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38è Sommet ordinaire de la CEDEAO : DES QUESTIONS PERTINENTES, COMPLEXES ET TRANSVERSALES

   

Paix et sécurité, trafic de drogues, crise économique mondiale, problèmes de gouvernance… les Etats de la Communauté sont confrontés à de nombreux défis.

Le Cap-Vert, petit pays insulaire de l’Afrique occidentale, situé en plein Océan atlantique a été le week-end dernier, le centre d’importantes rencontres. Il a abrité les 2 et 3 juillet le 38e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique de développement des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), suivi d’un sommet CEDEAO-Brésil.
Le président de la République, Amadou Toumani Touré a participé aux rencontres.
C’est aux environs de 16 heures 20 heures (temps universel) que l’avion du chef de l’Etat avait atterri jeudi à l’aéroport international Amilcar Cabral de l’île de Sal, la principale station touristique du Cap-Vert. Plusieurs de ses pairs et de nombreuses personnalités ont effectué le déplacement. L’une des particularités de ce sommet est qu’il se tient pour la première fois, au Cap-Vert. La cérémonie d’ouverture, présidée par le président en exercice de la Communauté, Goodluck Ebele Jonathan, le président de la République fédérale du Nigeria, s’est déroulée à l’hôtel Crioula de Sal. L’ouverture a été marquée par plusieurs interventions et par la prestation de serment du nouveau président de la Commission de la CEDEAO, James Victor Gbeho.
Après avoir souhaité la bienvenue à ses hôtes, le président du Cap-Vert, Pedro Pires a demandé d’observer une minute de silence à la mémoire de feu Oumarou Yar’Adua, le défunt président du Nigeria. Il a attiré l’attention sur le fait que c’est la première fois que son pays organise une rencontre d’une telle envergure. Présentant son pays dont la principale caractéristique est son insularité, Pedro Pires a indiqué que le Cap-Vert, situé en plein Océan atlantique sur la pointe la plus occidentale de l’Afrique est le seul véritable pays insulaire de la CEDEAO. Les premiers navigateurs portugais y sont arrivés, il y a 550 ans. Cette situation d’insularité constitue un véritable handicap qui multiplie les coûts des infrastructures, renchérit les coûts des facteurs de production et les coûts de production, a-t-il fait remarquer, avant de souligner que le sommet se tient à la veille du 35è anniversaire de l’accession du Cap-Vert à l’indépendance. D’une superficie de 4 033 km2 avec une population de 423 613 habitants, le Cap-Vert est constitué de dix îles et de cinq îlots, soumis à un climat sahélien, c’est-à-dire à un climat subtropical aride. Devenu indépendant en 1975, il constituait un État unitaire avec la Guinée-Bissau avant de se séparer de cette ancienne colonie portugaise.

NOUVEAUX ESPOIRS

La session a examiné des questions pertinentes, complexes et transversales qui ne sauraient se résoudre que sur la durée, comme la lutte contre les narcotrafiquants qui fragilisent nos Etats.
La conjoncture économique mondiale a aussi un impact négatif sur nos Etats. Et nos gouvernements doivent trouver les solutions adéquates pour se protéger a estimé l’hôte de la rencontre. Pedro Pires s’est en outre réjoui des élections présidentielles qui viennent de se tenir en Guinée et qui pour lui, suscitent désormais de nouveaux espoirs et de nouvelles perspectives pour ce pays. Le président en exercice de la CEDEAO expliquera à son tour que cette session est significative à bien des égards dans la mesure où, c’est la première fois que le Cap-Vert accueille un sommet de la Communauté.
Évoquant les questions de paix et de sécurité, Goodluck Ebele Jonathan a souligné que les actions initiées par l’institution ont permis d’atteindre des résultats modestes mais encourageants dans la recherche de solutions aux crises que connaissent certains pays de notre espace commun. "La mise en place d’un gouvernement démocratique en Guinée Bissau et l’organisation d’élections libres en Guinée sont encourageants", appréciera-t-il avant de saluer le général Salou Djibo qui envisage d’organiser des élections au Niger en mars 2011 et la Côte d’Ivoire, engagée à respecter les dispositions de l’Accord de Ouagadougou de 2007. Le président en exercice de la CEDEAO a félicité le président Blaise Compaoré du Burkina Faso pour ses efforts de médiation en Côte d’Ivoire et en Guinée.

MOBIISATION

Outre les défis de stabilité à relever, il a déploré les effets négatifs de la crise alimentaire, la corruption, la menace du crime transfrontalier se traduisant par le trafic de drogue, d’humains, des armes légères. C’est la raison pour laquelle, une mobilisation s’impose au niveau du cadre institutionel afin de trouver des solutions. Concernant la crise alimentaire, le président Goodluck a évoqué le programme agricole en Afrique de l’Ouest visant à garantir la sécurité alimentaire. Et de remercier les Etats qui sont venus en aide au Niger, la Communauté internationale ainsi que les ONG qui ont tous œuvré dans ce sens.
Le président nigérian a exprimé sa reconnaissance à ses pairs, aux autorités de la CEDEAO et aux partenaires avant de saluer le nouveau président de la Commission, l’ambassadeur James Victor Gbeho. C’est le 16 février 2010 que la conférence des chefs d’Etat a désigné ce dernier comme président de la Commission de l’institution. Lors de sa prestation de serment, la Cour de justice de la CEDEAO a réaffirmé sa volonté d’accompagner le nouveau président dans la mission qui lui a été confiée.
James Victor GBEHO a remercié les hautes autorités de la CEDEAO qui ont placé leur confiance en lui. Il s’est engagé à renforcer les actions en faveur de la réalisation des objectifs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Il a aussi rendu hommage au défunt président Oumarou Yar’Adua pour ses efforts inlassables en faveur de l’intégration et son engagement dans la recherche de solutions aux problèmes de paix et de sécurité dans la région.
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest Saïd Djinit a adressé les félicitations de Ban Ki-Moon, le secrétaire de l’ONU au 38e sommet de la CEDEAO. Les Nations unies encouragent la CEDEAO dans la lutte contre la criminalité et approuvent ses efforts d’opposition à tout changement anti-constitutionnel a-t-il souligné.
Saïd Djinit s’est aussi réjoui du fait que l’expérience a montré que la CEDEAO est plus efficace lorsque les Etats agissent de façon solidaire dans la recherche de solution aux problèmes et lorsqu’il y a synergie entre elle et la Communauté internationale.
Il a réaffirmé la volonté de l’organisation mondiale à soutenir les efforts de la CEDEAO particulièrement dans le domaine de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest. Le sommet avait été précédé d’une session extraordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO.
Le 38e sommet a été suivi samedi, d’un sous-sommet spécial CEDEAO-Brésil (lire article ci-contre).

Envoyée spéciale Fatim Maïga
L’Essor n°16727 du lundi 5 juillet 2010

 
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