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Conférence des chefs d’État de l’UEMOA : DES DECISIONS TRES COURAGEUSES

   

Le gouverneur de la BECEAO a été contraint à la démission et remplacé pour non-respect des consignes du Conseil des ministres de l’Union.

Plusieurs décisions importantes ont sanctionné la 15è session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). La crise politique post-électorale en Côte d’Ivoire a fortement dominé la rencontre de Bamako. Ainsi, à la différence des sommets précédents, la rencontre de Bamako fera certainement date dans l’histoire des institutions de l’Union, au regard des sujets débattus et des décisions courageuses qui ont été prises à l’issue de cette rencontre.
Comme attendu, les chefs d‘État et de gouvernement ont discuté de la crise en Côte d’Ivoire, notamment du sort du gouverneur sortant, Philippe-Henri Dacoury Tabley, qui est « allé au-delà des instructions » du Conseil des ministres, tenu en décembre dernier à Bissau. Les ministres de Finances, sous la direction du président du Conseil de ministres de l’Union, José Mario Vaz, ministre des Finances de la Guinée-Bissau, réunis en session extraordinaire à Bissau avaient décidé d’entériner les décisions de l’Union africaine et de la CEDEAO, reconnaissant respectivement Alassane Dramane Ouattara, comme président légitime élu de la Côte d’Ivoire, à l’issue du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010.
En conséquence, les ministres des Finances des pays membres de l’Union avaient instruit au gouverneur de la BECEAO, de prendre toutes les dispositions utiles pour travailler avec les nouveaux représentants dûment mandatés par le nouveau pouvoir ivoirien. Mais, dans la pratique, cette décision n’a pas été suivie d’effet. Philippe-Henri Dacoury Tabley est tenu pour responsable de la non-application de cette décision. Aussi, a t-il été contraint de rendre sa démission pour non-respect des consignes du Conseil des ministres. Ceci est une première dans l’histoire des institutions de l‘UEMOA.
Ainsi, au terme des travaux, les chefs d’État et de gouvernement ont demandé à Alassane Dramane Ouattara de proposer pour sa prochaine session extraordinaire, une candidature au poste de gouverneur pour achever le mandat pour le compte de la Côte d’Ivoire. Dans l’intervalle, l’intérim sera assuré par le vice gouverneur, le Burkinabé Jean-Baptiste Compaoré.
Tout en sanctionnant cette attitude du gouverneur sortant, les chefs d’État ont tout de même tenu à saluer ses actions à la tête de la BCEAO, depuis sa nomination aux fonctions de gouverneur en 2008. Il faut ajouter que la conférence des chefs d’État de l’Union, avait entériné la reconnaissance d’Alassane Dramane Ouattara, comme président légitime de la République de Côte d’Ivoire. Et demandé à Laurent Gbagbo de respecter les résultats sortis des urnes tout en assurant une passation pacifique du pouvoir. L’objectif recherché par le conseil étant de préserver, dans ce pays d’hospitalité et dans la sous-région, la paix, la sécurité et la stabilité auxquelles les populations aspirent ardemment.
Dans la foulée, les premiers responsables de l’Union ont pris bonne note de la démission d’Abdoulaye Bio-Tchane, de la présidence de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), et de sa candidature à la prochaine élection présidentielle de son pays, le Bénin. Tout en le félicitant pour les résultats obtenus sous sa direction, la conférence a procédé à la nomination de Christian Adovelande, à la tête de l’Institution. Mais, cette décision ne prend effet, qu’à compter de la validation de la candidature de Bio-Tchane par la Cour constitutionnelle béninoise, ont-ils pris précisé. S’agissant du fonctionnement de l’Union, les chefs d’État et de gouvernement ont pris acte de l’expiration des mandats du président et des membres de la Commission. La Conférence a salué le travail remarquable abattu par le président et les commissaires dans le cadre de ces mandats. Elle a félicité le président sortant, notre compatriote Soumaïla Cissé, pour la dynamique qu’il a insufflée au processus d’intégration de l’Union et pour les résultats obtenus par la Commission. Mais, la Conférence a décidé de prolonger le mandat du président et les membres de la commission, jusqu’à sa prochaine session extraordinaire, prévue avant la fin du premier trimestre de cette année à Lomé.
Examinant les conséquences de la crise ivoirienne sur le fonctionnement des organes de l’Union, la conférence s’est félicitée de l’ensemble des décisions prises par le Conseil des ministres. Elle a non seulement entériné ces décisions, mais a lui instruit la prise de toutes les dispositions idoines, pour la poursuite des actions identifiées à cet effet. Les chefs d’État et de gouvernement ont convenu de prendre les mesures appropriées pour préserver les organes et les institutions de l’UEMOA des effets des crises politiques dans les pays membres de l’Union. En outre, ils ont réaffirmé le principe de l’inviolabilité des locaux des organes. À cet égard, ils ont demandé aux autorités légitimes ivoiriennes de veiller à la sécurité des personnes, des biens et des immeubles des organes et des institutions communautaires établis ou représentés en Côte d’Ivoire, ainsi qu’au respect des immunités et privilèges dont ils bénéficient.
La Conférence a demandé au Conseil des ministres et aux organes et aux institutions de l’Union de veiller au bon fonctionnement du système financier et de l’économie régionale.
Par ailleurs, dans l’optique de la construction harmonieuse de l’Union, les chefs d’État et de gouvernement se sont engagés à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour normaliser les circuits d’échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et les autres pays, notamment ceux de l’hinterland et à faciliter aux opérateurs économiques, le cas échéant, le transit des marchandises à partir des ports des pays à façade maritime.
Au terme des travaux, le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui achevait son deuxième mandat successif annuel à la tête de l’Union a passé la main à son homologue togolais, Faure Essozimna Gnassingbé Eyadema.
Le nouveau président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement hérite certes du dossier très compliqué de la Côte d’Ivoire, mais en même temps une Union, qui affiche un relatif optimisme économique avec un taux de croissance de 4,5 % attendu pour cette année 2011 contre 3,11 % en 2009 et en 2010. Mais sommes toutes, un environnement économique mondial, marqué par la relative reprise de l’activité économique mondiale, soutient ce relatif optimisme.
Amadou O. Diallo
L’Essor n°16865 du lundi 24 janvier 2011

 
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