Fil RSS du site

Abonnez-vous à la lettre d’information de Koulouba
 

   
Contactez la rédaction
ACCUEIL | ACTUALITES

fontsizedown
fontsizeup
envoyer l'article par mail title=


Le président Touré au musée du Quai Branly : Au-delà de l’exposition…

   

Après avoir mis l’accent sur le nécessaire dialogue des cultures et des civilisations, le chef de l’Etat a abordé la question sécuritaire dans le Sahel, en faisant un vibrant plaidoyer pour la reprise du tourisme

Le président de la Ré­pu­blique, Amadou Toumani Touré a assisté mardi en compagnie de son épouse Mme Touré Lobbo Traoré à l’ouverture officielle de l’exposition sur l’U­nivers Dogon au Musée du Quai Branly à Paris. L’importante délégation qui accompagnait le chef de l’Etat comprenait le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sou­meylou Boubèye Maïga et ses collègues de la Culture, de l’Ar­tisanat et du Tourisme, Ha­mane Niang et Mohamed El Moctar. Le président sortant de la Com­mission de l’UEMOA, Sou­maïla Cissé, les maires de Ba­mako et de Sangha ont également fait le déplacement à Paris.
D’importantes personnalités politiques françaises dont Mme Martine Aubry, maire de Lille et première secrétaire du Parti so­cialiste, l’ancien ministre de la Culture, Jacques Lang, ont assisté à l’évènement.
Dans une intervention remarquée, le président Touré a rendu hommage à l’ancien président français Jacques Chirac, l’initiateur de ce musée dédié au dialogue des cultures et des civilisations. Il a repris un passage du discours de celui-ci à l’inauguration du musée en juin 2006 qui disait : « en montrant qu’il existe d’autres manières d’agir et de penser, d’autres relations entre les êtres, d’autres rapports au monde, le musée du Quai Branly célèbre la luxuriante, fascinante et magnifique variété des œuvres de l’homme. Il proclame qu’aucun peuple, aucune nation, aucune civilisation n’épuise ni ne résume le génie humain. Chaque culture l’enrichit de beauté et de vérité et c’est seulement dans leurs expressions toujours renouvelées que s’entrevoit l’universel qui nous rassemble. »
Amadou Toumani Touré a rappelé une citation du grand hom­me de Culture, Amadou Hampaté Ba né au cœur du Pays dogon à Bandiagara qui disait que « a beauté d’un tapis réside dans la variété de ses couleurs. S’il n’y a que du blanc, ce serait un drap blanc. S’il n’y a que du noir, ce serait un pagne de deuil. C’est l’Univers tout entier qui est notre patrie chacun de nous est une page du grand livre de la nature. Dans la vaste communauté hu­maine lancée à la recherche d’un nouvel équilibre, chaque peuple doit apporter la note de son génie propre afin que tout l’ensemble en soit enrichi. Chacun doit s’ouvrir aux autres tout en restant lui-même ».
Le président Touré a choisi ces regards croisés de deux hommes pétris de culture pour dire que par-delà l’émerveillement devant les formes, nous célébrons une vision du monde, celle qui proclame la complémentarité des cultures et non le choc des civilisations.
C’est le Mali tout entier qui est honoré et c’est l’Afrique qui est mise en lumière. Au demeurant, c’est une obligation morale pour le Hogon (dignitaire Dogon) que je suis d’être présent partout où l’on magnifie la culture dogon. La richesse des œuvres exposées, la force des messages qu’elles véhiculent autorisent à affirmer avec fierté que la culture Dogon est une des contributions majeures du Mali à la civilisation de l’Universel si brillamment célébrée par le poète-président Léopold Sédar Senghor , a dit le chef de l’Etat.

DES FAMILLES ENTIERES LIVREES A L’EXTREME PRE­CARITE

Il a invité toutes celles et tous ceux que cette grande civilisation fascine aux quatre coins du monde à reprendre le chemin du plateau Dogon, à venir à la rencontre des populations de Sangha, Ireli, Bandiagara, Bankass, Koro qui sont gravement affectées par la baisse de la fréquentation touristique. « Le débat sécuritaire a du sens, mais nous ne devons reculer au-delà du seuil de la nécessaire vigilance et des mesures à prendre pour la protection de ceux qui nous font l’amitié de nous rendre visite. En disant cela, je pense naturellement à la décision prise par les autorités françaises d’interdire à leurs ressortissants de se rendre dans de nombreuses régions du Sahel. Nous comprenons la mesure même s’il nous apparaît tout aussi important d’attirer l’attention sur ses conséquences préjudiciables sur les populations du Bassin touristique du Mali : Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal , a indiqué ATT. En dehors des emplois directs générés par le tourisme (guides, emplois hôteliers), c’est l’artisanat qui occupe une main d’œuvre non négligeable. Avec la baisse de la fréquentation touristique, voire son arrêt dans certaines localités, toutes ces filières sont aujourd’hui sinistrées et des familles entières livrées à l’extrême précarité. Ceci est valable pour le Niger, la Mauritanie et même l’Algérie.
C’est justement parce que les menaces, les défis et les contraintes sont les mêmes pour nos pays que nous avons toujours prôné des solutions sous-régionales aux problèmes transfrontaliers . Tout en se réjouissant des avancées réalisées après les réunions d’Alger et de Bamako, notamment sur le plan sécuritaire avec la mise en place d’un Etat-major opérationnel commun à Tamanrasset, il a réitéré encore une fois sa conviction que le tout sécuritaire ne saurait être la seule réponse aux problèmes de la bande sahélo-saharienne.
Leur solution réside dans le binôme sécurité-développement, dans une combinaison intelligente. C’est fort de cette conviction que le Mali a, parallèlement aux stratégies sous-régionales, élaboré une politique nationale de lutte contre le terrorisme et le banditisme transfrontalier articulé autour d’un Programme spécial de développement des régions du Nord du Mali. L’objectif est d’offrir aux populations des régions concernées un horizon d’espoir.
Le président de la République a plaidé en faveur de la reprise des mouvements humains qui ont toujours caractérisé nos relations avec un pays ami comme la France.
La connaissance qu’on peut avoir de l’univers Dogon à travers cette exposition ne dispense pas d’aller voir les Dogons chez eux au Mali. Après tout, si vous n’allez pas aux Dogons, les Dogons viendront à vous ! Cette exposition en est la preuve , a conclu le chef de l’Etat.
Envoyé spécial
Youssouf DOUMBIA
L’Essor n°16983 du jeudi 14 juillet 2011

Coopération culturelle : LES BONNES INTENTIONS DE FREDRIC MITTERRAND
La France est disposée à intensifier sa coopération culturelle avec notre pays. C’est Frédéric Mitterrand, le ministre français de la Culture qui l’annoncé mardi au président de la République, Amadou Toumani Touré au cours d’un déjeuner qu’il a offert au chef de l’Etat à l’entame de son séjour parisien. Frédéric Mitterrand a dit qu’il s’intéresse de près aux activités de création artistique en Afrique et particulièrement dans notre pays. Il a notamment évoqué avec le président Touré les différents succès que notre pays a obtenus sur le plan cinématographique avec les trois grands prix remportés par le cinéma malien au Fespaco de Ouagadougou et au Festival de Cannes, en France. Sur le plan musical, le ministre français de la Culture a dit suivre également les artistes maliens. Par ailleurs, il a promis de venir à Bamako en novembre prochain à l’occasion de la 9è biennale africaine de la photographie. La France est le premier partenaire de cette rencontre que notre pays organise depuis 1996. Il a aussi été question d’éventuels échanges d’expo d’art entre la France et le Mali.
 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009