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COPENHAGUE - SOMMET MONDIAL SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : Discours de SEM Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat

   

Monsieur le Président ;

Excellences, Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Mesdames, Messieurs les Chefs de Délégations ;

Honorables Invités ;

Mesdames, Messieurs,

Près de 15 Ans, après le Sommet sur le Développement Social, tenu dans cette même ville, nous voici à nouveau à Copenhague pour évoquer les changements climatiques et leurs conséquences multiples. Je joins la voix du Mali à tous celles qui nous ont précédées pour féliciter les autorités danoises et saluer les organisateurs du Sommet.

Je voudrai vous parler de l’impact négatif des changements climatiques sur mon pays. Le Mali est un pays soudano-sahelo-saharien et sahelo-saharien, pour les 2/3 de sa superficie de 1 240 000 Km2. L’avancée du désert est le trait dominant de l’évolution climatique avec pour conséquences :

- La disparition de villages et hameaux,
- L’assèchement des points d’eau,
- L’envahissement des terres cultivables,
- L’ensablement des lacs et des voies d’accès aux lacs,
- La déforestation à grande échelle pour faire place à des nouveaux champs et couvrir les besoins énergétiques.

Au Mali, comme dans tous les pays du Sahel, la sécheresse est endémique :

- Déficit pluviométrique récurrent (pluies mal réparties),
- Des inondations parfois (destruction de l’habitat et de récoltes).

Au Mali, comme dans toute la zone du Sahel, l’insécurité alimentaire est une menace permanente. Nos efforts ne sont pas toujours récompensés pour permettre de couvrir nos besoins alimentaires. La priorité des priorités pour nos Gouvernements devient l’approvisionnement de nos populations en produits alimentaires.

Pour couvrir notre déficit alimentaire, nous sommes obligés de recourir au marché mondial de plus en plus spéculatif. Le souvenir de la hausse vertigineuse des prix en 2007 est encore dans nos mémoires.

Mesdames, Messieurs,

Un livre, encore moins un discours, ne suffirait pas à raconter les épreuves que les changements climatiques font vivre aux populations du Sahel. A titre d’illustration, j’ai choisi de vous relater l’histoire d’un fleuve, le Fleuve Niger à l’aune de mon parcours personnel sur un demi-siècle. Le fleuve Niger est l’un des cours d’eau les plus importants d’Afrique avec 4.200 Km de long, dont 1.780 km au Mali. Je suis né au centre du Mali, dans le Delta central à Mopti, au confluent de 2 fleuves, le Niger et le Bani.

J’avais 5 ans quand j’ai entendu nos grands-mères nous mettre en garde contre toute baignade dans cette partie du fleuve, la plus profonde et la plus agitée. Pour nous effrayer, elles disaient que c’est dans ce point précis du fleuve que se trouvait une Cité aquatique habitée par les génies de l’eau. Il s’est en effet produit tellement de drames là que même les plus audacieux d’entre nous n’osaient s’y approcher.

Cinquante ans après, je retourne en vacances au village, à Mopti. Je passe devant l’endroit où était supposée se trouver la Cité des génies de l’eau. Et quel spectacle je vois ? Des enfants de moins de 10 ans, livrer un match de football sur du sable au beau milieu du fleuve. Mais où se trouve la Cité des génies ? Où est passée toute l’eau ?

Les changements climatiques ne nous prennent pas seulement nos terres de culture, nos Pâturages, nos fleuves ; ils nous dépossèdent également de nos mythes !

Mesdames, Messieurs,

Le Mali souhaite que cette conférence historique de Copenhague parvienne à un accord satisfaisant et équilibré de lutte contre les changements climatiques. Il s’agit, entre autres,

- de coopérer pour que tous nos pays puissent mettre au point des politiques nationales en vue de réduire d’au moins 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050,
- d’inclure les changements climatiques dans nos stratégies de développement,
- de développer notre coopération pour le transfert des technologies liées aux changements climatiques,
- de soutenir les Initiatives qui contribuent à une Gestion responsable et durable des Forêts et la Lutte contre la Désertification.
- d’inclure dans les programmes d’enseignement l’éducation à l’environnement pour l’émergence des ecocitoyens, en vue de mieux prepare l’avenir.

Je tiens à remercier l’Organisation Internationale de la Francophonie pour son aide à nos pays dans le cadre de la préparation de cette conférence.

Merci de votre aimable attention !

 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009