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Visite du président Touré au Brésil : L’AXE BAMAKO-BRASILIA BIEN BALISE

   

Le chef de l’Etat a esquissé les contours de cette coopération. Il a évoqué les ambitions de notre pays en matière agro-industrielle, l’élevage à cycle court, le développement des secteurs de la viande, du lait, des peaux et cuirs.

Il n’est pas loin le temps où les théoriciens du développement caricaturaient le Brésil comme étant un géant aux pieds d’argile. La querelle de courants et d’écoles n’a plus lieu d’être, depuis près de deux décennie, le Brésil est une force régionale qui veut compter dans le concert des Nations.
Le président Amadou Toumani Touré s’en est convaincu au troisième jour de la visite officielle de six jours qu’il effectue dans ce pays depuis mardi dernier. Au cours de la séance de travail qu’il a eue avec le président Touré dans les locaux du ministère fédéral de Affaires étrangères en raison des travaux de rénovation du palais présidentiel, le président Luis Inacio Lula da Silva n’a pas caché son estime pour l’Afrique et son aversion pour l’injustice dont sont victimes les peuples de ce continent si loin et si proche du Brésil.
Le président Lula a fustigé les subventions injustes accordées par les pays développés à leurs agriculteurs au détriment de ceux du continent noir. Dans le toast qu’il a prononcé lors du déjeuner officiel offert au chef de l’Etat et à son épouse, le président Lula a expliqué que la croisade qu’il mène pour l’instauration de nouveaux paradigmes dans les relations internationales procède d’une quête de justice à laquelle il s’est dédié. Aussi le chef de l’Etat brésilien a plaidé pour une conclusion rapide des négociations du cycle de Doha après avoir vertement critiqué les pays développés qui font trainer en longueur ces pourparlers.
Luis Inacio Lula da Silva a clairement démontré que le Brésil a besoin de l’Afrique et de ces immenses potentialités. Il n’a peut-être pas d’argent à donner, mais il a un savoir-faire qu’il est disposé à partager avec les pays africains. Et ce n’est que justice. Pour le président brésilien il serait irresponsable que l’on ne vienne pas au secours de l’Afrique. La seule chose qu’elle demande est une assistance technologique comme le Brésil le fait actuellement avec l’IER au centre de recherche de Sotuba sur le coton.
À l’instar du Brésil, la communauté internationale, au delà des déclarations et des procès d’intention trop souvent malveillants et infondés, doit adopter un comportement plus actif à l’égard du continent africain.
En ce qui concerne son pays, le président Lula a promis d’envoyer très prochainement à Bamako des experts pour déterminer avec leurs homologues maliens les secteurs d’activité où Maliens et Brésiliens pourraient approfondir leurs rapports. Il aussi annoncé la tenue prochaine dans son pays d’une conférence internationale sur la sécurité alimentaire en invitant la partie malienne à s’y associer.
Le président Lula a promis l’institutionnalisation d’une semaine brésilienne à Bamako pour davantage faire connaitre son pays, ses potentialité et ses opportunités d’affaires à nos compatriotes.
Le président Amadou Toumani Touré, dans son toast, a esquissé les contours de cette coopération. Il notamment évoqué les ambitions de notre pays en matière agro-industrielle, l’élevage à cycle court, le développement des secteurs de la viande, du lait, des peaux et cuirs.

A L’ECOLE BRESILIENNE DU DEVELOPPEMENT

Le président Touré s’est montré impressionné par le bond prodigieux du Brésil qui, contrairement à une notion largement répandue n’est plus "un pays émergent mais un pays émergé". Le Mali, a expliqué Amadou Toumani Touré, est venu se mettre à l’école brésilienne du développement. Bravo au Brésil qui a construit chez nous un centre de recherches sur le coton et pour ses prises de position dans la défense des pays africains, a notamment déclaré le président Touré qui a précisé au passage que notre pays ambitionne d’être comme le Brésil un pays producteur de biocarburant. Nous en avons les moyens, c’est-à-dire la terre, un embryon d’expérience et les ressources végétales nécessaires.
Le président Touré a invité son homologue Lula à continuer à défendre les intérêts des pays pauvres en poursuivant son engagement au sein de l’Organisation mondiale du commerce.
Auparavant Amadou Toumani Touré et son épouse ainsi que les ministres qui les accompagnaient ont eu une séance de travail avec le ministre de la Santé du Brésil. Au cours de la réunion les deux parties ont manifesté leur intérêt à coopérer dans la recherche sur la malaria et d’autres maladies tropicales. Des experts du ministère brésilien de la Santé viendront à Bamako pour affiner les contours de cette coopération.
Le président Touré a ensuite rencontré le vice président du Sénat entouré de quelques sénateurs. Marconi Perillo a expliqué au chef de l’Etat le fonctionnement et les attributions de son institution. Il s’agit notamment de révision constitutionnelle, de la nomination des procureurs, des responsables des instances de régulation du pays ainsi que de la nomination d’ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires.
Le Sénat se compose de 80 membres venus des 26 Etats du Brésil et du District fédéral de Brasilia, tandis que le congrès, lui, se compose de 500 députés. Le Premier sénat brésilien a été investi en 1891.
Amadou Toumani a aussi rencontré le président du tribunal supérieur constitutionnel (Cour constitutionnelle). Gilbert Mendes a lui aussi expliqué le fonctionnement de son institution, avant d’évoquer la possibilité de coopération avec l’institution similaire au Mali.
Le chef de l’Etat a quitté Brasilia jeudi pour rallier Fortaleza sur l’Atlantique.
Bakary Coulibaly
L’Essor N°16668 du lundi 12 avril 2010

 
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