Fil RSS du site

Abonnez-vous à la lettre d’information de Koulouba
 

   
Contactez la rédaction
ACCUEIL | ACTUALITES

fontsizedown
fontsizeup
envoyer l'article par mail title=


Conférence de zone de la JCI : L’ART DÊTRE CHEF

   

C’est décider, c’est à dire déterminer ce qu’il faut faire, trancher, s’imposer et orienter l’action, mais aussi commander, a expliqué le chef de l’Etat à ses auditeurs de la Jeune chambre internationale.

C’est devant plus de 700 jeunes venus d’Afrique et du Moyen Orient et un parterre d’officiels parmi lesquels les membres du gouvernement, que le président de la République, Amadou Toumani Touré, a lancé, mercredi au Centre international de conférences de Bamako, les travaux de la Conférence de zone de la Jeune chambre internationale. Invité à faire un exposé sur le thème du « changement », le chef de l’Etat a préféré choisir le corpus du « chef ou leader », pour entretenir les hôtes de la JCI-Mali.
« Vous m’avez demandé de parler du changement, mais je vous impose un exposé sur le chef. Car la JCI est une école où se façonnent les cadres, les dirigeants et les grands leaders de demain », a expliqué le président Touré. Le « chef », a-t-il défini, « est celui qui décide et qui commande. C’est celui qui transforme la pensée en action et propage cette énergie autour de lui. Etre chef, c’est donc décider, c’est à dire déterminer ce qu’il faut faire, trancher, s’imposer et orienter l’action. C’est aussi commander ».
Le chef parfait n’existe pas, a relevé Amadou Toumani Touré. Car dira-t-il, aucun homme ne rassemble toutes les vertus que requiert un tel art. Ces quinze vertus fondamentales du chef quinze vont, du point de vue du président Touré, de la compétence au tact, en passant par le sens du réel, la foi en la grandeur et la beauté de sa tâche, la maitrise de soi, le désintéressement, la décision et la ténacité, la déférence, la discipline, la dignité, l’esprit de coordination et de compréhension, la cordialité, l’autorité et l’équité.
Le chef de l’Etat a attiré l’attention sur trois vertus que sont la compétence, la force de caractère et le désintéressement pour étayer sa théorie du chef. « La compétence sans autorité, disait Gustave le Bon, est aussi impuissante que l’autorité sans compétence. Plus on s’élève dans la hiérarchie, plus les responsabilités sont nombreuses et plus les compétences nécessaires sont diversifiées. Le temps n’est plus où les vertus, l’emprise morale, le magnétisme du chef constituent le gage unique du succès. Notre époque est celle des équipes pluridisciplinaires. Il est donc normal que le chef soit entouré de subordonnés plus compétents que lui, dans une technique précise », a soutenu Amadou Toumani Touré.
La force de caractère constitue par excellence, l’élément actif du commandement de la gestion d’entreprise ou de responsabilité. Elle exige du chef une foi inébranlable en sa mission, excluant toute forme de scepticisme, a estimé le chef de l’Etat.
Abordant la problématique du désintéressement, ATT a souligné que l’autorité dont le chef est revêtu repose sur la loi : des textes précis fixent les possibilités et les limites de ses exigences professionnelles ainsi que le cadre de son action. « Au delà du président de la République qui doit prononcer un serment avant toute prise de fonction, bien d’autres catégories de chefs ou cadres civils et militaires doivent également sacrifier à cette exigence. C’est ainsi que les élèves officiers prêtent serment à la sortie des écoles de formation, les médecins prêtent le serment d’Hippocrate. Ceci est aussi valable pour les jeunes auditeurs de justice, les membres de certains services économiques et financiers, les gouverneurs de régions, les membres de la CASCA, les membres entrants de la Cour suprême et de la Cour constitutionnelle, le Vérificateur général et son adjoint. La formule d’investiture d’un chef de corps dans l’armée, en donne toute la signification et toute la portée : « De part le président de la République, vous reconnaitrez désormais pour votre chef… et vous lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera pour le bien du service, l’exécution des règlements militaires, l’observation des lois et le succès des armes du Mali », a rappelé Amadou Toumani Touré.
C’est par deux réflexions que le président de la République a tiré les conclusions de son exposé. D’abord, celle du célèbre écrivain français Paul Louis Courier : « Le but d’un chef doit être moins de montrer du courage que d’en inspirer ». Puis, celle de Napoléon Bonaparte qui soutient qu’« on ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d’espérance ». Auparavant, le président de la JCI-Mali, Hamed Salif Camara, avait en guise de bienvenue, souhaité que les trois jours de débats permettent de créer les conditions du renouveau et des changements positifs.
Modibo Naman Traoré
L’Essor N°16940 du vendredi 13 mai 2011

 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009