à l’agriculture, le sommet a reconnu qu’il est impératif d’articuler des politiques à même d’assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire, et les dirigeants s’engagent à réaliser des études communes et échanger les expériences acquises en matière de sécurité alimentaire, en vue de faciliter la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

A cet égard, les politiques adoptées par les pays développés sont rejetées à cause "des retombées négatives et des distorsions qu’elles engendrent sur la production agricole et sur l’investissement dans les pays en développement et sur l’exercice de leur droit à l’alimentation".

En matière d’économie et de commerce, la déclaration indique que les principes de complémentarité, de coopération et de solidarité contribuent au développement social et économique, ainsi qu’au commerce transparent, non discriminatoire et juste. Ce qui implique la promotion du commerce et des investissements Sud-Sud.

Un autre domaine jugé pertinent pour le développent des liens économiques entre les pays des deux régions, c’est celui de l’énergie et les mines. Là, il est question de renforcer la coopération énergétique afin de contribuer à la croissance énergétique, pour favoriser la croissance industrielle, le développement d’infrastructures énergétiques, le transfert de technologies, la réduction des coûts de transaction et la formation des ressources humaines.

UNE COMPÉTITION DE FOOTBALL

La déclaration préconise de créer des conditions afin que les sociétés sud-américaines et africaines renforcent leur présence dans les deux régions, y compris dans les domaines de l’énergie et des mines. Et les chefs d’Etat ont renouvelé le mandat qu’ils avaient déjà confié à la Commission africaine de l’énergie (AFREC) et à l’UNASUR, à savoir mettre au point une stratégie énergétique pour promouvoir le développement durable. Le sport et l’éducation ne sont pas les derniers domaines où le terrain est favorable à la coopération entre Africains et Sud-Américains. Bien au contraire. Faisant ce constat, les dirigeants des deux régions ont décidé d’apporter l’appui nécessaire au succès de la Coupe du monde de football qui se déroulera l’année prochaine en Afrique du Sud et de celle de 2014 qui se tiendra au Brésil, et à la candidature de Rio de Janeiro (toujours au Brésil) pour l’organisation des Jeux olympiques de 2016. Il est prévu de créer une compétition de football entre l’Amérique du Sud et l’Afrique. En ce qui concerne les questions éducatives et culturelles, il est envisagé entre autres, de lancer des programmes permanents d’échanges d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs entre institutions universitaires.

Un processus de suivi a été mis en place pour la concrétisation de toutes ces bonnes intentions. En guise de rappel, le premier sommet Amérique du Sud-Afrique avait été organisé à Abuja, au Nigeria, en novembre 2006. Les deux blocs avaient convenu à cette occasion d’explorer les opportunités de coopération, d’élaborer des projets conjoints et de créer des institutions à cet effet. C’est ce processus de création de nouvelles frontières de coopération qui est en marche.

L’intervention du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré devant ses pairs, était attendue hier. Nous y reviendrons.

Envoyé spécial
S.TOGOLA

 
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