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CEREMONIE DE CELEBRATION DU CINQUANTENAIRE A KIDAL : Discours de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat (Kidal 07 février 2011)

   

Monsieur le Président du Haut Conseil des Collectivités ; Honorable Vice-président de l’Assemblée Nationale ;

Mesdames, Messieurs les Ministres ;

Monsieur le Gouverneur de la Région de Kidal ;

Monsieur le Préfet du Cercle de Kidal ;

Messieurs les Sous-préfets du Cercle de Kidal ;

Honorables Députés ;

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique ;

Excellences, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ;

Madame la Coordinatrice du Système des Nations-Unies au Mali ;

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Africaines et Internationales ;

Monsieur le Maire de Kidal ;

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Le Président de la République, SEM Amadou Toumani TOURE

Monsieur le Président de l’Assemblée Régionale de Kidal ;

Monsieur le Président du Conseil de Cercle de Kidal ;

Mesdames, Messieurs les Conseillers Nationaux et Locaux ;

Notabilités et Légitimités Traditionnelles et Religieuses de Kidal ;

Honorables invités ;

Mesdames, Messieurs ;

Populations de Kidal,

C’est toujours, pour nous, un plaisir renouvelé que de nous retrouver à Kidal. La chaleur de I’accueil, que les populations de l’Adhagh nous ont toujours réservés, rendent inoubliables ces moments que nous passons ensemble.

L’atmosphère festive de cette journée de célébration préjuge du retour de la paix et de la concorde dans l’Adhagh. Cette paix que tous les maliens ont tant désirée et cette concorde qu’ils continuent d’appeler ardemment de tout cœur.

Je voudrais témoigner de notre reconnaissance à tous les Maliens qui y ont contribué, ou qu’ils soient, de la Commission de bons offices, des notables, des militaires ou des fonctionnaires anonymes et des pays amis et frères, notamment l’Algérie et la Libye.

Mesdames, Messieurs,

Si la paix est Ie socle de la stabilité sociale, la sécurité est celui du développement économique et social. Depuis de longues années, nos insuffisances en matière de développement et de gouvernance ont été exploitées par des sources opportunistes et nuisibles.

Profitant de la faiblesse de nos capacités d’investissement et de la précarité de nos économies locales fragilisées par la sécheresse dont nous sortons à peine, elles ont tenté de nous déstabiliser, pour déstructurer notre société, pour nous imposer de nouvelles valeurs qui n’ont jamais été les nôtres.

Vous constatez comme nous, I’absence de nos partenaires au développement expatriés résidant à Kidal. Vous mesurez I’impact négatif de leur absence sur Ie développement local. Vous voyez tous les jours l’image et Ie poids de cette menace qui plane sur votre région et sur notre pays. Cette menace est beaucoup plus dangereuse que les séquelles d’une alternance démocratique au détour d’élections locales.

Mes chers compatriotes de Kidal,

Combien de sang et de larmes ont coulé depuis des décennies !

- Que de douleur, de frustrations et d’injustices résorbées !
- Que de veuves et d’orphelins !
- Que d’espoir déçus !
- Que de retard !
- Que de doutes et d’incertitudes réels ou supposés !

Il faut que cela cesse. Cela ne peut plus continuer ! Arrêtons de nous faire souffrir par notre indifférence sous le couvert de l’impuissance !

Arrêtons de nous voiler la face et revenons à nos valeurs cardinales profondes, qui ont toujours fait la fierté du guerrier touareg, à savoir : l’honneur, la dignité, la bravoure qui est physique et le courage qui est moral. Nous ne pouvons plus accepter que Kidal soit identifié comme une zone d’insécurité et de menaces terroristes, de trafic de drogue et d’êtres humain.

Kidal ne peut et ne doit pas refléter cette image. L’action néfaste de quelques marginaux ne doit en aucune manière salir la saine réputation de toute une région.

L’Adrar des Ifoghas est riche de son patrimoine et de sa culture exceptionnelle incarnés par des « hommes braves » et des « femmes dignes », de sa jeunesse et de son potentiel humain qui occupent une place de choix dans notre communauté nationale. Cette richesse incarnée par la diversité de ses populations (blanches et noires) dans un brassage harmonieux.

La région de Kidal est riche aussi de son potentiel agro-pastoral et surtout de ses ressources minières qui peuvent être source de convoitise. Cependant, au-delà de ces richesses, nous devons être riches de l’essentiel : la PAIX et la SECURITE. Nous devons nous départir du doute du passé en nous ouvrant à un avenir radieux pour notre jeunesse, pour les générations futures.

Mes chers compatriotes,

Tous nos partenaires au développement sont ici présents en grand nombre, car ils aiment cette région magnifique de Kidal et sont prêts à répondre à ses besoins essentiels, à savoir son développement humain et économique. Ils n’attendent cependant que la sécurité.

Ils sont là pour nous soutenir, dans notre lutte contre la pauvreté et la précarité ; encore faut-il que nous nous impliquons aussi. Du reste, un adage du sud ne nous enseigne t-il pas que « l’on ne peut pas raser la tête d’un absent » ? (Quoi de plus évident dira l’autre !).

Les régions du Nord-Mali, dont Kidal, ne pourrons pas se développer sans les populations acteurs et bénéficiaires du bien-être. C’est cela notre ambition pour notre cher pays.

La République et l’Etat ont une position claire et sans équivoque que je vais me faire le devoir de rappeler : « Tous les maliens sont égaux devant la loi, mais aussi devant leurs droits et devoirs…. » « … la vie humaine est sacrée… (Charte du Kouroukan Fuga de 1236).

Mes chers compatriotes de Kidal,

- Compter d’abord, sur nous même. Notre rôle doit se résumer en la défense de la PAIX et de la SECURITE.
- Compter ensuite, sur le Mali car nous allons accroître nos efforts au profit des régions du nord (dont Kidal).
- Compter enfin, sur nos voisins car la lutte contre les menaces transfrontalières qui nous assaillent, nécessite une réponse transfrontalière. (Une vision commune et partagée).

J’insiste encore, s’il était encore besoin, seul le développement peut constituer une réponse appropriée à ces différentes menaces.

Mesdames, Messieurs,

Contre l’insécurité, le terrorisme et l’usage de la violence comme moyen d’expression politique ou comme moyen de production, nous avons toujours dit non !

- Non, parce que nous connaissons les limites de la violence et ses conséquences sur ce tissu social national fraternel qui demeure Ie ciment de notre Nation.
- Non, parce que nous avons fait Ie serment de préserver ce lien.
- Non, parce que sa valeur n’a d’égale que la profondeur du ressentiment de sa perte, et
- Non, parce que nous connaissons et vivons un Islam tolérant, solidaire et respectueux de la vie humaine.

Nous ne doutons pas, un seul instant, que les populations de la région de Kidal, dans leur très grande majorité sont conscientes de ces menaces, comme nous sommes conscients des vulnérabilités de la région de Kidal.

C’est ensemble, dans la stabilité et dans la paix sociale, que nous pourrons relever les défis de la lutte contre la pauvreté et la précarité qui demeurent nos principales priorités pour Ie Mali tout entier.

Je vous exhorte à consacrer toute notre énergie au développement local, rien qu’au développement social et économique.

Agissons de manière, à ne pas nous laisser distraire par d’autres projets, quelle que soit la valeur de la rhétorique et du plaidoyer qui les défendent.

Mesdames, Messieurs,

Pour conforter notre détermination à faire face aux menaces, nous avons créé Ie Programme Spécial pour la Paix, la Sécurité et Ie Développement des régions du Nord du Mali (PSPSON), en juillet dernier.

Ce Programme doit apporter des solutions urgentes aux défis du rétablissement de la Paix et de la Sécurité pour que les actions de développement reprennent sereinement.

Ce Programme est aussi un projet de reconstruction et de relance de l’économie locale.

C’est un vaste chantier d’investissement qui créera des emplois et des richesses locales.

J’exhorte les entreprises du Nord à y participer activement, pour permettre au maximum de jeunes sans emploi de trouver une alternative à la tentation de se livrer à des activités illicites et dangereuses pour eux, pour la communauté et pour leur pays.

Nous voudrions remercier tous ceux qui ont fait Ie déplacement pour cette rencontre du Cinquantenaire de notre pays, de notre accession à la souveraineté nationale.

Un indépendance durement acquise, par des hauts faits d’armes ponctués d’actes de bravoure et de dignité, devant nous amener à demander l’évacuation des bases étrangères du territoire national. L’on se souviendra que Ie dernier soldat de Tessalit a quitté le 08 juillet 1961.

Fort de nos convictions, nous ne regretterons jamais le rôle et les efforts du Mali, singulièrement des régions du nord, pour soutenir les Moudjahidines qui se sont battus pour l’indépendance de l’Algérie.

Pour terminer, mes chers compatriotes,

- Je voudrais : réitérer toute ma satisfaction pour la célébration du Cinquantenaire ici à Kidal ; et souhaite adresser en votre nom à toutes et à tous, ma profonde gratitude :

+ à tous nos amis qui ont fait le déplacement pour cette rencontre,br>
+ et aux partenaires techniques et financiers qui ont toujours bien voulu nous accompagner dans le cadre de nos efforts de développement.

- Je tiens aussi, à saluer très respectueusement les chefs de nos communautés religieuses, nos chefs de fraction et nos élus locaux et nationaux.
- C’est le lieu également, d’adresser mes vives félicitations à notre administration pour son engagement.
- Aux forces armées et de sécurité, j’exprime la reconnaissance de la nation et les invite à plus de vigilance et de rigueur.

Je vous remercie de votre aimable attention !

 
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