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Lancement du Cinquantenaire : EN TRES GRAND

   

La restitution de la bataille de Sabouciré et l’inauguration du Monument de la résistance nationale ont été les temps forts de cet événement historique.

La bataille de Sabouciré en ... 2010. La mise en scène, parfaitement interprétée par nos militaires et chasseurs pour restituer la vraie bataille du 22 septembre 1878 à Logo Sabouciré, a constitué le clou du lancement des festivités du Cinquantenaire, hier à Sabouciré. Cette petite bourgade située à 25 km de la ville de Kayes a été retenue pour la cérémonie riche en couleurs présidée par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré.
C’était en présence du Premier ministre, Modibo Sidibé, des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement et de nombre d’autres personnalités.
La population de Sabouciré se souviendra très longtemps de l’événement de ce 1er septembre qui a réveillé des souvenirs tristes ayant marqué l’existence de la cité : la bataille de Sabouciré. Cette cité fut la première sur notre territoire à résister à la pénétration française et la première à tomber sous les canons de l’occupant un 22 septembre 1878. Il y eut 13 morts dont 2 officiers (un capitaine et un lieutenant) et 51 blessés dans les rangs des troupes coloniales. Du côté des défenseurs du royaume de Logo, on a dénombré 150 morts dont le roi Niamody Sissoko.
Les autorités avaient donc trouvé juste de lancer les festivités du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays dans ce village aujourd’hui chargé d’histoire. Le président de la République et son épouse ont été chaleureusement accueillis à Sabouciré aux environs de 11h 20 par une foule nombreuse. Le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, celui du Haut conseil des collectivités territoriales et plusieurs membres du gouvernement étaient déjà sur place. La cérémonie a eu lieu sur le site où se déroula la bataille meurtrière de 1878, situé à l’entrée du village côté nord sur la berge gauche du fleuve Sénégal.

UN BEAU CADEAU

La restitution de la bataille, le temps fort de la cérémonie, a été effectuée par 120 éléments de la troupe coloniale contre 90 guerriers du Logo parmi lesquels des cavaliers. Après de rudes combats occasionnant de nombreux morts et blessés, le roi du Logo Niamody Sissoko qui avait alors 95 ans, tenta de gagner la rive droite du fleuve Sénégal. Il fut tué à coup de canon au cours de sa traversée du fleuve. Il fut le premier souverain tombé sous les balles du colonisateur français.
L’inauguration du Monument de la résistance nationale a été aussi un grand moment de la cérémonie. Le monument situé au sud-est de Sabouciré est un cadeau d’un de nos compatriotes du nom de Cheick Sissoko. Le président de la République a décidé de l’élever au grade de chevalier de l’Ordre national du Mali pour son oeuvre hautement patriotique.
L’intervention d’Amadou Toumani Touré était attendue. Pour le chef de l’Etat, le choix de Logo Sabouciré pour lancer les festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance "marque un regard sur le passé". « C’est ici à Logo Sabouciré, a-t-il rappelé, que le premier coup de canon de la troupe coloniale a tonné. C’est ici aussi que le premier coup de fusil de la riposte a été tiré. Nous pouvons donc soutenir que c’est à partir de Logo Sabouciré que notre peuple a entamé sa libération de la domination coloniale. Et ce n’est pas un hasard si les pères de l’Indépendance se sont inspirés de la date du 22 septembre 1878 pour proclamer l’avènement de la République du Mali, libre, souveraine et prête à assumer son destin".
Il a ensuite rendu un hommage appuyé au président Modibo Kéita et à ses compagnons pour avoir justement établi le lien historique entre le 22 septembre 1878 et le 22 septembre 1960. "Au regard du parcours héroïque de notre pays, nous avons choisi de placer la commémoration du Cinquantenaire de notre indépendance sous le signe de la mémoire préservée et partagée... Ce devoir de génération s’impose d’autant plus à nous que les luttes de nos héros n’ont pas toujours reçu l’éclairage qu’elles méritent et leur bravoure a été souvent impatiemment restituée ».

DE HAUTS FAITS D’ARMES

« Dans ce sens l’attaque contre Logo Sabouciré, le 22 septembre 1878 est le prélude à un vaste mouvement de résistance symbolisé par des villes et des sites", a relaté le chef de l’État. Il a cité entre autres Goumbako le 11 février 1881 ; Daba le 15 janvier 1883 ; Koundian en 1889 ; Ouelessougou le 25 avril 1890 ; Nioro le 1er janvier 1891 ; Diema le 21 février 1891 ; N’Gorfou Hondo en 1895 ; Sikasso le 1er mai 1898 ; Nankou en 1912 ; Belema, Yangasso en 1913 ; Tominian, Bana, Koro en 1913 ; Koumi Ie 18 mars 1915 ; Anderaboucane en 1916 ; Tabi en 1920. Pour le président de la République, les hauts faits d’armes de nos héros de la résistance restent encore méconnus des Maliens eux-mêmes et surtout des tout jeunes. D’où la nécessité d’inscrire durablement dans notre mémoire collective, des pages à la fois glorieuses et douloureuses de notre histoire. Ces pages, a poursuivi le président Touré, ont été écrites par des grands hommes comme Niamody Sissoko, Mamadou Lamine Dramé, Cheiboun Ag Fondagouma, Bandiougou Diarra, El Hadj Omar Tall, Chérif Hamallah, Firhoun Ag Alinsar, Almamy Samory Touré, Ingoma Ag Mohamed Ahmed, Tièba Traoré, Babemba Traoré.
« Tout Malien, dira le président de la République, est héritier et dépositaire de ce héroïsme dont il doit cultiver le souvenir, perpétuer les vertus et les valeurs. Vous conviendrez aussi avec moi que Logo Sabouciré est une ville d’élection par excellence pour célébrer les résistants maliens. Le Tata est à la fois l’emblème du refus et le symbole de la Liberté". Et le chef de l’Etat de poursuivre : "La conquête coloniale a été ardue, sanglante et tragique, elle a été ponctuée d’actes de bravoure, de refus de toute forme de domination". Il a noté que deux générations d’hommes et de femmes ont conduit cette opposition héroïque : Celle de nos grand-aînés qui, par le feu et le fer, a défendu la liberté et la dignité de nos peuples, au prix du sacrifice suprême, la génération de nos pères qui, après d’âpres batailles syndicales et politiques ont fini par faire aboutir notre volonté de liberté et d’indépendance.

PAS DE VISION PASSEISTE

Amadou Toumani Touré a indiqué aussi que la guerre coloniale au Soudan, a été l’une des plus meurtrières et certainement des plus héroïques de la pénétration coloniale en Afrique. "Nous devons rester fidèles aux vertus et valeurs défendues par ceux qui nous ont laissé en héritage, le sens de l’honneur, le goût de la liberté et l’esprit de sacrifice", a-t-il souligné.
Mais pour le chef de l’État, la célébration de la résistance ne se fait pas dans une vision passéiste.
"Pour nous, il s’agit plutôt de puiser dans ces valeurs de civilisation, les ressources morales nécessaires pour affronter le présent et nous projeter dans l’avenir, celui d’une nation malienne forte de son histoire, sûre de son futur africain et universel. C’est cette commune volonté de résister ensemble qui a permis à notre pays de vivre les dures épreuves et les défis des cinquante dernières années, mais aussi de bâtir nos succès, au cours du demi-siècle que le Mali indépendant vient de vivre", a-t-il ajouté. Auparavant le maire de la commune rurale de Logo, Boniface Bambo Dangnoko, et le président de l’Association pour le développement de Logo Sabouciré, Dadié Yacouba Dagnoko, avaient remercié les hautes autorités pour le choix de Sabouciré pour abriter le lancement du mois du Cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays.
Dadié Yacouba Dagnoko a fait un rappel historique des soubresauts qui ont marqué l’histoire du Khasso jusqu’à la pénétration coloniale avec la bataille de Sabouciré. Il a rendu hommage à la résistance héroïque du roi Niamody Sissoko et du peuple Logo. "Aujourd’hui sur leur terre ancestrale où vivent dans la paix et la concorde les laborieuses populations de la commune rurale de Logo se tiennent prêtes.
La seule bataille qui vaut la peine d’être livrée aujourd’hui, c’est la bataille pour le développement dont les signes avant-coureur sont déjà là, je voudrai parler du chantier de la route de Diamou-Kayes, du projet hydroélectrique de Félou, du redémarrage de la cimenterie de Diamou", a commenté le président de l’Association pour le développement de Logo Sabouciré.
Envoyés spéciaux M. KEITA H. KOUYATE
L’Essor n°16770 du jeudi 2 septembre 2010

 
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