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16ème réunion annuelle du Groupe Régional Africain de l’Union Internationale des Magistrats : Discours de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat (Bamako, CICB, 20 juin 2011)

   

Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux ;

Excellence Monsieur le Doyen du Corps Diplomatique ;

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Institutions et Organisations Internationales et Africaines accréditées au Mali ;

Madame la Présidente de l’Union Internationale des Magistrats ;

Mesdames et Messieurs les délégués des pays membres de l’Union Internationale des Magistrats ;

Mesdames et Messieurs les membres de la famille judiciaire ;

Honorables invités ;

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais en guise de boutade et propos liminaires, dire que lorsque je quitterai mes fonctions à la fin de mon mandat, je ne regretterai certainement pas, d’avoir été Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, mais j’aurai sans nul doute la nostalgie des réunions du Conseil.

En effet, je ne sais jamais ce qui m’attend car on passe une grande partie du temps à savoir si la réunion qui se tient est « légale ou non » sur la base d’arguments juridiques bien présentés, mais en tout état de cause, ces réunions se sont bien déroulées.

Le plus facile pour moi, c’est l’Armée que je connais le mieux. Je perdrais ma qualité de Premier magistrat, mais je reste Général pour toujours !

Madame la Présidente de l’Union Internationale des Magistrats ;

Monsieur le Président du Groupe Régional Africain ;

Mesdames et Messieurs les délégués ;

Je me réjouis de l’honneur fait au Mali, d’abriter la 16ème Réunion Annuelle du Groupe Régional Africain de l’Union Internationale des Magistrats, la deuxième du genre qui se tient en terre malienne.

Aussi, Je voudrais à la suite du Président du Syndicat Autonome de la Magistrature et du Ministre de la Justice, souhaiter la plus chaleureuse bienvenue, aux responsables de l’Union Internationale des Magistrats et du Groupe Régional Africain.

Madame la Présidente de l’Union Internationale des Magistrats ;

Monsieur le Président du Groupe Régional Africain ;

Mesdames, Messieurs les délégués,

La rencontre de Bamako s’inscrit dans le cadre de vos réunions traditionnelles au cours desquelles, vous débattez de thèmes d’intérêt régional ou même continental.

Les thèmes retenus pour les présentes assises, à savoir : Le rôle du juge dans la consolidation de la démocratie en Afrique et le rôle du juge dans la protection de l’environnement sont des préoccupations cardinales, singulièrement au niveau de notre continent.

Madame la Présidente de l’Union Internationale des Magistrats ;

Monsieur le Président du Groupe Régional Africain ;

Mesdames, Messieurs les délégués,

La Constitution du 25 Février 1992 stipule dans son préambule que « le peuple souverain du Mali s’engage à assurer l’amélioration de la qualité de la vie et la protection de l’environnement ».

Dans son article 15 elle ajoute que Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat.

Pays sahélien aux deux tiers désertiques, la position géographique du Mali explique sa vulnérabilité aux phénomènes de désertification et de changement climatique.

Cette situation est exacerbée par l’action de l’homme, à travers les coupes abusives de bois, les feux de brousse qui font disparaître des centaines de milliers d’ha de forêts chaque année.

Face à cette situation préoccupante, le Mali a élaboré des politiques et stratégies en matière de lutte contre la désertification, et fait figure de pionnier à travers la mise en œuvre de projets et programmes de lutte contre l’ensablement des fleuves et d’aménagement et de gestion durable des forêts.

Outre la signature et la ratification des principales conventions dont la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto, le Mali a abrité du 20 au 25 juin 2010 la 13è Conférence des Ministres Africains de l’Environnement, sanctionnée par la Déclaration de Bamako sur l’environnement au service du développement durable.

A l’issue de cette conférence, le Mali a été désigné comme Porte parole de l’Afrique lors des rendez –vous mondiaux de Nagoya et de Cancun et se prépare à accueillir, le Forum Africain sur le Développement durable en Octobre 2011 ; forum qui s’inscrit dans le cadre de la recherche de solutions, aux problèmes de développement durable en général et celui des changements climatiques, en particulier en Afrique.

C’est dire que le Droit de l’environnement occupera une place de plus en plus importante, dans notre arsenal juridique et la contribution des magistrats et auxiliaires de justice sera déterminante, pour une application rigoureuse des textes en vue du changement de comportement, indispensable à la préservation de notre environnement.

Mesdames, Messieurs les délégués ;

Honorables invités,

En marge de vos travaux, il vous sera donné de visiter Kurukan -Fuga, un haut lieu de notre histoire.

Nous avons toujours insuffisamment interrogé l’histoire, dans le cadre de la construction interne de nos démocraties formelles, notamment la dévolution du pouvoir, l’organisation de la cité et les relations intra africaines dans la résolution de nos problèmes, conflits et stratégies de développement.

C’est dans cette clairière que les souverains du Mandé se réunirent autour de Soundiata KEITA, Empereur du Mali, pour élaborer en 1236, une des premières constitutions connues à travers le monde et que les historiens s’accordent à appeler la Charte de Kurukan -Fuga .

Constitution avant la lettre, la Charte de Kurukan - Fuga codifiait en 44 articles :

-  L’Organisation du Pouvoir, ses limites et ses obligations ;
-  L’Organisation sociale ;
-  La Défense des Droits Humains et des Libertés Publiques ;
-  La protection des activités professionnelles, des personnes et de leurs biens ;
-  La préservation de l’environnement …

Il est admis que les principes énoncés dans cette charte, se retrouvent dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies le 10 Décembre 1948, soit 712 ans après Kurukan – Fuga.

Mesdames, Messieurs les délégués ;

Honorables invités,

La consolidation de tout système démocratique requiert également au-delà des principes, la mise en œuvre des règles de bonne gouvernance et une lutte résolue contre la corruption et la délinquance financière, en d’autres termes, une lutte contre l’impunité.

Outre les services d’inspection et de contrôle de l’Administration d’Etat et de ses démembrements, des innovations telles que les Pôles Economiques et Financiers et le Bureau du Vérificateur Général, Autorité indépendante désignée sur la base d’un appel à candidature pour un mandat de 7 ans, illustrent la volonté ferme et inébranlable des autorités à combattre ces fléaux.

Mesdames, Messieurs les délégués ;

Monsieur le Président du Syndicat Autonome de la Magistrature,

Vous avez rappelé dans votre adresse les objectifs de l’Union Internationale des Magistrats, à savoir la défense et la préservation de l’indépendance de la Magistrature, de l’Ethique et de la Déontologie.

Je voudrais ici, rassurer les plus hautes autorités de l’Union Internationale des Magistrats, de l’effectivité de l’indépendance de la Magistrature, de l’Etat de droit et de la Démocratie au Mali.

Le Peuple Malien s’est battu et a consenti le sacrifice ultime pour que cela soit. Nous sommes attachés à ces valeurs qui fondent notre Démocratie. C’est pourquoi nous les conservons jalousement et nous travaillons chaque jour, à leur consolidation et à leur rayonnement.

C’est dans cette optique que nous avons engagé le vaste chantier des reformes institutionnelles. La Constitution du 25 février 1992 a certes a permis à notre pays de connaître des avancées démocratiques qui lui valent d’être cité en exemple, mais suscite des questionnements légitimes après 20 ans de pratique.

Dans le cadre d’un processus largement participatif, notre démocratie sera davantage revitalisée, d’une part par une rationalisation des institutions et une meilleure articulation dans leurs relations fonctionnelles, d’autre part par le renforcement des Droits et Libertés.

Honorables invités ;

Mesdames, Messieurs,

L’exigence d’une justice crédible est un gage de raffermissement de la démocratie car c’est bien la justice, qui est la gardienne des libertés fondamentales et le recours ultime des citoyens, quelle que soit leur condition sociale.

La plupart de nos pays se caractérisent par une défiance de plus en plus croissante des citoyens vis-à-vis de la justice, même s’il faut éviter de jeter la pierre à tout le système, parce qu’il y a fort heureusement, des juges et auxiliaires de justice qui sont d’ailleurs les plus nombreux et qui exercent leur fonction, dans le respect des règles de l’éthique et de la déontologie.

Je voudrais profiter de la tribune que m’offre cette auguste assemblée, pour en appeler aux organisations syndicales de magistrats et aux corporations des professions juridiques et judiciaires.

Il est de leur devoir, de veiller scrupuleusement au respect des règles d’éthique et de la déontologie et de cultiver ces valeurs sans lesquelles, la paix sociale et les objectifs de développement, seront durablement compromis.

Dans le cadre du Renouveau de l’Action Publique, le Département en charge de la Justice a initié une Charte des valeurs, qui a été signée par tous les acteurs de la famille judiciaire et c’est le lieu de féliciter le Barreau malien, qui s’est résolument engagé dans l’application sans complaisance de ces règles, lorsque des cas de violation grave sont constatés à l’encontre d’un membre du Barreau.

Les magistrats et auxiliaires de justice devront toujours avoir à l’esprit que la décision de justice peut contribuer, soit à garantir la stabilité et la paix sociale où à sauvegarder les principes démocratiques, soit à troubler dangereusement les fondements mêmes de l’Etat.

Madame le Président de l’Union Internationale des Magistrats ;

Monsieur le Président du Groupe Africain ;

Mesdames, Messieurs les délégués,

En souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouverte la16ème réunion annuelle du Groupe Régional Africain de l’Union Internationale des Magistrats.

Je vous remercie de votre très aimable attention !

 
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