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Intervention de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat, à l’occasion de la réunion de la 16ème reconstitution des ressources de l’IDA (Bamako, CICB, le 16 juin 2010)

   

Au nom du Peuple Malien et de l’ensemble de nos Institutions, je voudrais vous souhaiter la plus cordiale bienvenue à ma sœur Ellen Johnson, Président de la République du Libéria, à mon aîné Maître Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal, aux Chefs de délégations et aux Participants à cette Assemblée Générale de Reconstitution des Ressources de l’Association Internationale de Développement.

J’exprime notre sincère reconnaissance au Groupe de la Banque Mondiale représentée la Directrice Afrique, notre sœur ; Madame Ngosi NOKANGO pour le choix porté sur Mali pour abriter cette importante rencontre. J’associe à ces remerciements tous nos Partenaires au développement.

Le Mali, qui vous accueille aujourd’hui, est une terre de rencontres. Devant le Président WADE, je ne résiste pas à la tentation d’évoquer un pan de l’Histoire millénaire du Mali qui, comme il aime à le rappeler, n’appartient pas au seul Mali contemporain.

Il s’agit bien effet d’un héritage commun à tous peuples des bords de l’Océan Atlantique jusqu’à l’orée du Sahara.

Cette Histoire du Mali s’est incarnée dans des repères et des symboles que nous continuons à évoquer des siècles après, avec la même ferveur et la même fierté.

En leur nombre, je veux citer la Charte de Kurukan Fuga.

Adoptée, il y a 774 Ans, à la Fondation de l’Empire par Soudjata KEITA en 1236 la Charte de « Kouroukan Fuga » avait tous les Attributs d’une Constitution.

Elle codifiait :

- l’Organisation du Pouvoir (ses Limites et ses Obligations),
- la Défense des Droits Humains et des Libertés Publiques,
- la Protection des Activités Professionnelles, des Personnes et de leurs Biens.

Un de ses Articles était ainsi libellée : « La personne Humaine est sacrée et inviolable », proclamant ainsi, avec quelques Siècles d’avance, ce qui allait devenir un Principe- clé, des Constitutions des Démocraties Modernes.

L’Histoire du Mali, c’est aussi Tombouctou : La ville des 333 saints « ville exquise, pure, délicieuse, illustre, cité bénie et animée », pour reprendre les propos du Chroniqueur Abderhamane-Es-SÂAD, auteur de « Tarikh Es Soudan », célébrant Tombouctou, sa ville vers 1630.

Le célèbre Erudit, Ahmed Baba renchérit, je cite :

« Le sel vient du Nord, l’or vient du Sud, l’argent vient du pays des Blancs mais la parole de Dieu, les choses saintes, les contes jolis on ne les trouve qu’à Tombouctou. »

Près de quatre siècles sont passés, mais « Tombouctou la Mystérieuse » (selon la formule lancée en 1896 par le français Félix DUBOIS) garde toujours son attrait.

Elle a été proclamé en 2006, capitale de la culture islamique.

Mesdames, Messieurs,

Au cours de vos travaux, vous passerez en revue tous les aspects du développement. Après cette fenêtre sur l’histoire du Mali, permettez-moi de partager avec vous une anecdote qui en mieux que le discours.

Thème : l’enfant, l’eau et le Président de la République.

Une deuxième anecdote si vous me donnez le temps : la fille d’honneur, l’école et le Président de la République.

Ces requêtes des enfants, illustrent la dimension et la profondeur de nos besoins (dans chacun de nos pays, on rencontre de tels enfants conscients des besoins de leurs villages).

Mesdames, Messieurs,

Cette réunion autour de la reconstitution des ressources de la Société Internationale de Développement intervient dans un contexte encore marqué par les séquelles profondes de la crise économique internationale qui a fragilisé la plupart des pays riches, qui sont nos Bailleurs de fonds.

Elle se tient aussi, il faut le rappeler, à cinq ans de l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement, sur lesquels la Communauté Internationale s’est engagée, il y a maintenant une décennie.

Excellences, Madame, Messieurs les Chefs d’Etat ;

Madame la Directrice Afrique de la banque Mondiale ;

Mesdames, Messieurs les Partenaires au Développement,

Je veux témoigner, ici, sur les réalisations et l’impact positif des projets et programmes financés dans nos pays par la Banque Mondiale.

J’en citerai quelques cas au Mali :

Vous avez par vous-même visité quelques actions sur le terrain.

Un adage de chez nous dit : « mieux vaut voir une fois, que d’entendre 100 fois » (fin de citation).

A / Energie domestique et rurale :

Je me suis arrêté dans un village au cours d’un déplacement de nuit, je rentre dans une agglomération illuminée, l’activité économique continue, les habitants sont à l’aise et visiblement plus confiant.

Je m’arrête et rentre dans une famille éclairée. Après les salutations d’usage, je demande leur impression sur l’énergie qui vient d’arriver chez eux.

Ils me répondirent :

-  « désormais, la vie économique ne s’arrête plus au crépuscule, elle continue tard dans la nuit,
-  Nos revenus se sont accrus,
-  Nos enfants (jadis condamnés à s’éclairer à la lampe à huile ou à la lampe tempête) étudient dans un meilleur confort.
-  Monsieur le Président, nous ne sommes pas dans les mêmes conditions que vous à Koulouba, mais notre vie a vraiment changé ! »

C’est une transformation qualitative de la vie et des activités, qui améliore, du même coup, les revenus. Cela a été obtenu avec le concours du Groupe de la Banque Mondiale.

Le Taux d’accès à l’électricité est passé de 12% en 2002 à 25,3% en 2009.

Le secteur de l’Eau a également bénéficié d’une grande attention : le Taux d’accès à l’eau potable était de 73,1% en 2009

Vous avez visité également les réalisations du Programme National d’Infrastructures Rurales (à l’Office du Niger).

L’agriculture constitue la clef de notre Sécurité Alimentaire. Sa modernisation peut contribuer à la création d’’emplois massifs pour nos jeunes désœuvrés et gagnés par le désespoir..

Le Mali dispose de 2,2 millions d’hectares cultivables et inondables.

Le Delta central du fleuve Niger qui compte 36.000 km2 est le plus important d’Afrique après celui d’Okawando au Botswana.

Il nous faut en Afrique privilégier l’irrigation contrôlée et surtout les pays sahéliens qui connaissent deux mauvaises saisons des pluies sur trois.

Et pourtant, la lutte contre la pauvreté doit s’accentuer en zone rurales, les paysans d’Afrique sont les plus pauvres de nos populations.

Mesdames, Messieurs,

La Banque Mondiale intervient au Mali pour une relance du porte feuille actif de 778 millions de Dollars US (390 milliards F.CFA), pour 18 opérateurs dans bien de domaines.

Grace à votre appui, les progrès en matière d’Eduction sont aussi considérables :

-  En Afrique, les capacités et le renforcement des capacités demeurent l’un des plus importants défis, et pourtant une part importante de nos budgets d’Etat est affectée à ce secteur pour la scolarisation, l’alphabétisation et la promotion des langues nationales.

Le développement des infrastructures scolaires s’est accompagné d’une progression constante du taux brut de scolarisation qui, au primaire, a atteint 82% en 2009 dont 73% de filles.

-  Dans le secteur de la Santé, le renforcement du tissu sanitaire est visible et intense avec comme point d’appui :

 Le relèvement du plateau technique

 La promotion de la santé communautaire

 Le soutien à la médecine traditionnelle

 Le Taux de couverture sanitaire a évolué : il est de 85% dans un rayon de 15 km et de 57% dans un rayon de 5 km.

 Le Taux de consultation prénatale se chiffrait à 90% en 2009.

L’effort remarquable dans la lutte contre le Sida

Le gouvernement du Mali a bénéficié d’un don de l’Association Internationale de Développement (IDA), d’un montant équivalent de 25,5 millions de dollars et d’un crédit de 6 millions de dollars, pour contribuer au financement de la mise en œuvre de sa politique de lutte contre le VIH/Sida, sur la période 2005/2011.

L’intervention de la banque Mondiale a été déterminante dans de nombreux pays africains et d’une portée remarquable au Mali.

Elle a appuyé la réforme et la réorganisation des institutions des institutions de lutte, ainsi que le renforcement des activités.

Elle a surtout été la locomotive qui a donné confiance aux autres bailleurs de fonds, qui l’ont suivi dans l’accompagnement de la réponse nationale.

Grâce à cette dynamique, le Mali se classe parmi les trois pays Africains, les mieux organisés et les plus avancés dans la lutte contre le Sida.

Avec plus de 85% des patients mis sous ARV et un taux de séroprévalence qui est tombé de 1,7% en 2001 à 1,3% en 2006.

Désormais, les médicaments sont acheminés dans nos villages, communes et villes à la portée des malades.

Alors, le prochain cycle de coopération avec le groupe de la Banque Mondiale sera déterminant

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis tout autant de notre convergence avec les Partenaires Techniques et Financiers, sur la nécessité, pour nos pays, de développer les Infrastructures.. Elles constituent la base sur laquelle tout le reste se construit. Il s’agit des infrastructures routières, aéroportuaires, portuaires et ferroviaires. Je veux saluer, ici, le combat et l’engagement visionnaire du Président WADE.

La Protection de l’Environnement constitue aussi une préoccupation partagée. En la matière, Qui mieux que nous sahéliens pour mesurer l’impact du changement climatique (ensablement des cours d’eau, avancée accéléré du désert, recul de la savane rattrapée par le désert, coupe abusive du bois, pour dégager de nouveaux champs, bois de chauffe).

Nous devons amplifier nos projets et programmes visant la promotion :

- Des Energies renouvelables
- De Retenue des dunes de sables
- Et bien d’autres activités nous menant vers une de nos ambitions, forger « l’Eco-citoyen », un citoyen qui intègre dans ces faits et gestes quotidiens la préservation de l’environnement.

Mesdames, Messieurs,

Le processus de développement de nos Pays doit s’appuyer sur des Institutions fortes et des Système politiques stables.

Nous apprécions donc l’appui et le soutien du Groupe de la Banque MONDIALE aux réformes institutionnelles.

La Décentralisation, ancrée dans nos contrées, est désormais irréversible. Grâce à vous, elle s’améliore et s’enracine.

Mesdames, Messieurs,

Si les Infrastructures et les Infrastructures sont les piliers du développement, la Paix en est incontestablement le Socle.

Depuis quelques années, la bande sahélo-saharienne est caractérisée par des formes de menaces diverses pour les pays riverains.

La réponse sécuritaire est importante et pourtant la solution demeure le développement ; il faut forger un autre environnement et créer des alternatives. (Le développement humain et social).

Excellences, Madame, Monsieur les Présidents de la République,

Madame la Directrice Afrique de la Banque Mondiale,

Mesdames, Messieurs les Partenaires, Pays bailleurs de fonds ;

Distingués Invités ;

Mesdames, Messieurs,

Nous, pays bénéficiaires de l’IDA, en dépit du contexte difficile, nous attendons de cette réunion un engagement plus fort des Partenaires et Pays donateurs, des contributions accrues et un alignement sur nos priorités.

Pourquoi nous arrêter en si bon chemin ? Nous disons que des progrès considérables ont été réalisés, désormais il faut les consolider et ouvrir d’autres chantiers, pour notre bien-être et aussi pour que nous soyons plus proches des OMD. (Si les actions sont maintenues, certains objectifs seront atteints).

En ce qui concerne le Mali, nous mesurons, à l’instar des autres pays bénéficiaires, les défis auxquels nous devons faire face.

Aussi, nous avons élaboré et mis en œuvre un cadre stratégique de réduction de la pauvreté, une stratégie de croissance accélérée, politique prenant en compte bien entendu les OMD.

Je forme le vœu que la réunion qui s’ouvre aujourd’hui, pour la reconstitution des ressources IDA, soit fructueuse et généreuse, pour répondre à l’espérance d’une plus forte implication de l’Association Internationale pour le Développement aux côtés de nos pays.

Je vous remercie de votre attention !

 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009