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Visite du président Touré au Liberia : UN VIEUX PARTENARIAT à RELANCER

   

Monrovia était jadis un grand centre d’approvisionnement pour nos opérateurs économiques qui en importaient bien des produits.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, était en visite lundi et hier au Liberia à l’invitation de son homologue libérien, Mme Ellen Johnson Sirleaf. Le chef de l’Etat était accompagné des ministres de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Sadio Gassama, de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Mme Niamoto Ba.
A son arrivée lundi, le président Touré avait eu un premier tête à tête avec Mme Ellen Johnson Sirleaf à l’aéroport international de Monrovia. Le second entretien entre les deux chefs d’Etat a eu lieu dans les locaux du ministère des Affaires étrangères. Lors de cette entrevue, ils ont abordé des questions relatives à la relance de la coopération entre les deux pays. Une nécessité d’autant plus forte que Monrovia était jadis un grand centre d’approvisionnement pour nos opérateurs économiques qui en importaient bien de produits.
Le président de la République a ensuite eu une rencontre avec les ambassadeurs africains accrédités dans la capitale libérienne. Avec les diplomates, il a abordé l’état de la démocratisation sur le continent. A ce sujet, il a développé l’expérience malienne en la matière. Il a aussi évoqué avec ses interlocuteurs la situation dans le monde arabe notamment en Lybie. Il a fait part des efforts entrepris par le Comite de paix et de sécurité de l’Union africaine pour parvenir à une solution négociée de la crise dans ce pays. Le chef de l’Etat s’est réjoui des efforts entrepris par le Liberia pour reprendre la main après près de quinze ans de guerre civile.
Première nation d’Afrique à avoir obtenu son indépendance en 1847, le Liberia était entré dans une longue période de prospérité grâce à des concessions offertes à des multinationales étrangères (principalement américaines et allemandes) pour l’exploitation des gisements de minerai de fer du pays. En 1971, William Richard Tolbert junior, vice-président depuis 1951, accéda à la présidence suite à la mort du président Tubman. La politique économique qu’il mena accrut les clivages entre Américano-Libériens et autochtones.
Le 12 avril 1980, le gouvernement de Ture Whig est renversé lors d’un coup d’État conduit par Samuel Kenyon Doe, un autochtone qui prend le pouvoir. Le président William Richard Tolbert est sauvagement assassiné. Doe instaure rapidement une dictature.
En 1989, le National patriotic front of Liberia (NPFL), un groupe de jeunes sous l’autorité de Charles Taylor, s’organise. La révolte gagne rapidement l’ensemble du pays sans rencontrer de résistance sérieuse de la part des forces gouvernementales. Néanmoins, l’avancée est stoppée aux portes de Monrovia. Dans le même temps, les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) décident l’envoi d’une force d’interposition, l’ECOMOG, composée de 4 000 hommes.
En 1990, un désaccord au sein du NPFL conduit Prince Johnson à faire sécession, et à créer l’Independent National Patriotic Front of Liberia (INPFL) avec un millier de dissidents. Le 9 septembre 1990, le président Doe est assassiné par Prince Johnson lors d’une visite aux troupes de l’ECOMOG. Deux ans plus tard, en 1992, le NPLF tente un nouvel assaut sur Monrovia qui se solde par un échec. La situation s’enlise. Des chefs de guerre créent de nouvelles factions dissidentes. Les tentatives de résolution du conflit par la CEDEAO restent vaines.
En 1996, l’ensemble des factions acceptent la tenue d’un vote sous l’égide de la CEDEAO. Le 19 juillet 1997, Charles Taylor est élu président de la République du Libéria avec 75% des voix. La validité de l’élection est mise en doute malgré la présence des nombreux observateurs étrangers dépêchés pour l’occasion par des organisations internationales. En 1998, l’ECOMOG quitte le Libéria.
Après le départ de Charles Taylor en 2003, une transition politique sous contrôle étroit de l’ONU est organisée. Le 23 novembre 2005, après deux tours, Mme Ellen Johnson Sirleaf est déclarée vainqueur de l’élection présidentielle avec 59,4 %, contre 40,6 % pour l’ancien footballeur George Weah. Elle devient ainsi la première femme présidente en Afrique. Elle prête serment le 16 janvier de l’année suivante et entre en fonction.
Les 15 années de guerre civile quasi ininterrompue ont fait près de 250 000 morts et laissé le pays exsangue. Aujourd’hui, il tente de repartir du bon pied.
Le président Touré devait quitter Monrovia pour Freetown où il prendra part aux festivités du cinquantenaire de la Sierra Leone.
Bakary Coulibaly
L’Essor n°16929 du mercredi 27 avril 2011

 
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