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Démocratie et bonne gouvernance au Mali : LE DIAGNOSTIC EXHAUSTIF DU MAEP

   

Dans son rapport d’évaluation, le mécanisme souligne nos atouts et bonnes pratiques, mais aussi nos faiblesses.

Le rapport d’évaluation du Mali dans le cadre du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) a été officiellement remis hier au chef de l’État. La cérémonie s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako en présence du Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, des présidents des institutions de la République, des représentants du corps diplomatique et de la représentante du panel MAEP, Mme Domitilla Mukantaganzwa. La remise du rapport au président de la République marque une étape importante dans les processus du MAEP dans notre pays. Ce document de 400 pages fait la synthèse d’un diagnostic profond de la gouvernance du Mali dans les domaines de la démocratie et la politique, la gestion économique, la gestion des entreprises, le développement socio-économique. Les travaux ont été menés par la Commission nationale de gouvernance du MAEP forte de 105 membres. Ces experts ont sillonné l’ensemble du pays et questionné plusieurs responsables et personnalités de l’État dont le président de la République, le Premier ministre, des membres du gouvernement. Les conclusions des travaux de la commission nationale de la gouvernance ont été défendues avec brio par le président Touré devant ses pairs à leur 11è forum qui s’est tenu le 30 juin 2009 à Syrte en Libye. "Le projet de rapport, élaboré sous la supervision du panel des éminentes personnalités du MAEP, a été fait avec professionnalisme et dévouement, malgré les conditions de travail rendues parfois difficiles à cause de l’étendue du territoire et de la taille réduite de l’équipe d’experts par rapport à l’immensité de la tâche", a commenté le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, point focal du MAEP. Badara Aliou Macalou notera par ailleurs que le plan d’action national, composante des objectifs et des échéances précises, sera le guide de tous les acteurs, pouvoirs publics, secteur privé, société civile en vue de réaliser une vision commune du développement de notre pays. Une cellule technique, a annoncé le ministre, sera chargée du suivi et de l’évaluation de la mise en oeuvre de ce plan d’action. "Dotée de ressources humaines et matérielles suffisantes, la cellule technique devra donc veiller à ce que le processus soit techniquement viable et transparent, en s’appuyant sur la participation effective de tous les principaux partenaires sociaux", a-t-il souligné.

DENSE ET EXHAUSTIF

La représentante du panel du MAEP a souligné les enjeux et les défis, les forces et les faiblesses de la gouvernance au Mali mentionnés par le présent rapport. "Permettez moi de toucher quelques points saillants du rapport d’évaluation du Mali. Ces points sont relatifs à la pauvreté, au niveau élevé de la corruption, à l’insécurité dans le nord du Mali, au manque de modernisation de l’économie", a énuméré Mme Domitilla Mukantaganzwa. Malgré ces défis, le document note que le Mali, pays de dialogue, est résolument engagé dans la consolidation de la démocratie et du renforcement de la bonne gouvernance, a-t-elle poursuivi. Mme Domitilla Mukantaganzwa a invité l’État à s’investir dans la mise en oeuvre du plan d’action national et encouragé les pouvoirs publics pour tous les efforts entrepris pour faire face aux enjeux de la construction d’une démocratie viable et efficace, fondée sur des valeurs culturelles proprement endogènes. "Le rapport que nous recevons aujourd’hui, est un rapport dense et exhaustif. Il touche à tous les aspects de la gouvernance", a commenté le chef de l’État avant de déclarer que le gouvernement du Mali note, avec satisfaction, que plusieurs constats de la mission d’évaluation pays, recoupent ceux établis par le rapport national d’auto évaluation. Le rapport, selon Amadou Toumani Touré, met en exergue les forces de l’expérience politique malienne qui s’appuie sur nos valeurs culturelles. Il s’agit, entre autres, du dialogue, de la tolérance et la solidarité. "Le document qui nous est présenté est un tout : il souligne nos atouts et bonnes pratiques décelés par le panel, mais aussi nos faiblesses auxquelles il convient de trouver des solutions adéquates, au cours de la mise en oeuvre du plan d’action national", a répété le président Touré avant de promettre que toutes les dispositions seront prises par le gouvernement pour une appropriation et une implication les plus larges possibles dans la mise en oeuvre des recommandations pour l’approfondissement de la démocratie et de la bonne gouvernance au Mali. Le chef de l’État a aussi insisté sur la détermination de notre pays à relever les deux défis de la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance. Toutes choses qui passent nécessairement par la consolidation de la paix dans le nord du pays, par la poursuite de la lutte contre la corruption, la formation de ressources humaines de qualité à travers une école performante et apaisée, a-t-il indiqué. Le président Touré s’est aussi réjoui que le rapport du MAEP ait pris en compte les avancées enregistrées par notre pays en matière de bonne gouvernance et de consolidation de la démocratie. Il jugera, à ce propos, que le rapport du comité d’experts chargé de réfléchir sur la consolidation de la démocratie au Mali, a permis de fixer le cadre général des évolutions souhaitées. De même un comité d’appui aux reformes institutionnelles, mis en place auprès du président de la République, après examen des conclusions, a proposé des projets de textes qui, après leur adoption par l’Assemblée nationale, seront soumis au peuple par référendum. Le chef de l’État avait auparavant salué tous les acteurs qui ont contribué à l’élaboration du rapport du MAEP. Il faut rappeler que le Mali a été le 9è pays à se soumettre aux processus du MAEP le 28 mai 2003. La mission d’évaluation conduite par le Dr Dorothy Njeuma a démarré ses travaux le 9 décembre 2008.
Madiba Keïta
L’Essor n°16776 du mardi 14 septembre 2010

 
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