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Activités du Chef de l’Etat
Mali-Venezuela : le turbo est mis

   

Mines, agriculture, microfinance, construction de logements sociaux, le champ de la coopération s’élargit et gagne en profondeur

Le Venezuela est prêt à s’investir en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement au Mali. Le président Hugo Chavez qui n’a cessé de développer sa foi en l’Afrique tout au long du sommet des dirigeants d’Afrique et d’Amérique du Sud qui s’est tenu le week-end dernier (lire l’Essor d’hier), a décidé de passer à la vitesse supérieure. Son pays a déjà conclu des accords bilatéraux avec des États africains dans divers domaines. Et le Mali fait partie des centres d’intérêt du leader vénézuélien. L’audience qu’il a accordée au président la République Amadou Toumani Touré, dimanche juste après la clôture du sommet, s’est vite transformée en véritable séance de travail au terme de laquelle, le ministère du Pouvoir populaire pour les Industries de base et des Mines de la République bolivarienne du Venezuela et notre ministère des Mines ont signé une lettre d’intention.
Le document a été paraphé pour le Mali par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, sous le regard des deux chefs d’État visiblement satisfaits. C’était en présence du ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Badara Aliou Macalou, et du directeur de la Coopération internationale, Boubacar Sidiki Touré.

LES PRINCIPES

Selon les termes du document, cette lettre d’intention doit être fondée sur un certains nombre de principes : la solidarité, la coopération, la complémentarité, la réciprocité et la durabilité économique, sociale et environnementale. Elle vise à établir une joint-venture afin de mener des opérations conjointes dans la recherche, l’exploration, la certification, l’exploitation, la transformation et le raffinage dans les domaines miniers. Les parties (les deux ministères en charge des mines) formeront un comité technique composé de trois représentants de chaque côté et qui seront nommés dans les 30 jours à compter de la date de la signature du document. Le comité technique se réunira ensuite au Mali pour finaliser le plan de travail et établir les activités immédiates de la société mixte qui sera créée.
L’Institut national de la géologie et des mines du Venezuela et la Direction nationale de la géologie et des mines (DNGM) du Mali, sont respectivement désignés comme agence d’exécution du Venezuela et du Mali. La lettre d’intention est valable pour un an à compter de sa date de signature, et peut être prorogée par accord entre les parties. Elle lie les deux parties strictement tel qu’elle est exprimée dans son contenu. En ce sens, la lettre d’intention ne va pas générer des droits préférentiels exclusifs ou excluant, ou compromettant la réalisation de projets communs. Elle ne saurait non plus empêcher de conclure des alliances avec d’autres pays ou avec des entreprises. Bref, le document n’aura aucune incidence sur les engagements des parties dans les accords avec des tierces parties.
En fait, Caracas voit plus grand dans notre pays en matière d’industries minières. Le Venezuela qui est l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole suit avec intérêt l’évolution de la recherche d’or noir au Mali et n’entend pas assister en spectateur à cette aventure prometteuse. Lors de sa rencontre du dimanche avec le président Touré, Hugo Chavez a ainsi demandé de faire une évaluation complète de nos potentialités en matière de pétrole et de la lui transmettre. Notre pays pourra compter sur le Venezuela pour coopérer sous diverses formes dans le secteur.

UNE GRANDE CURIOSITÉ

A une échelle plus large, Hugo Chavez cible trois pays dans la sous-région pour en faire des modèles d’exploitation des ressources minières : le Mali, la Mauritanie et le Niger. Il s’intéresse beaucoup aux immenses potentialités dont disposent ces pays voisins, mais entend faire du Mali sa plaque tournante en raison de sa position géographique dans la sous-région. D’ailleurs beaucoup d’autres choses semblent intéresser le leader vénézuélien chez nous, dont l’agriculture n’est pas la moindre. En recevant dimanche le président Touré dans un luxueux hôtel de Porlamar sur l’île de Margarita où s’est tenu le sommet Afrique-Amérique du Sud, il était en possession d’une carte pour mieux se situer par rapport aux fleuves Sénégal et Niger. Sa curiosité est allée des sources de ces deux cours d’eau aux modes d’exploitation des terres irriguées en passant par les potentialités agricoles qu’offre le fleuve Niger. Hugo Chavez qui ne cache pas sa sympathie pour la Russie, estime que ce pays peut nous aider considérablement à développer notre agriculture. Qu’il s’agisse de la mécanisation de l’agriculture, de l’aménagement des terres, ou même de la livraison d’avions à des coûts défiant toute concurrence.
La lutte contre la pauvreté grâce au développement de la microfiance retient particulièrement son attention. A ce niveau, Hugo Chavez a proposé deux voies : l’ouverture d’une filiale de la banque vénézuélienne dédiée à la lutte contre la pauvreté ou l’ouverture par le Venezuela d’une ligne de crédit à la Banque malienne de solidarité. Il semble pencher pour la deuxième proposition et a demandé que les experts des deux pays étudient dans les plus bref délais, les modalités de cette approche. Dès que cela sera fait, les fonds seront transférés au compte de la BMS.

DE NOUVEAUX LOGEMENTS SOCIAUX

Par ailleurs le président vénézuélien a promis de construire chez nous, un nouveau lot de logements sociaux après les 100 maisons sociales de Tabacoro à Bamako. Lui-même prévoit de se rendre à nouveau au Mali dans quelques mois pour donner un coup d’accélérateur à tous ces projets.
Maliens et Vénézuéliens semblent donc bien partis pour établir un partenariat à la dimension de l’estime que les deux dirigeants se vouent. Déjà dans son intervention au sommet de Margarita, le président de la République, Amadou Toumani Touré avait rendu un hommage appuyé au leader vénézuélien pour ses initiatives précédentes en direction de notre pays : une visite à Bamako, des actions en faveur de la microfinance, la cité Bolívar de Tabacoro, construction d’écoles et de centres de loisirs.
Le chef de l’État s’est également réjoui de la coopération naissante, mais déjà prometteuse entre notre pays et le Brésil qui, en plus d’avoir ouvert une ambassade à Bamako, aide à la création d’un centre à vocation sous-régionale pour la valorisation du coton africain. Mais au delà du Venezuela, du Brésil et de Cuba où il se trouve depuis hier en visite, Amadou Toumani Touré appelle à l’extension de la coopération à d’autres pays sud-américains dans le cadre du nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Amérique du Sud.

S. TOGOLA
Envoyé spécial

 
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