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Cinquantenaire de la Sierra Leone : LA RENAISSANCE

   

Le pays a renoué depuis 2002 avec la paix, le président Ernest Bai Koroma a, depuis, jeté les bases d’un nouvel Etat.

Une demi-douzaine de chefs d’Etat, dont le président de la république Amadou Toumani Touré, ont assisté mercredi aux côtés d’Ernest Bai Koroma, leur homologue sierra-léonais, aux festivités marquant le cinquantenaire de l’accession de la Sierra Leone à l’indépendance. La cérémonie s’est déroulée au National stadium de Freetown, la capitale sierra-léonaise que le président Touré avait rallié la veille par un transbordeur après le cérémonial d’accueil à l’aéroport de Loungui en présence du vice-président sierra léonais, Samuel Soumana.
Colonie britannique depuis le début du XIXe siècle, la Sierra Leone, un État d’Afrique occidentale qui compte environ deux millions d’habitants, proclame son indépendance le 27 avril 1961. La Sierra Leone People Party (SLPP) créée en 1951, dirige la marche vers l’indépendance qui s’amorce dans les années 50. C’est au cours d’une rencontre qui se déroule à Londres au printemps 1960 que le Premier ministre de Sierra Leone, le docteur Milton Margaï, et le secrétaire britannique aux colonies, définissent les modalités du transfert des pouvoirs et le montant de l’aide financière que le Royaume-Uni apportera au nouveau pays.
Le 27 avril 1961, l’indépendance de la Sierre Leone est proclamée. Le nouvel Etat demeure cependant au sein du Commonwealth et le 27 septembre 1961, elle devient le centième État admis à l’Organisation des Nations unies (ONU). Malgré la présence d’une opposition, Margaï et le SLPP reçoivent l’appui de la population lors des premières élections postérieures à la proclamation qui se déroulent en 1962. Lorsque Margaï décède, en avril 1964, c’est un membre de son cabinet, son frère Albert, qui lui succédera comme Premier ministre en 1964.
En mars 1967, Siaka Stevens, chef du parti All People’s Congress (APC), remporte les élections, mais son accession au pouvoir est retardée jusqu’en avril 1968 par une série de coups d’État militaires. Le 19 avril 1971, il instaure un régime de parti unique. Il tente alors d’assainir la vie politique, en luttant contre la corruption. Mais il abandonne vite cette voie pour exploiter les mines de diamants au nord du pays.
Le 28 mai 1975, avec 14 autres États, la Sierra Leone fonde la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Siaka Stevens laisse sa place au commandant en chef des armées, Joseph Saidu Momoh, en novembre 1985. Ce dernier est officiellement élu président en janvier 1986. En novembre 1987, Momoh décrète “ l’état d’urgence économique ” et prend des mesures d’austérité draconiennes. Mais l’exploitation des mines de diamants continue toujours de rapporter beaucoup d’argent aux principaux responsables du régime. Une guerre civile éclate en Sierra Leone et sévit de mars 1991 au 18 janvier 2002. Cette guerre a pour principal but le contrôle des zones diamantifères.
Elle cause la mort de 100 000 à 200 000 personnes et le déplacement de plus de 2 millions de personnes (soit le tiers de la population de l’époque). Des atrocités, notamment de nombreuses mutilations, eurent également lieu ainsi que l’emploi massif d’enfants soldats.
Après la guerre, Ahmad Tejan Kabbah revient et est réélu avec 70,6 % des voix en 2003 pour un mandat de cinq. Arrivé aux affaires en 2008, le Dr Ernest Koroma a redonné au Sierra léonais le goût du travail et l’amour de leur pays.
Le pays est actuellement en paix. Les différentes mesures prises par l’ONU sont progressivement réduites, voire supprimées, comme la levée de l’embargo sur les exportations de diamants du sang. La diminution des effectifs de la MINUSIL, les Casques bleus, est également effectuée.
Après un pic de 17 500 hommes en mars 2001, les effectifs sont ramenés à 13 000 en juin 2003 et à 5 000 en octobre 2004.
Cependant, pour des raisons économiques, de nombreux enfants travaillent toujours dans les mines de diamants.
De nombreux Sierra léonais sont venus mercredi au National stadium rendre hommage à leurs dirigeants à travers une grande parade militaire et civile de près de trois heures.
Au cours ce défilé aux allures de carnaval, les éléments de forces armées et de sécurité, les représentants des organisations sociales et politiques ont apprécié à leurs justes mesures les efforts entrepris par Ernest Bai Koroma pour remettre la Sierra Leone sur les rails après près d’une décennie d’une cruelle guerre civile.
Aujourd’hui, Freetown est une ville en pleine expansion, les stigmates de la guerre ont disparu, des immeubles modernes sortent de terre comme par enchantement. De nombreuses entreprises africaines et asiatiques rivalisent d’ardeur pour redonner à ce pays son entrain et son attrait d’antan.
Bakary Coulibaly
L’Essor n°16931 du vendredi 29 avril 2011

 
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