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Cérémonie de pose de la première pierre du Barrage de Taoussa : Discours de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat (Taoussa, le 06 février 2010)

   

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

Honorable Président de l’Assemblée Nationale du Mali ;

Mesdames, Messieurs les Ministres ;

Mesdames, Messieurs les Présidents et Représentants des Institutions de la République ;

Monsieur le Président du Groupe de la Banque Islamique de Développement, Cher Frère Mohamed ALI ;

Monsieur le Gouverneur de la Région de Gao ;

Monsieur le Préfet du Cercle de Bourem ;

Honorables Députés à l’Assemblée Nationale du Mali ;

Excellences, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ;

Monsieur l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine au Mali ;

Mesdames, Messieurs les Partenaires Techniques et Financiers ;

Mesdames, Messieurs de la Délagation du Niger ;

Monsieur le Vice-Président du Groupe CGGC ;

Mesdames, Messieurs les maires ;

Mesdames, Messieurs les Conseillers nationaux et locaux ;

Mesdames, Messisuers les membres et sympathisants de l’Association des Ressortissants de Bourem ;

Mesdames, Messieurs, en vos noms, titres et qualités,

Populations de la Boucle du Niger,

On prête à un écrivain italien d’avoir dit ceci, je cite : le Temps brise et disperse la réalité, ce qui reste devient mythe et légende , fin de citation.

Sur cette terre ancestrale de mythe et de mystère de Bourem, je ne résiste donc pas à l’envie de partager avec nos illustres hôtes la légende fondatrice de cette ville de Taoussa, car elle résume bien le sens de cette cérémonie.

Il était une fois deux frères Surgo (le Blanc) et Gabibi (le Noir). Le premier était le Seigneur de la Terre ferme et de la Savane dans le Nord. Le second était reconnu, lui, comme le Maître des Eaux.

Un jour, une dispute éclata entre les deux frères. Pour s’affronter, ils décidèrent de se rencontrer au beau milieu du Fleuve Niger.

Au rendez-vous fatidique, leur mère s’interposa entre eux et brandit son sein, en leur rappelant qu’ils avaient été nourris au même lait maternel.

Trois rochers, dans le Fleuve au niveau de Chabaria, matérialisent ce combat fratricide qui, finalement, n’eut jamais lieu ; mieux, les deux rochers symbolisant les frères se tendent la main dans un mouvement de réconciliation.

L’événement historique que nous vivons aujourd’hui est d’abord un hymne à la paix, cette paix que nous tenons à maintenir à tout prix partout au Mali et singulièrement dans les Régions du Nord de notre pays.

Mais la paix devient une simple profession de foi lorsqu’elle n’est pas adossée à un processus de développement pouvant atténuer les facteurs de conflits et offrir de réelles perspectives aux Ccommunautés pour la satisfaction de leurs besoins essentiels.

La réalisation du Barrage de Taoussa, pour un coût global de 130 Milliards de FCFA, représente à cet égard un acte majeur qui changera durablement et significativement la qualité de vie des populations de la Boucle du Niger.

Mesdames, Messieurs,

Nous ouvrons ce jour le plus grand chantier de Génie Civil engagé dans les Régions du Nord du Mali, depuis l’accession à l’indépendance de notre pays en 1960. Nous donnons corps à un rêve vieux de plus d’un demi-siècle.

En effet, l’idée d’aménagement du Fleuve Niger à cet endroit remonte aux années 20. Mais, c’est à partir des années 1950 que s’engagea une vraie réflexion dans ce sens.

Je citerai pour pémoire les travaux de la Mission d’Etudes et d’Aménagement du Fleuve Niger commanditée par l’administration coloniale qui prévoyait la construction d’un certain nombre d’ouvrages dont un barrage de régulation à Taoussa.

Après 1960, tirant leçon des différents cycles de sécheresse, les Gouvernements successifs du Mali ont poursuivi le projet en faisant de la régulation du Fleuve Niger un objectif majeur dans cette zone.

Il me plaît donc, de rendre Grâce à Dieu et de remercier tous nos partenaires qui ont bien voulu nous aider à concrétiser cette grande ambition nationale.

Je veux, ici, saluer au nom de notre peuple et de l’ensemble de nos Institutions, mon frère le Docteur Mohamad Ali, Président de la Banque Islamique de Développement pour sa présence à nos côtés et pour son engagement personnel dans la mobilisation des ressources financières dans la réalisation du Barrage de Taoussa.

Tous ceux qui ont géré ce dossier peuvent porter témoignage des efforts exceptionnels du Docteur Mohamad ALI à la tête du Groupe de Coordination des Fonds Arabes et Islamiques en faveur de cette infrastructure.

Nous avons compris, mon cher frère, que tout ce qui touche le Mali constitue pour vous une affaire personnelle.

J’en veux pour preuve les financements de la BID pour la réalisation du Pont de Wabaria à Gao et l’accompagnement de votre institution dans la mise en œuvre du Projet de construction de 20.000 logements, dans le cadre de la Convention de Partenariat entre le Gouvernement du Mali et la Compagnie Saoudienne d’Investissement FORAS International.

Je tiens, par la même occasion, à exprimer notre profonde gratitude :

- au Fonds Saoudien pour le Développement,
- au Fonds Koweitien pour le Développement Economique,
- à la Banque Ouest-Africaine de Développement,
- et à la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO pour leur contribution de qualité au financement du Barrage de Taoussa.

Je remercie nos partenaires pour leur adhésion à la réalisation du Projet. Il s’agit de la Banque Mondiale, du Fonds d’Abu Dhabi et de la Banque Import Export de Chine.

Mesdames, Messieurs,

La pertinence de l’aménagement de Taoussa relève de l’évidence.

Pour la zone sahélienne en général, la détérioration des conditions climatiques des dernières décennies a eu pour conséquences la réduction du couvert végétal avec une modification des conditions de ruissellement et d’infiltration.

Pour la Boucle du Niger en particulier, cette situation s’est traduite par l’ensablement des chenaux, la chute des niveaux de crue et d’étiage du Niger, la diminution des superficies inondées et l’assèchement des lacs sur les deux rives du fleuve. Sur le plan écologique, on assiste à la disparition de certaines espèces végétales et animales. Sur le plan agricole, la zone fait face à un déficit céréalier chronique.

L’aménagement hydro-électrique de Taoussa vise à mettre fin à cette situation. Il contribuera à asseoir une sécurité alimentaire durable par l’augmentation, la diversification et la valorisation des productions agricoles, pastorales et sylvicoles. La protection de l’environnement et des ressources naturelles en est une autre dimension importante.

Plus globalement, le projet Taoussa est une action de développement humain orientée vers la satisfaction des besoins de création d’emplois et de génération de revenu pour les populations de la Boucle du Niger. Il profitera à plus d’un millions d’habitants des Régions de Tombouctou et de Gao et toutes les Zones riveraines.

Concrètement, le volet agricole du Projet prévoit l’aménagement de 139 000 hectares de terres dont :
- 84 000 hectares en submersion contrôlée,
- 45 000 hectares de nouveaux périmètres irrigués dans la Vallée du fleuve,
- 10 000 hectares dans la vallée du Tilemsi et dans les cuvettes du Gourma, entre Bamba et Taoussa.

Sur la plan énergétique, le Barrage de Taoussa assurera la production de 25 mégawatts, soit 87% de la demande locale.

Le bassin du Fleuve Niger fait l’objet d’une gestion concertée des pays riverains.

Le Mali inscrit toutes ses actions dans ce cadre. Ainsi, au plan de l’impact sous-régional, le réservoir de Taoussa favorisera une meilleure régulation des deux barrages situés en aval, celui de Kandadji au Niger et celui de Kainji au Nigeria.

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Après le Pont de Wabaria, la route Gao-Ansongo-Niamey, les travaux que nous lançons aujourd’hui dessinent des perspectives encourageantes pour le développement des Régions du Nord.

La reprise, au courant de cette année 2010, de l’activité de l’unité de production des phosphates de Tilemsi conforte cet optimisme.

Tout cela me conforte dans l’idée que notre pays est riche, très riche de ses potentialités. Chacune de nos Régions, chacune de nos localités recèle des atouts que nous devons identifier pour les valoriser au profit de nos communautés, par nos efforts internes et l’appui de nos partenaires.

Cette cérémonie est l’occasion pour moi de féliciter le Gouvernement ainsi que le Directeur de l’Autorité du Barrage de Taoussa, le ministre Karim DEMBELE et ses collaborateurs, pour l’aboutissement du projet.

Aux populations de Bourem et à ses hôtes, je veux exprimer ma joie de partager ce jour mémorable avec elles. Je les exhorte à réserver le meilleur accueil à l’entreprise chinoise CGGC chargée d’exécuter les travaux et dont je salue la présence du Vice-président parmi nous.

Un proverbe de chez nous dit ceci, je cite : si Dieu te prête vie, tu seras témoin de beaucoup d’évènements .

Nous sommes comblés d’être acteurs et témoins de la pose de la première pierre du barrage de Taoussa.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 
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