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Inauguration du "Diafarana Kô" : UNE CONTRIBUTION DE TAILLE DANS L’EVOLUTION DE BAMAKO

   

Le lifting en profondeur qu’a subi le collecteur naturel a nécessité de grands travaux. L’ouvrage va contribuer à changer le visage de la capitale.

Un nouveau pas important vient d’être franchi dans l’embellissement et l’assainissement de la capitale. Le collecteur naturel communément appelé "Diafarana Kô" et qui traverse plusieurs quartiers de Bamako est totalement réhabilité. La réalisation prend une signification particulière en ce moment où le pays célèbre le Cinquantenaire de l’Indépendance. Le lifting en profondeur a nécessité de grands travaux. L’ouvrage qui va contribuer à changer le visage de la capitale a été inauguré samedi. La cérémonie était présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré.
L’événement a eu pour cadre la berge de la rive droite du cours d’eau au niveau du pont Richard en Commune III. Plusieurs personnalités étaient présentes, notamment le Premier ministre, Modibo Sidibé et son prédécesseur, Ousmane Issoufi Maïga. L’ancien ministre chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat, Modibo Sylla était également présent à la cérémonie. C’est la preuve que la réalisation est l’œuvre de gouvernements successifs.
Les populations des communes III et IV se sont fortement mobilisées pour l’occasion. Dans son mot de bienvenue, le président de la délégation spéciale de la mairie de la Commune IV (le conseil municipal de cette circonscription du district de Bamako a été dissout il y a quelques mois), Karim Togola a planté le décor du contexte. Il a expliqué que "Diafarana kô" prend sa source dans les rochers à l’ouest de Bamako avant de se jeter dans le fleuve Niger au niveau de l’Ecole normale supérieure (EnSup). Il sert de trait d’union entre les communes III et IV du District.
De son côté, le ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Mme Gakou Salamata Fofana, a rappelé que le développement économique et social de tout pays dépend en premier lieu de la santé physique de ses populations et qu’un cadre de vie assaini constitue un élément essentiel de l’amélioration de la qualité de vie desdites populations. « C’est dire alors logiquement, qu’un cadre de vie malsain demeure un obstacle sérieux à l’épanouissement de l’homme, le moteur et la finalité de ce développement. Car source de maladies chroniques et d’insécurité permanentes surtout dans une grande agglomération à l’instar de la ville de Bamako regroupant à l’heure actuelle plus de 1,8 million d’habitants », a dit le ministre.
Dans une intervention, le chef de l’État a mis l’accent sur l’importance de l’aménagement du collecteur naturel de « Diafarana Kô ». Il a ensuite demandé au gouvernement d’élaborer et de mettre en œuvre un programme d’assainissement et d’embellissement de la ville de Bamako dans le cadre du Projet pour le développement économique et social. En mettant un accent particulier sur les infrastructures de drainage des eaux usées.
Un tel programme ne pouvait mieux démarrer qu’avec l’aménagement du collecteur naturel "le Diafarana kô". Long de 6,8 kilomètres, il traverse 11 quartiers : Samé, El Farako, Niomirambougou, Badialan (I, II, III), Hamdallaye, Ouolofobougou Bolibana, Dravéla Bolibana, Bamako-Coura Bolibana et la cité ministérielle. Ce collecteur naturel était devenu le déversoir des ordures et des eaux usées. Cela avait conduit à sa forte dégradation accentuant du coup les risques d’inondation et de prolifération d’épidémies diverses, voire d’insécurité pour les populations riveraines. C’est pourquoi le gouvernement a élaboré le projet d’aménagement de "Diafarana Kô", comme première phase de mise en œuvre du programme d’assainissement et d’embellissement des infrastructures de drainage de Bamako.
Les travaux portaient sur l’aménagement urbanistique, l’éclairage public et la construction d’un réseau de mini-égouts le long du collecteur. Ils ont été réalisés en 3 phases : la construction du collecteur en maçonnerie de moellon avec son radier en béton, du Lido jusqu’à la banque Ecobank, la construction de 7 passerelles piétonnes pour franchir le collecteur d’une rive à l’autre et la reconstruction du pont de Diafarana, le revêtement en béton bitumeux des deux voies d’accès au pont, sur une longueur de 300 mètres linéaires, équipées de lampadaires et de signalisations appropriées.
En ce qui concerne les abords du collecteur, ils ont été revêtus en dalles locales sur une superficie totale de 348.221 mètres carrés. Ce dallage maçonné est parsemé de 3000 plants d’arbres, d’espèces différentes espacées de 3 à 5 mètres.
Ont été aménagés tout au long du collecteur, 10 placettes de repos équipées de 141 bancs en béton et 71 casiers à déchets.
"Toutes les conditions sont réunies pour permettre aux jeunes de s’éclater et pratiquer le sport dans les conditions idoines", s’est réjoui Amadou Toumani Touré en passant en revue le nombre et la nature des infrastructures sportives construites sur les abords de "Diafarana Kô".
Le parcours comporte un terrain de sport et de jeux dont 8 terrains de football gazonnés, 8 terrains de basket-ball, 1 terrain de volley-ball, 1 autre de pétanque, 1 espace de musculation et 2 aires de jeux pour les enfants. S’y ajoutent une voie piétonne large de 3 mètres, 10 espaces verts dont 7 plateaux absorbant végétalisés, l’éclairage public et un réseau de mini-égouts. En plus, l’emprise du collecteur a été délimitée par une clôture grillagée et aménagée en maçonnerie de moellons ou de briques surmontée par des grilles métalliques.
Le président Touré a beaucoup insisté sur l’entretien et la salubrité du collecteur naturel. La construction du collecteur a été réalisée de juin 2006 à décembre 2008 par le groupement d’entreprises maliennes Eaga/Egeneb pour un coût total de 1,2 milliard de Fcfa. La construction d’ouvrages d’art est l’œuvre de AMC-BTP pour 411,7 millions de Fcfa. L’aménagement urbanistique est signé par l’entreprise chinoise Pont d’or à hauteur de 2 milliards de Fcfa dont 1,6 milliard de Fcfa prélevés sur les ressources de privatisation de la Sotelma.
À ces montants, il faut ajouter les frais d’études et de contrôle évalués à 207,8 millions de Fcfa ainsi que le dédommagement des maraîchers à hauteur de 120 millions de Fcfa. Le contrôle et la surveillance des travaux ont été assurés par le bureau d’études Ingerco sous la supervision de la direction nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Une cérémonie de lâcher de ballons a été le clou de la cérémonie d’inauguration du collecteur naturel, qui marque à coup sûr une étape importante dans l’évolution de la capitale.
Souleymane Doumbia
L’Essor du lundi 6 septembre 2010

 
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