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14è Sommet de l’UEMOA : L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE RAPPELLE L’URGENCE DE L’INTEGRATION

   

Les économies des pays membres de l’organisation, déjà fragiles ont été très affectées par les effets des crises mondiales

Bamako a était samedi la capitale de l’intégration sous-régionale à la faveur du 14è sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Six des huit chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale ont participé au sommet : Thomas Yayi Boni (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Malam Bacai Sahna (Guinée Bissau), Abdoulaye Wade (Sénégal), Faure Gnassingbé (Togo), Amadou Toumani Touré (Mali), l’hôte du sommet.
La Côte d’Ivoire était représentée par un représentant spécial du président Gbagbo en la personne de Bouhoun Bouabré. Les militaires qui avaient renversé Mamadou Tandja, 48 heures plus tôt, ont envoyé une délégation conduite par le colonel Djibrilla Hima Hamidou. Les travaux de la rencontre se sont déroulés au Centre international des conférences de Bamako.
Le président du Conseil des ministres de l’UEMOA, Jose Mario Vaz, le ministre des Finances de la Guinée-Bissau, a fait le point de la situation économique de l’Union en 2009 et évoqué les perspectives pour 2010. Il a indiqué que les économies des pays, déjà fragiles ont été très affectées par les effets de la crise financière et économique mondiale en 2009. Conséquence, le taux de croissance de l’UEMOA a ralenti pour s’établir autour de 3 % contre 3,8 % en 2008. Le ralentissement de l’activité économique a été particulièrement ressenti au niveau du secteur primaire en liaison avec la persistance de difficultés de certaines filières agricoles, notamment le coton.
L’inflation quant à elle, a connu une baisse en raison du recul des prix des produits alimentaires et pétroliers. Elle est retombée à 1,1 % en 2009 contre 7,4 % en 2008.

REPRISE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE

En dépit des difficultés, les économies de l’Union ont mieux résisté à la récession que la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne, a fait remarquer Jose Mario Vaz. En effet, la croissance dans la moyenne des pays de l’organisation se situera autour de 1 % en 2009. Cette performance relative s’explique par les mesures vigoureuses prises tant au niveau national que communautaire pour atténuer les effets de la récession mondiale.
Au plan monétaire, les solutions ont consisté en des injections massives de liquidités pour atténuer les effets de la tension de trésorerie des banques et en une réduction des taux directeurs et des coefficients de réserves obligatoires de la BCEAO, afin de donner plus de marges de manœuvre aux banques commerciales dans leurs activités de financement des économies.
Au niveau de l’économie, les institutions communautaires ont élaboré et mis en œuvre des mesures de soutien à la relance de la production agricole, pour apurer les arriérés de paiement intérieurs et réduire le déficit énergétique. Ainsi, près de 900 milliards Fcfa ont été identifiés par le Conseil des ministres pour assurer l’apurement des arriérés de paiement intérieurs dont le montant est estimé à 1400 milliards Fcfa. À la fin du mois d’octobre, les Etats avaient mobilisé un peu plus de 700 milliards Fcfa en ayant recours au marché financier régional et aux concours de l’allocation générale de droits de tirage spéciaux effectués par le FMI dans le cadre des mesures initiées par le G20 pour lutter contre les effets de la crise.
Par ailleurs, l’institution communautaire a mis en place le cadre institutionnel de l’Initiative régionale pour l’énergie durable avec la création d’un fonds de développement de l’énergie. Le programme spécial d’urgence pour le financement agricole, de son côté, a permis le lancement de 8 projets pour un montant global de près de 60 milliards Fcfa. Les questions environnementales étaient également au centre des priorités de l’Union en 2009. Surtout que plusieurs Etats avaient été victimes d’inondations qui ont occasionné d’importants dégâts.
Pour ce qui est des perspectives, au regard des signaux de reprise de l’activité économique dans le monde, le président du Conseil des ministres soulignera que l’environnement économique mondial en 2010 s’annonce plus favorable pour les pays de l’Union. Le taux de croissance devrait ainsi se situer à 4 % en 2010. Les défis à relever sont également nombreux. Ils vont de la mise en œuvre effective de l’Initiative régionale pour l’énergie durable à l’accélération de l’exécution de la politique commune d’amélioration de l’environnement en passant par la relance de la production agricole et le développement du financement des petites et moyennes entreprises et industries. À cela s’ajoutent les réformes communautaires notamment en matière de libre circulation des personnes et des biens ainsi que le droit d’établissement.

UNE CONSTRUCTION PERMANENTE

Le président en exercice de l’Union, Amadou Toumani Touré, tout en se réjouissant des progrès réalisés par l’UEMOA depuis sa création, il y a 15 ans, a mis l’accent sur le fait que nous devons concentrer nos efforts sur les nouveaux défis à relever dans un contexte économique mondial difficile afin de poursuivre la marche en avant et continuer d’inspirer d’autres initiatives en matière d’intégration sur le continent. Il a félicité la Commission pour ses initiatives de financement des programmes de relance agricole et en matière d’énergie. Évoquant le bien-fondé de l’intégration économique régionale, il a fait remarquer que l’intégration régionale est une construction permanente. En conséquence, il a exhorté les Etats à approfondir la stratégie d’intégration.
Le chef de l’Etat a indiqué qu’au-delà de l’économie, l’ambition, c’est également de bâtir un espace politique ayant pour socle la démocratie, la paix et la stabilité. A ce propos, Amadou Toumani Touré a rendu hommage au président du Burkina Faso, Blaise Compaoré pour ses efforts remarquables de médiation en Côte d’Ivoire, au Togo, en Guinée tout en lui réaffirmant la disponibilité et le soutien sans réserve de l’Union dans l’accomplissement de ces missions.
Le sommet s’est tenu 48 heures seulement après les évènements survenus au Niger. Le chef de l’Etat a donc invité la conférence à inscrire ce point au chapitre des questions spécifiques à aborder.
La directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova était l’invitée spéciale à cette conférence. Elle effectuait ainsi sa toute première mission en Afrique sub-saharienne. La responsable de l’organisme onusien a fait un long plaidoyer en faveur de l’éducation, de la science et de la culture en matière de développement. Pour Irina Bokova, il s’agit de faire de l’éducation une priorité fondamentale en Afrique sub-saharienne.
Elle a salué les rapports de coopération fructueux qui lient l’UEMOA et l’institution qu’elle dirige et entend les développer.
La responsable de l’organisation onusienne s’est réjouie des efforts de l’Union en matière d’éducation, particulièrement au Sénégal et au Mali, deux Etats qui accordent chacun plus de 30 % de leur budget à ce secteur. Elle a toutefois déploré l’absence de la culture dans les Objectifs du millénaire pour le développement.
Les responsables des organismes spécialisés de l’Union ont pris part aux travaux de la conférence. Il s’agit du président de la Commission de l’UEMOA, notre compatriote Soumaïla Cissé, du gouverneur de la BCEAO Philippe-Henri Dacoury-Tabley, des présidents de la BOAD, Abdoulaye Bio-Tchané et du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers, Léné Sebgo.
Fatim Maïga
L’Essor N°16637 du lundi 22 février 2010


DES MESURES CONCRETES

Elles visent la relance de la production agricole, la résorption du déficit énergétique et l’assainissement des finances publiques.
Le communiqué final rendu public à l’issue de la 14è rencontre au sommet de l’UEMOA indique que la conférence s’est préoccupée du renversement du pouvoir survenu au Niger. Le sommet a condamné ces événements et déploré les pertes en vies humaines enregistrées.
La session a également examiné l’évolution de la situation politique en Côte d’Ivoire. Réaffirmant le souci de préserver la paix dans ce pays et dans la sous-région, elle a invité les responsables politiques ivoiriens à respecter les engagements issus des accords conclus sous l’égide de la communauté internationale, particulièrement, l’Accord de Ouagadougou. Dans le même esprit, un appel a été lancé aux acteurs politiques des pays UEMOA devant organiser des élections en 2010, notamment le Togo, afin de privilégier l’intérêt général, la paix et la sécurité. Par ailleurs, la conférence a adressé ses félicitations et encouragements au président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, pour son engagement et ses actions déterminantes dans la résolution de la crise ivoirienne et la facilitation du dialogue inter-togolais.
Les chefs d’Etats et de gouvernement ont salué la maturité de la classe politique et du peuple de Guinée Bissau, qui a permis le déroulement d’élections libres et démocratiques. En outre, ils les ont exhortés à maintenir ce climat de paix et de consensus afin d’engager définitivement le pays dans la voie du développement. À cet effet, les partenaires techniques et financiers de l’Union ont été exhortés à apporter leur appui aux initiatives de développement du pays. Tout en se félicitant de la célébration en 2010 du cinquantenaire de l’indépendance de 7 des 8 Etats membres de l’Union, la conférence a souhaité que cet évènement soit mis à profit pour approfondir l’intégration régionale.
S’agissant de l’économie de l’Union, elle encourage les organes et institutions communautaires, ainsi que les Etats à poursuivre et à accélérer l’exécution des mesures arrêtées, en particulier celles qui sont relatives à la relance de la production agricole, à la résorption du déficit énergétique et à l’assainissement des finances publiques.
La session a déploré la faiblesse des performances économiques de l’Union au cours des dernières années, au regard des impératifs de développement social et de lutte contre la pauvreté. Elle a donné des instructions pour l’élaboration et la mise en œuvre de mesures appropriées en vue de l’accélération de la croissance économique. Le sommet a aussi déploré la résurgence d’entraves au bon fonctionnement du marché commun. Et appelé à prendre les dispositions idoines en vue de la consolidation de ce marché.
Un intérêt particulier a été accordé à la réforme relative au traitement égalitaire des étudiants ressortissants de l’Union dans les universités et établissements d’enseignement publics de l’espace.
Un projet d’Acte additionnel portant institution d’une politique commune du tourisme au sein de l’UEMOA a été adopté afin de faire de l’Union, un pôle majeur de développement touristique en Afrique.
Les Etats membres sont invités à appliquer la reconnaissance mutuelle de leurs visas respectifs, étape devant conduire à l’avènement d’un visa unique de l’UEMOA en 2011. Il est préconisé un mécanisme d’urgence de gestion des effets des calamités naturelles au sein de l’Union. Le capital social de la BOAD, une institution spécialisée de l’Union, sera augmenté afin de répondre aux besoins des Etats pour l’amélioration des conditions de vie des populations.
Rappelant l’importance que revêt l’Initiative régionale pour l’énergie durable (IRED) dans la résolution de la crise énergétique, la réunion a noté que le dispositif institutionnel et financier, identifié en 2009, constitue une étape déterminante dans le processus de sa mise en œuvre. La rencontre de Bamako a pris note de l’état d’avancement de la mise en œuvre du relèvement du capital social minimum des établissements de crédit, décidée dans le cadre du renforcement de la solidité du système bancaire de l’Union. Elle a demandé au Conseil des ministres et à la Banque centrale de veiller au respect de l’échéance du 31 décembre 2010 fixée aux banques et établissements financiers pour se conformer à cette exigence.
Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a été reconduit comme président en exercice de l’organisation.
Le 15è sommet de l’UEMOA se tiendra dans notre capitale en janvier 2011.
Fatim Maïga

 
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