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Conférence de presse à l’occasion du 8 juin : LE PRESIDENT TOURE JOUE LE JEU

   

L’exercice qui s’est imposé au fil des ans, a une nouvelle fois démontré son utilité

Pourquoi changer une formule qui gagne ? Les services de la présidence de la République ont sans doute intégré cet état de fait dans le planning de célébration des anniversaires de l’investiture du chef de l’Etat. Ainsi, tout comme l’émission « Baro » en langue nationale bamanan sur les antennes de l’ORTM, la conférence de presse est devenue une des activités incontournables du 8 juin. Pour la 7è fois, le président de la République était, hier, face à la presse à Koulouba. Pour cette année, plus de 300 cartes d’invitation avaient été distribuées. Et les confrères ont répondu massivement à l’invitation. Comme chaque année, c’est par un exposé liminaire que le président de la République a introduit la conférence de presse. Mais il a commencé de façon inédite en se posant lui-même une question que personne ne lui avait posée jusque là : Pourquoi la date du 8 juin pour l’investiture du président de la République ? Réponse : C’est par un pur hasard. « Après l’élection du président en 1992, nous avons été confrontés à un problème. Un corps sans lequel l’investiture ne peut se faire était en grève. J’ai tenté de convaincre ses responsables pour qu’ils arrêtent leur mouvement, mais en vain. Et comme mon mandat à la tête de l’Etat était fini et que le nouveau président devait impérativement prendre fonction, j’ai un jour décidée que nous allions faire l’investiture au plus tard dans les 5 jours qui suivaient. La date retenue est finalement tombée sur le 8 juin », a révélé Amadou Toumani Touré, avant d’enchaîner avec l’exposé introductif.

DE GRANDES REFORMES

Cette année, a relevé le président Touré, le contexte est particulier avec la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance. « Le label est exceptionnel », a commenté Amadou Toumani Touré. « Dans le PDES, j’ai expliqué que 50 ans dans la vie d’une nation est peu à l’échelle de l’histoire. Mais 50 ans, c’est en même temps très important dans la marche du Mali contemporain. C’est l’occasion d’engager la réflexion sur l’avenir du pays dans la perspective du Centenaire », a poursuivi le chef de l’Etat. Les grandes reformes engagés vont justement dans ce sens. Au premier rang desquelles, la révision constitutionnelle dont le processus est en cours et qui va s’achever par un référendum pour adopter une loi fondamentale adaptée à l’évolution de notre processus démocratique. C’est également pour le Mali de demain que les projets de nouvelles cartes judiciaire et administrative sont en chantier, avec en perspective la création de nouvelles régions, de nouveaux cercles et peut être même de nouvelles communes. La réforme du statut du District de Bamako s’inscrit dans cette ambitieuse reforme administrative. Autres grands chantiers : la moralisation des marchés publics avec la création d’une structure spécialement dédiée à cet effet et la création de l’assurance maladie obligatoire. Mais autant les réformes politiques peuvent être considérées comme la pierre angulaire de ce processus de modernisation, autant la construction d’infrastructures est le socle du développement. Le président Touré a cité à ce propos quelques grands chantiers d’infrastructures engagés ces derniers mois : le barrage de Taoussa, le troisième pont de Bamako, l’échangeur multiple de la capitale, le seuil de Djenné, le barrage du Gouina dont les travaux devraient être lancés dans les mois à venir, l’interconnexion du réseau électrique avec ceux de pays voisins, la future autoroute Bamako-Ségou...

LE SUJET LE PLUS BRULANT

Amadou Toumani Touré a ensuite passé en revue les acquis obtenus dans différents domaines et ce, à travers tout le pays comme la construction de routes, l’accès au téléphone, la lutte contre le sida (notre pays a été récemment classé au 3è rang en Afrique dans l’organisation de la gestion de ce combat), la construction de centres de santé (31 CSCOM et 11 centres de santé de référence) et d’hôpitaux (celui du Mali à Bamako, l’hôpital de Mopti et l’hôpital régional de Sikasso), les grands changements intervenus ou en cours dans les centres hospitalo-universitaires du Point G et de Gabriel Touré. Autre motif d’optimisme : la recherche pétrolière qui se déroule sur 14 sites dont trois sont « dans une position particulièrement avancée ». Pour le moment le pays peut compter sur l’or qui a apporté cette année 166 milliards de contribution au budget d’Etat. Après l’exposé liminaire du chef de l’Etat, la conférence pouvait entrer dans le vif du sujet. A tout seigneur, tout honneur. La première question a porté sur le sujet le plus brûlant du moment au niveau national : l’école. « Voici un problème que je vis avec beaucoup de peine. Nous avons presque perdu une année scolaire que nous aurions pu gagner. Je suis d’autant plus peiné que je suis moi-même enseignant », a confié le président de la République, avant de livrer certains chiffres qui attestent des efforts énormes consentis en faveur de l’éducation. En effet, la part de ce secteur dans le budget s’élève aujourd’hui à 36,83%. Cette part a progressé de 155% de 2002 à 2010, passant de 97 milliards en 2002 à 248 milliards en 2010. Les salaires et primes des enseignants ont évolué dans le même sens. Pour les professeurs de l’enseignement supérieur, les salaires ont augmenté de 60% de 2002 à nos jours, passant 175 466 Fcfa à 281 095 Fcfa. Ceux du secondaire ont progressé de 98% sur la même période : de 94 926 en 2002 à 185 216 Fcfa. Au niveau du fondamental, ils sont passés de 65 294 à 129 255 Fcfa, soit une augmentation de 98%. Au même moment, les primes accordées aux professeurs d’enseignement supérieur sont passées de 13 500 à 76 000 Fcfa, tandis que dans l’enseignement fondamental, elles ont évolué de 12 500 à 29 500 Fcfa. A titre de comparaison, le président Touré a révélé que la masse salariale au niveau de l’éducation égale les budgets de la Défense et de la Sécurité réunis. Et ce malgré les grands défis sécuritaires auxquels le pays fait face. En donnant ces chiffres, le chef de l’Etat n’entendait évidemment pas jeter les enseignants en pâture. « Les revendications syndicales sont normales. Je comprends les enseignants. Mais l’Etat ne peut pas donner ce qu’il n’a pas. J’ai poussé le gouvernement dans ses derniers retranchements. Il faut que les enseignants eux aussi bougent », a préconisé Amadou Toumani Touré, revenant sur le sujet de l’école en concluant la conférence. « Je fais des insomnies à cause de la question de l’école. Je n’arrive pas à comprendre que l’on ne puisse pas s’entendre sur une solution, même provisoire. Je ne peux pas comprendre cette logique du tout ou rien. L’Etat a fait beaucoup et continuera à le faire, mais dans les limites des moyens disponibles », a assuré le président Touré.

NECESSAIRE COOPERATION

Après l’école, l’autre grand dossier abordé par le chef de l’Etat est la situation au nord du pays. A ce propos, il a relevé que celle-ci est bien meilleure aujourd’hui qu’il y a un an quand existait dans cette partie du pays, un cocktail explosif de trafiquants, de Salafistes et de rébellion sourde dans l’est de la région de Kidal. Ce dernier problème est réglé aujourd’hui. Les anciens combattants sont rentrés dans les rangs ou sont en train de mener d’autres activités. Il a réitéré sa conviction que les menaces transfrontalières qui sévissent dans l’espace sahélo-saharien ne pourront être jugulées sans la coopération entre les Etats concernés. Heureusement, les choses évoluent également à ce niveau. « Ces derniers temps, a précisé Amadou Toumani Touré, nos services sont en train de réfléchir pour engager des actions communes. A chaque fois que nous avons coopéré, nous avons obtenus de bons résultats ». Mais sans attendre que cette coopération devienne effective, le Mali a élaboré son propre dispositif qui a été présenté vendredi dernier aux diplomates accrédités dans notre pays (voir l’Essor de lundi). Ce dispositif s’articule autour de la présence effective des forces armées et de sécurité et de l’administration sur le terrain, et des efforts de développement en faveur de la population. « Ce n’est pas seulement par les armes que l’on peut vaincre le terrorisme. Il faut le développement. Et la zone est vide ? Il faut la réoccuper », a poursuivi ATT. Interrogé sur l’affaire du mystérieux cargo qui s’était écrasé dans le Nord, le chef de l’Etat reconnu que notre pays avait commis une erreur à cette occasion. « Quand nous avons appris l’incident, nous avons envoyé des unités pour voir de quoi il s’agissait. Pendant deux ou trois jours, nous avons voulu comprendre avant de communiquer. Cela a été une grosse erreur. Pendant ce temps, d’autres ont communiqué à notre place. La communication a été désastreuse », a jugé le président de la République, tout en regrettant cependant le fait que certains aient voulu pousser les responsabilités dans cette affaire dans notre pays à un niveau qu’elles ne peuvent pas atteindre. Dans tous les cas, le Mali a partagé l’information avec tous ceux qui le désiraient (sans recevoir de renseignements précis et étayés) et a porté plainte au niveau de l’Interpol et de tous les organismes internationaux chargés de lutter contre la criminalité.

A DEUX PAS D’UNE ISSUE HEUEUSE

Répondant à une question relative au sort des travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), Amadou Toumani Touré est revenu sur les conditions dans laquelle cette société a été privatisée et les déboires qu’elle a connus. Face à la situation dramatiques des travailleurs, les pouvoirs publics ont été obligés de s’investir dans un protocole d’accord impliquant l’Etat, l’UNTM et Huicoma a été finalement élaboré. Les deux premières parties ont déjà signé le protocole. Il reste la signature de Huicoma. « Nous sommes à deux pas d’une issue heureuse », a assuré le chef de l’Etat. Revenant sur la célébration du Cinquantenaire, il a jugé nécessaire de célébrer les 50 ans du pays. Avec nos réussites, nos échecs, nos réflexions. « Dans la vie d’un pays, tout est fait d’étapes. A un moment donné, il faut s’arrêter et regarder en arrière pour déterminer le marche à suivre », a-t-il ajouté, avant de dévoiler le projet de budget prévu pour les festivités : 7 milliards Fcfa. « Mais avec le Premier ministre, nous avons trouvé que ce budget est un peu trop élevé. Le chef du gouvernement va donc faire l’arbitrage budgétaire », a précisé le chef de l’Etat. Dans ce projet de budget, 2,4 milliards sont prévus pour la construction du monument du Cinquantenaire. Le reste est destiné à l’organisation des manifestations jusqu’au défilé militaire et aux festivités organisées dans les ambassades du Mali à l’étranger.
Salim Togola
L’Essor N°16709 du mercredi 9 juin 2010

 
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