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Barrage de Taoussa : LE CHANTIER TITANESQUE EST LANCE

   

Les travaux coûteront 130 milliards de Fcfa et s’étendront sur 6 ans.

C’est l’un des plus grands chantiers que notre pays jamais initiés dans notre pays : le barrage de Taoussa. Un rêve, longtemps caressé qui devient une réalité. Le barrage sera construit dans le cercle de Bourem. La première pierre de l’important ouvrage hydro-agricole a été posée samedi par le président de la République, Amadou Toumani Touré.
De nombreuses personnalités ont assisté à l’événement dont le Premier ministre, Modibo Sidibé le président de la Banque islamique de développement (BID, Dr Mohamed Aly. Il faut préciser que la BID est le chef de file des bailleurs de fonds du projet. L’événement a mobilisé également les chefs des d’institution de la République : le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, ses homologues du Haut conseil des collectivités, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïadara, du Conseil économique et social, Jeamille Bittar. Des personnalités de la sous-région ont aussi effectué le déplacement à Taoussa, dont le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), notre compatriote Soumaïla Cissé, et le secrétaire exécutif de Liptako Gourma, (l’ancien ministre de la Fonction publique et des réformes de l’État), Mohamed Ould Ganfoud.
La petite localité de Taoussa, située à une quarantaine de kilomètres de Bourem en amont du Niger.
Le chef de l’État qui avait quitté Bamako très tôt le matin samedi par avion et était arrivée sur le site de l’événement aux environs de midi. Il avait été précédé par le Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement.
Les autorités locales ont mobilisé des centaines de chameliers pour escorter le véhicule présidentiel jusqu’au site. C’est l’imam de la mosquée de Taoussa, Mohamed Ataher Sougoum Taoussa, qui a introduit la cérémonie en récitant quelques versets du Saint Coran. Il a saisi l’opportunité pour faire des bénédictions pour le bon déroulement des travaux de cet important ouvrage. En effet après la construction du pont Wabaria à Gao, la route de Gao-Ansogo-Frontière du Niger, la reprise très prochaine des activités de l’usine de production de phosphate du Tilemsi, la réalisation de ce barrage augure d’encourageantes perspectives pour le développement des régions du Nord.
En effet, la réalisation de cet ouvrage permettra de changer fondamentalement la vie des populations du cercle de Bourem, qui se trouvent actuellement dans une situation de grande pauvreté. Il faut dire qu’ici, la nature se caractérise par son hostilité. L’écosystème est considérablement dégradé. La végétation n’offre plus de ressources nécessaires à l’alimentation des animaux. L’assèchement des pâturages et la faiblesse des précipitations ont fortement entamé l’espoir des populations (éleveurs et agriculteurs), qui ont émigré sous des latitudes moins austères.
Le président Amadou Toumani Touré a justement fait remarquer que « dans la zone sahélienne en général, la détérioration des conditions climatiques des dernières décennies, a entraîné la réduction du couvert végétal et modifié les conditions de ruissellement et d’infiltration ». Et que « pour la boucle du Niger en particulier, cette situation s’est traduite par l’ensablement des chenaux, la chute des niveaux de crue et d’étiage, la diminution des superficies inondées et l’assèchement des lacs sur les deux rives du fleuve ». Le président Touré a également relevé que sur le plan écologique, l’on assiste à la disparition de certaines espèces végétales et animales. Sur le plan agricole, la zone fait face à un déficit céréalier chronique. « La construction d’un ouvrage de retenu d’eau se pose donc en terme de survie pour ce cours d’eau millénaire, qui est à l’origine des échanges commerciaux et interculturels », a indiqué le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mamadou Diarra.
Face à cette adversité de la nature, le président de la BID a promis l’accompagnement de l’institution qu’il dirige pour soutenir notre pays afin de réduire la pauvreté et combattre l’insécurité alimentaire. La BID souscrit en effet à une nouvelle politique de coopération. Ce nouveau programme s’inspire fortement du modèle japonais, basé sur la formation des jeunes dans des secteurs productifs et générateurs de revenus. Il met l’accent aussi sur le développement du secteur agricole. Mohamed Aly a remercié le président Touré pour la promesse qu’il a tenue et qui atteste de son attachement au développement économique et social du pays.
Les travaux concernent les deux premières phases du projet. Ils coûteront 130 milliards de Fcfa et s’étendront sur 6 ans. Les deux volets concernent la construction du barrage et ses ouvrages annexes (voir L’Essor du vendredi). La dernière phase portera sur le volet agricole.
Celui-ci prévoit l’aménagement 139 000 ha, dont 84 000 ha en submersion contrôlée. Il est prévu aussi l’aménagement de 45 000 ha de nouveaux périmètres irrigués dans la vallée du fleuve ; 10 000 ha dans la vallée du Tilemsi et dans les cuvettes du Gourma, entre Bamba et Taoussa. Au plan énergétique, le barrage assurera la production de 25 mégawatts, soit 87 % de la demande locale en énergie.

Amadou O. Diallo
L’Essor N°16627 du lundi 8 février 2010

 
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