Fil RSS du site

Abonnez-vous à la lettre d’information de Koulouba
 

   
Contactez la rédaction
ACCUEIL | LE PRESIDENT

fontsizedown
fontsizeup
envoyer l'article par mail title=


BIENNALE DU CINQUANTENAIRE A SIKASSO : Discours du Président de la république

   

Mes Chers Compatriotes ;

Frères Africains,

Hôtes du Mali,

Jeunes de Mon Pays,

Deux ans, presque jour pour jour, après la biennale de Kayes, nous voici réunis à Sikasso pour inaugurer la 22ème édition de ce grand rassemblement de la jeunesse malienne, qui a pris racine dans le calendrier national, depuis la première semaine de la Jeunesse organisée du 24 juin au 1er juillet 1962.

Il est donc heureux et hautement significatif, que la dernière grande festivité de la célébration du Cinquantenaire de notre accession à l’indépendance, soit dédiée à la jeunesse de notre pays et à la culture malienne.

Cette jeunesse et cette culture représentent nos plus sûrs atouts dans la bataille pour le développement socio-économique du Mali et dans l’affirmation de notre identité dans un monde en mutation accélérée.

J’ai eu l’occasion, dans mon adresse à la Nation le 22 septembre dernier, de rappeler combien l’avenir de la jeunesse malienne fut au cœur des préoccupations des « Pères de l’indépendance ». L’Ecole a été toujours considérée comme le creuset pouvant offrir une chance pour tous et une voie pour chacun.

Au lendemain de notre indépendance, l’une des priorités fortement exprimée était de former, de bien former des cadres, dont l’économie nationale avait besoin, aptes à prendre en main le développement du pays, dans tous les secteurs.

Cette préoccupation est demeurée une constante pour notre pays, elle est aujourd’hui d’une brûlante actualité, particulièrement dans le contexte des mutations, que le monde a connues et qui placent la qualité des ressources humaines au cœur du développement.

Me fondant sur cette réalité, je réitère mon appel à tous les acteurs impliqués dans la marche de l’école, enseignants, parents d’élèves, autorités scolaires et universitaires, élèves et étudiants pour que chacun comprenne, que dans le monde concurrentiel où nous vivons, nous n’avons d’autre choix, que de tendre vers l’excellence, en assurant la formation des hommes et des femmes qui se distingueront par leur compétence.

Par ailleurs, le développement de l’emploi d’une manière générale, celui des jeunes en particulier figurent, au nombre des priorités. A ce titre, nous devons mobiliser toutes nos énergies pour le futur.

La Biennale est toujours le lieu privilégié pour exprimer, à travers chants et danses ou pièces de théâtre, vos attentes et vos interrogations sur ces sujets qui vous touchent directement et collectivement.

Elle est aussi l’occasion, d’exalter des valeurs positives, que nous devons aujourd’hui chercher à intégrer, dans nos comportements de tous les jours.

Dans cet ordre d’idée, le respect du bien public, le sens de l’Etat, plus que jamais, apparaissent comme des vertus à fortifier, pour que puissent mûrir à leur contact, les jeunes générations porteuses du devenir de notre peuple.

Jeunes du Mali,

La Biennale, c’est aussi le lieu privilégié de la célébration de la Culture malienne.

Notre culture, plusieurs fois séculaire, a pris racine dans la volonté des Hommes et des Femmes, de créer les moyens de leur survie, de leur existence dans l’environnement, qui était le leur avec sa particularité, son originalité.

Les objets, les instruments, les outils, les représentations de leur vision du monde, de la nature, leurs relations avec les autres êtres vivants, les formes d’organisation sociales, les règles, les mœurs et les comportements ont patiemment constitué un patrimoine cohérent et structuré, un concentré stable de biens et de valeurs culturelles.

C’est pour toutes ces raisons, que l’on considère, à juste titre, la culture d’un peuple comme son âme, la force qui l’anime, le met en mouvement.

En raison de l’extrême importance des biens et des valeurs culturelles, dans la promotion économique et sociale du pays, les préoccupations liées à la préservation, à l’enrichissement, au rayonnement national et international de notre culture, ont animé la réflexion des pouvoirs publics, des gouvernements successifs du Mali indépendant.

Ce courant, malgré les mutations politiques survenues dans le pays, ne s’est jamais estompé.

En 1962, s’est tenue à Bamako, la première semaine nationale de la jeunesse.

En 1970, se déroula à Bamako, la première biennale artistique et culturelle de la Jeunesse.

De 1979 à 1983, furent instituées les biennales sportives tournantes de la Jeunesse à SEGOU – MOPTI et SIKASSO. En 2001 fut organisée à Bamako, la semaine Nationale des Arts et de la Culture.

A partir de 2003, furent organisées les biennales artistiques et culturelles à BAMAKO, SEGOU – KAYES et maintenant à SIKASSO.

Ces manifestations constituent, une des plus belles occasions d’échange, d’émergence de sentiments de fraternité, de cohésion sociale, de stimulation de la créativité culturelle et artistique.

La Région de Sikasso a reçu de celle de Kayes, dans l’enthousiasme, les symboles de ce rendez-vous et a su, de façon remarquable, entretenir la flamme, pour pouvoir offrir à l’ensemble des participants, une hospitalité chaleureuse.

Nul doute, que Sikasso vibrera au rythme de la culture malienne, dans ses nuances et dans sa richesse.

La rencontre des talents culturels, artistiques du pays tout entier, la présence à Sikasso des délégués, de chacune de nos entités administratives, de la communauté malienne vivant à l’extérieur, offriront à la culture malienne, une occasion supplémentaire de se revisiter elle-même, d’exposer ses potentialités, de délivrer son message diversifié.

Jeunes du Mali,

Vous êtes les héritiers de grands empires et royaumes qui se sont succédé sur notre terre natale et nous affirmons, haut et fort, que si la République du Mali a cinquante années d’existence, le Mali est vieux de plusieurs siècles, il a abrité des Etats organisés, dont Ie dynamisme surtout économique, à travers les échanges commerciaux transsahariens, a été un puissant facteur de prospérité, des Etats qui ont su créer des réseaux de relations et de brassage humain, à l’origine d’un humanisme fécond.

Je me réjouis de constater, que de Logo Sabouciré, lieu de mémoire et de résistance à la grande course des pirogues à Mopti, en passant par la symphonie du cinquantenaire, le défilé civil et militaire, le mouvement d’ensemble et le tableau phonique, et plus récemment la course des chameaux à Bourem dans la région de Gao, notre riche patrimoine culturel a imprégné fortement chaque cérémonie et donné à chacune des manifestations un éclat tout particulier.

Nous avons l’obligation de préparer la jeune génération à prendre la juste mesure de ce bel héritage, tout en lui donnant les moyens de l’enrichir et de le préserver.

C’est dans cet esprit, que j’ai engagé, depuis 2002, un vaste programme de construction de salles de spectacles de 1000 places dans nos capitales régionales.

Les salles Miérouba et Tientigiba Danté ont été entièrement réfectionnés à Ségou.

Les nouvelles salles de spectacle : Lamissa Bengaly à Sikasso, Siramory Diabaté à Koulikoro, Massa Makan Diabaté à Kayes, offrent toutes les commodités au monde des arts et du spectacle. Il en sera de même bientôt à Tombouctou, Mopti et Kidal dont les salles sont en construction. Nous mettrons tout en œuvre pour achever les travaux de celle de Gao.

Notre volonté de décentraliser la vie artistique et culturelle va encore plus loin, avec l’édification de salles de spectacles dans les cercles : Barouéli, Koro, Niafunké, Diré, Douentza et Markala en sont déjà dotés.

Les travaux de construction des salles de spectacles de : Macina, Pelengana et Bla dans la région de Ségou sont en voie d’achèvement. Il en de même pour celle Dioïla dans la région de Koulikoro.

Les salles de spectacles de :

- Diema et Kita, dans la région de Kayes,
- Kati dans la région de Koulikoro,
- Kolondieba et Yorosso dans la région de Sikasso,
- Rharous dans la Région de Tombouctou,
- Tessalit dans la région de Kidal,
- Les Communes I et V dans le District de Bamako, seront incessamment en chantier.

A cette politique de maillage du territoire national en espaces de diffusion artistique et culturelle, on peut ajouter :

- La construction de musées régionaux et locaux : Gao, Sikasso, Djenné, Bandiagara,
- La restauration de monuments et sites historiques : mosquées de Sékou Ahmadou, à Hamdallahi, Komoguel à Mopti, Djingareyber à Tombouctou, celle de Djenné, le Palais d’Aguibou TALL à Bandiagara, le Fort de Médine à Kayes.
- La réalisation de nouvelles infrastructures culturelles : le Parc National du Mali, le Jardin du Cinquantenaire, le Monument de Kurukan Fuga dédié à la Charte du Mandé, la Galerie d’exposition à Kayes, le Monument de la résistance à Logo Sabouciré, les monuments Samory et Nankamafili à Sikasso, le Bitonblon à Sékoro (Ségou), l’Alliance Franco- malienne et le Centre d’Architecture en terre de Mopti,
- Le classement de biens maliens sur les listes du patrimoine mondial (matériel et immatériel) de l’UNESCO : le Tombeau des Askia à Gao, le Jaaral à Diafarabé et le Dégal à Dialloubé, la Charte du Mandén, le Sankémon et la réfection septennale de la toiture de la Case sacrée de Kangaba,
- La création de nouvelles Missions Culturelles à Kayes et à Gao,
- La création des Directions Régionales de la Culture.

Dans le cadre de la valorisation du savoir-faire de nos Artisans, un programme de construction de Villages Artisanaux, dans nos capitales régionales a été lancé. Le village artisanal de Ségou, dont les travaux sont entièrement réalisés, sera inauguré dans les prochains jours.

En marge des festivités du cinquantenaire, nous avons posé, en fin octobre, la première pierre du village artisanal de Mopti.

Les chantiers de Bamako et de Sikasso démarreront dans les prochaines semaines.

Mesdames, Messieurs,

Jeunes du Mali,

Sur un tout autre chapitre, ici, à Sikasso, à l’occasion de la Biennale du Cinquantenaire, nos pensées vont, à nouveau, à tous ceux et à toutes celles qui, avec courage et détermination, se sont opposés de toute leur force à la pénétration coloniale, à la domination étrangère.

Les résistants, puisqu’il s’agit d’eux, ayant accepté parfois le sacrifice ultime au nom de la liberté, au nom de l’honneur et de la dignité, méritent notre reconnaissance éternelle, notre respect et notre admiration.

Je rends un vibrant hommage, à ces mémoires immortelles que le temps ne peut délaver.

A la suite des résistants, qui restent pour nous une source inépuisable d’inspiration, je me tourne vers des hommes et des femmes, qui se sont identifiés au destin de notre peuple et qui ont dédié leur combat, à l’émancipation de notre pays.

Depuis lors, que de chemin parcouru, que d’expériences accumulées, que de projets initiés et réalisés, que de sacrifices consentis, que d’épreuves douloureuses ou tragiques endurées, que de divergences exacerbées, contenues ou résorbées.

Mes chers compatriotes,

En 50 ans, les Institutions politico-Administratives qui se sont succédé, en fonction des choix politiques et économiques retenus, ont engagé le peuple du Mali sur de nombreux chantiers de construction nationale. Les résultats obtenus, en raison des objectifs définis, des contraintes du moment, des stratégies mises en œuvre ont varié d’une époque à l’autre.

Chaque séquence s’est appuyée sur les acquis de la précédente. Mais, nous soulignons avec force, que l’acteur principal dans tous les cas, a été le peuple du Mali qui n’a pas manqué, chaque fois que les circonstances l’exigeaient, d’imposer ses choix.

Les résultats enregistrés dans les différents secteurs d’activités, jusqu’à ce jour, sont significatifs. Ils sont à l’actif du peuple du Mali tout entier, qui a toutes les raisons d’en être fier.

Mes chers compatriotes,

Jeunes du Mali,

Ce chemin parcouru par notre pays n’a pas été un long fleuve tranquille ; bien au contraire, il a été jalonné d’épreuves. Mais, le Peuple du Mali n’a jamais arraché une seule page de son histoire ; il a gardé intacte la mémoire de son parcours.

Des Maliennes et des Maliens ont certes enduré des souffrances, porté des deuils, que les circonstances leur ont imposés, mais notre peuple n’a jamais accepté de tourner le dos à l’avenir.

L’appel du destin commun, la vision partagée du futur, au-delà des vicissitudes du passé, l’ont incliné non à s’enfermer dans le ressentiment, mais à agir pour que toutes les filles et tous les fils se rapprochent, pour que les fractures se referment et génèrent des attitudes positives riches de fraternité et de spiritualité.

Puisse la célébration du cinquantenaire de notre accession à la souveraineté, ouvrir de nouvelles avenues, dans cette direction et enraciner encore plus profondément, dans les cœurs et dans les esprits, le pardon et la réconciliation. Mes chers compatriotes,

Il me plaît de vous rappeler, que déjà en 1992, en transmettant la charge, que j’ai assumée pendant la transition, j’avais déclaré à propos de l’évolution politique de notre Pays, je cite : Il faut que la sagesse inspire à notre pays la clémence, et que son peuple se réconcilie définitivement avec lui-même. Mais le pays ne peut pas oublier ceux qui sont morts en combattant pour la liberté et nous ne cesserons jamais de rendre hommage à leur mémoire… Ceci exige légitimement non point qu’ils soient vengés, car l’avenir ne se construit pas sur la vengeance, mais que le droit soit dit. C’est à ce prix que le passé cessera de constituer pour chacun de nous un insupportable fardeau . (fin de citation).

Aujourd’hui, je voudrais demander à notre Peuple et à la Jeunesse de réfléchir, avec nous, à la manière la plus adéquate, d’avancer sur le chemin de la réconciliation nationale.

Mes chers compatriotes,

Jeunes du Mali,

Me tournant vers les populations de la Région de Sikasso, je voudrais saluer leur mobilisation depuis deux ans, pour accueillir leurs frères et sœurs des autres localités du Mali.

Je félicite les différentes associations, regroupant les cadres de la région pour leur engagement, en faveur du succès de la Biennale. Comment passer sous silence, le geste combien symbolique et émouvant des élèves de la région de Sikasso, qui se sont privés volontairement du goûter de la recréation, pour rassembler 11 millions de FCFA, au profit de l’organisation de la Biennale ?

Ce don est le plus sûr gage de la pérennité de ce grand rassemblement des jeunes du Mali.

Bravo mes chers amis, les enfants !

Par ailleurs, je remercie les délégations des pays amis qui ont répondu à l’invitation du Mali, pour assister aux présentes festivités.

Je leur exprime la profonde reconnaissance de l’ensemble du Peuple malien.

Mes chers compatriotes,

Jeunes du Mali,

En guise de conclusion, je voudrais vous offrir cet adage africain qui dit, je cite : « si tu veux aller vite, va seul. Si tu veux aller loin, va avec les autres ». Je vous exhorte, à aller le plus loin possible et ensemble, et surtout ensemble, pour la prospérité et le rayonnement du Mali, notre cher et beau pays ! C’est sur cette invitation, que je déclare ouverte la Biennale du Cinquantenaire à Sikasso et souhaite, une bonne fête à la jeunesse !

Je vous remercie de votre aimable attention !

 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009