Fil RSS du site

Abonnez-vous à la lettre d’information de Koulouba
 

   
Contactez la rédaction
ACCUEIL | ACTUALITES

fontsizedown
fontsizeup
envoyer l'article par mail title=


Conférence de Paris sur la Libye : UN MESSAGE FORT DE SOUTIEN A LA TRANSITION

   

La rencontre internationale des amis de la Libye été l’occasion d’asseoir la légitimité du Conseil national de transition tout en l’encourageant sur la voie de la démocratie et de la réconciliation.

La situation en Libye reste toujours instable, mais l’après Mouammar Kadhafi se prépare. La rencontre internationale de soutien à la Libye nouvelle, tenue jeudi dernier à Paris, marquera une étape décisive dans le processus de transition. Cette réunion a regroupé une soixantaine de délégations. Celle du Mali était conduite par le président de la République, Amadou Toumani Touré, invité spécialement par son homologue français, Nicolas Sarkozy. La conférence de Paris, rappelons-le, était coprésidée par le président français, Nicolas Sarkozy (l’initiateur de la rencontre) et le Premier ministre britannique, David Cameron, les deux alliés de première heure des insurgés libyens. Parmi les autres principaux dirigeants présents à la conférence, l’on notera la chancelière allemande, Angela Merkel, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon y participait. Deux symboliques ont marqué la rencontre. Celle-ci s’est déroulée le 1er septembre, date anniversaire de la prise du pouvoir par Mouammar Kadhafi il y a 42 ans. Et puis elle a eu pour cadre le Palais de l’Elysée, le centre du pouvoir français. De la rencontre officiellement intitulée « conférence internationale des amis de la Libye nouvelle », l’on peut retenir trois décisions principales. La première est que les pays participant vont débloquer les avoirs libyens qui avaient été gelés dans leurs banques sur la base de résolutions adoptées par les Nations unies. A ce propos, les annonces de déblocage des fonds se sont chiffrées à 15 milliards de dollars (environ 7 500 milliards de Fcfa). Au total, les fonds placés par le régime libyen dans les banques à l’extérieur sont estimés à plus de 120 milliards de dollars (environ 60 000 milliards de Fcfa). Le Conseil national de transition (CNT), avait évalué avant la rencontre, les besoins urgents d’aide du pays à 5 milliards de dollars (environ 2 500 milliards de Fcfa). L’autre grande décision de la conférence de Paris est que les frappes de l’Otan se poursuivront tant que Mouammar Kadhafi et ses partisans vont constituer une menace pour le pays. En contrepartie, il a été demandé au CNT, l’organe dirigeant de la rébellion qui contrôle désormais la quasi-totalité du territoire, d’engager un processus résolu de transition vers la démocratie et l’Etat de droit, et de travailler dans le sens de la réconciliation nationale, en abandonnant tout esprit de vengeance. L’organe dirigeant de la transition s’est engagé dans ce sens.

LE BASTION DE SYRTE

La rencontre est intervenue alors que Mouammar Kadhafi et ses partisans n’ont pas dit leur dernier mot. Le Guide reste toujours introuvable et la ville de Syrte son fief n’est toujours pas pris par les insurgés. Tout comme Bani Walid. Les forces du nouveau régime libyen avaient donné jusqu’à hier pour engager la bataille de Bani Walid, une ville située à 180 km au sud-est de Tripoli, où se trouverait un des fils de Mouammar Kadhafi, Saadi. Par ailleurs, le CNT promet de faire aboutir le processus de transition dans 20 mois et de déménager de Benghazi à Tripoli dans une semaine. Comme la plupart des sommets de haut niveau, la rencontre de Paris s’est déroulée à huis clos. Les décisions prises ont été par la suite annoncées et commentées par le président français, le Premier ministre britannique, l’émir du Qatar, le secrétaire général de l’ONU, et le chef du Conseil national de transition, Mustafa Abdeljalil. Le président de la République, Amadou Toumani Touré a été l’un des rares chefs d’Etat africains à prendre la parole lors du sommet. Dans sont intervention, le chef de l’Etat, a expliqué la position du Mali par rapport à la situation en Libye. « Le Mali, comme nous l’avons toujours déclaré, est solidaire de la volonté du peuple libyen pour la démocratie, la justice, l’édification d’un Etat de droit et le libre choix de ses dirigeants. Le Mali, soucieux des risques que la situation actuelle fait peser sur la sécurité et la stabilité de toute la région du Sahel, déjà très fragile, est très attaché à l’unité et à l’intégrité de la Libye. Nous estimons que dans la phase nouvelle qui s’ouvre en Libye, la priorité est à la mise en œuvre d’une démarche inclusive qui préserve l’orientation démocratique, appelant de la part de la communauté internationale une solidarité multiforme dans la cohésion et la coordination. C’est cette exigence de solidarité, d’engagement et de vigilance qui justifie notre présence à cette réunion des amis de la Libye », a indiqué le président Touré.

UNE REGION EXTREMEMENT VULNERABLE

Et de poursuivre : « Aujourd’hui, comme hier, notre conviction est que seule une solution politique permettra d’enraciner la Libye dans une transformation démocratique ouverte à toutes ses entités. C’est pourquoi, nous exhortons le Conseil national de transition à exercer la responsabilité historique qui est désormais la sienne avec la volonté et le souci de la réconciliation et du pluralisme afin de reconstruire le tissu national. C’est dans cet esprit que, conformément aux positions que nous avons déjà défendues au sein de l’Union africaine, nous appelons à la formation d’un gouvernement de transition inclusif, à l’élaboration d’un cadre constitutionnel et législatif pour la transformation démocratique de la Libye sur la base d’élections justes, transparentes et crédibles ». Dans cette perspective, le Mali réaffirme sa disponibilité à s’intégrer dans tout dispositif africain et international d’assistance et d’accompagnement. Il s’y engage, d’autant plus que nous partageons avec la Libye une région extrêmement vulnérable à la collusion entre les menaces diverses et terroristes dont les capacités se trouvent objectivement renforcées par l’intense prolifération d’armes, menaçant ainsi gravement la stabilité de nos Etats ainsi que la paix et la sécurité dans l’ensemble du Sahel ». Toujours devant les autres dirigeants de la soixantaine de pays participant, le président de la République, a souligné que le Mali est et demeure un ami de la Libye et est prêt à travailler avec l’ensemble de la communauté internationale à la stabilisation et à la consolidation de la Libye, conformément aux aspirations de son peuple à la démocratie, à la justice, aux droits de l’homme et aux relations fraternelles avec tous les autres peuples. En concluant son intervention, le chef de l’Etat a précisé que la sécurité et la protection des Africains qui ont choisi de demeurer en Libye et y travaillent pour subvenir à leurs besoins, doit être assurée. Amadou Toumani Touré a donné davantage de précisions sur la position du Mali par rapport au dossier libyen dans un entretien accordé à la presse nationale qui l’accompagnait à Paris (voir article ci-dessous).
Envoyé spécial
Salim TOGOLA
L’Essor n°du lundi 5 septembre 2011

 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009