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Discours prononcé par Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République au cours de la cérémonie de remise par SEM Le Président de la République d’une Décoration à Monsieur Louis Michel, Député Européen

   

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Le Ministre Secrétaire général de la Présidence de la République, Diango CISSOKO
Photo Présidence de la Républiqe du Mali

Monsieur le Président de la République,

Mesdames, Messieurs,

La Cérémonie qui nous réunit ce matin revêt une signification toute particulière car il s’agit d’un témoignage de reconnaissance à un homme exceptionnel, Monsieur le Député Européen Louis Michel, dont je vais m’efforcer de parler brièvement du riche parcours.

En effet, il est d’usage de rappeler les titres et les mérites de celui qui reçoit une distinction. Tout au long de sa carrière nationale et européenne, Monsieur Louis Michel n’a cessé d’être une figure de proue du Mouvement réformateur, le parti libéral de centre droit francophone belge, dont il a occupé deux fois la présidence, en 1982, à l’âge de 35 ans, et en 1995. II y a défendu avec beaucoup de conviction les notions de liberté et la responsabilité.

Libéral favorable à l’économie sociale de marché, Monsieur Louis Michel a toujours été soucieux d’un Etat impartial et stratège, qui assume avec équité, efficacité et efficience, sa mission de garant de l’intérêt général, et surtout de l’égalité des chances, autrement dit, une puissance publique qui garantit un accès égal aux grands vecteurs du développement individuel et collectif, à savoir la sécurité alimentaire, l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, les infrastructures de transport, la justice et l’administration.

Monsieur le Député Européen,

Vous avez occupé des fonctions parlementaires au niveau national de 1978 à 2004, comme député et comme sénateur. La politique pour vous, c’est nourrir pour la société l’un des rêves les plus beaux des hommes : la liberté qu’aucune frontière n’a jamais pu tuer et qui pousse l’humanité vers la justice et le respect des droits de l’homme.

Vous avez été bourgmestre de Jodoigne de 1983 à 2004. Homme de proximité, municipaliste convaincu, vous avez mis vos éminentes qualités humaines et surtout votre talent au service de vos concitoyens. Seule votre arrivée à la commission européenne vous amènera à quitter cette fonction. Le Roi Albert II ne s’est pas trompé en vous nommant en 1995 Ministre d’Etat, distinction taillée à votre mesure.

De 1999 à 2004, vous avez été Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères de Belgique dans deux gouvernements successifs.

Dans ces fonctions vous avez décidé de remettre l’Afrique sur l’échiquier de la politique belge, européenne et internationale. Rejetant toute attitude frileuse et attentiste, vous avez porté votre pays à l’avant-garde de la diplomatie morale, contribuant ainsi à mettre sur pied le processus de paix en République Démocratique du Congo et poussant à la reconnaissance par la Belgique des crimes commis pendant l’époque coloniale.

Durant le deuxième semestre de 2001, vous étiez à la tête de la diplomatie belge lors de la présidence belge de l’Union européenne.

Cette Présidence organisera la même année un Conseil européen extraordinaire à Bruxelles, afin d’analyser la situation internationale suite aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d’Amérique, et de formuler les réponses appropriées de l’Union européenne, notamment celle du refus de tout amalgame entre le terrorisme et quelque religion que ce soit. Vous avez soutenu à juste raison que tous les êtres humains sont doués d’un minimum de bon sens et de conscience morale et qu’ils doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Sous votre impulsion, la Présidence belge a joué un rôle clé dans la conférence de Durban, la troisième session des Conférences mondiales contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, organisées par l’UNESCO. Avec Marie Robinson, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et Madame Nkosazana Zuma, Ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, vous n’avez ménagé aucun effort pour assurer à ces rencontres un véritable succès pour les Nations Unies, en leur faisant adopter pour la première fois par consensus une Déclaration et un programme d’Action.

C’est sous la Présidence belge de l’UE qu’a été lancé le processus de réforme des institutions et des traités de l’Union Européenne. Jusqu’en 2004, vous avez figuré parmi les 105 membres de la Convention sur l’avenir de l’Europe, chargée de rédiger le Traité établissant une Constitution pour l’Europe.

L’histoire retiendra qu’en 2003, vous vous êtes opposé à la guerre en Irak. Vous avez mis tout en œuvre pour que la gestion de la crise irakienne soit placée dans un cadre multilatéral. Vous étiez convaincu de l’existence d’une autre solution que la guerre. Il s’agit là d’une attitude et d’un comportement à saluer.

Monsieur le Député Européen,

Tout au long de vos fonctions de parlementaire national, de Vice-Premier Ministre et de Ministre des affaires étrangères, vous aurez joué un rôle de médiation inestimable dans de nombreux pays, parmi lesquels le Burundi, le Rwanda, la République Démocratique du Congo, Cuba, l’Ethiopie, le Kenya, le Zimbabwe.

En juillet 2004, le gouvernement belge vous a désigné candidat commissaire européen au sein de la Commission européenne. Vous avez occupé le poste de Commissaire à la Recherche et surtout celui de Commissaire européen en charge du Développement et de l’Aide humanitaire, jusqu’en 2009.

Soucieux d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement, vous avez obtenu une augmentation de plus de 20 milliards d’euros par an et un engagement ferme des Etats membres de l’Union européenne de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement à l’horizon 2015. Vous avez également fait adopter le "consensus européen", véritable doctrine définissant les principes qui visent à assurer une cohérence forte entre les politiques de développement des Etats membres.

Afin d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’aide du premier donateur au monde (l’UE), vous avez fait adopter un code de bonne conduite pour une meilleure division du travail, fondée sur la complémentarité des donateurs.

Vous n’avez jamais cessé d’œuvrer pour instaurer entre les pays en développement et l’Europe des relations d’égal à égal, en droits et en devoirs, qui se respectent et qui font du dialogue la base d’un partenariat concret et mutuellement avantageux. Cette philosophie fondée sur la confiance a été une véritable rupture par rapport aux relations paternalistes du passé.

Vous avez grandement contribué au raffermissement des relations ACP-Union Européenne. Concernant le Mali en particulier, les enveloppes du 9ème et du 10ème FED ont enregistré une progression significative ; ceci a permis, avec l’appui d’autres partenaires au développement, d’accélérer le désenclavement intérieur et extérieur de notre pays et d’approfondir notre processus de décentralisation territoriale.

Monsieur le Député Européen,

Le choix porté sur vous pour co-présider l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-Union Européenne n’a nullement surpris. C’est un témoignage supplémentaire de votre engagement en faveur de l’approfondissement de notre partenariat, du Traité de Rome à l’Accord de Cotonou.

Concernant votre brillant parcours, je suis sûr de n’avoir pas été complet. Cependant, ce que je viens de rappeler a paru suffisant au Président Amadou Toumani TOURE pour vous décerner la distinction qu’il vous remettra dans quelques instants.

Monsieur le Président de la République, Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie de votre aimable attention./.

 
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