Fil RSS du site

Abonnez-vous à la lettre d’information de Koulouba
 

   
Contactez la rédaction
ACCUEIL | LE PRESIDENT

fontsizedown
fontsizeup
envoyer l'article par mail title=


Intervention de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République, Chef de l’Etat à l’occasion de la « Cérémonie de Sortie de la 41ème Promotion de l’Ecole des Forces Armées de Zambakro de Côte d’Ivoire » (Zambakro, 08 septembre 2011)

   

 ​        Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, mon Cher Aîné ;

Monsieur le Premier Ministre ;

Mesdames, Messieurs les Ministres ;

Honorables Députés à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ;

Monsieur le Président du Conseil Economique et Social ;

Monsieur le Médiateur de la République ;

Madame le Grand Chancelier des Ordres Nationaux ;

Monsieur le Chef d’Etat Major Général des Armées ;

Messieurs les Chefs d’Etat-major et Directeurs des Services ;

Monsieur le Directeur de l’Ecole des Forces Armées de Zambakro ;

Monsieur le Directeur des Ecoles Militaires du Mali ;

Distingués invités ;

Mesdames, Messieurs ;

Mes Très Chers Filleuls,

Je voudrais adresser, mes sincères remerciements, au Président Alassane Dramane OUATTARA, pour son invitation et pour l’accueil chaleureux et fraternel, qui vient de nous être réservés. C’est la preuve, s’il en était besoin, que nous sommes ici chez nous et au milieu des nôtres.   En jetant un coup d’œil rapide à la tribune officielle, je n’ai vu que des visages amis et le sourire fraternel d’hommes et de femmes que je connais depuis de longues années.   En portant son choix sur ma personne, comme parrain de cette « 41ème promotion, l’Ecole des Forces Armées de Zambakro » prolonge la longue liste des événements, qui permettent aux Ivoiriens et Maliens, de célébrer leur fraternité et les liens multiples qui unissent nos deux Peuples.   L’Histoire du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), illustre à merveille cette communauté de destins. Est-il besoin de rappeler que ce grand parti africain est né le 18 octobre 1946, sur les bords du Djoliba, au Pays de Mamadou KONATE, en portant à sa tête un Illustre fils de Côte d’Ivoire en la personne du Président Félix Houphouët-Boigny ?

Monsieur le Président de la République,

  Cette cérémonie est pour moi, l’occasion de vous saluer et de vous dire au nom de l’ensemble des Maliennes et des Maliens, pour la grande confiance manifestée en leur endroit : au plus fort de la crise que le peuple frère de Côte d’Ivoire a traversée, vous aviez décidé, de venir nous confier à Bamako, notre chère maman Hadja Nabintou CISSE, dont nous gardons un souvenir ému et affectueux. Je m’incline pieusement devant sa mémoire.   Vous ne ferez aucun geste plus grand en direction des Maliens que celui-là !   Je tiens à vous exprimer, de vive voix, notre totale disponibilité et notre soutien sans réserve à la politique de réconciliation nationale que vous conduisez avec clairvoyance et détermination.   Le Peuple ivoirien a très durement souffert des effets d’une longue crise politico-militaire, qui a aussi sérieusement affecté le Mali au plan humain, social et économique. La Paix en Côte d’Ivoire était une forte attente des Ivoiriens ; elle est aujourd’hui un grand espoir pour le Mali et les Maliens.

Monsieur le Président de la République,

  Me tournant maintenant vers mes filleuls, je veux leur dire combien ma joie est grande d’être le Parrain de cette « 41ème promotion de l’Ecole des Forces Armées de Zambakro ». C’est un honneur que je partage avec le Mali tout entier, l’armée Malienne en tête.   J’adresse mes vives félicitations à la Direction de l’Ecole pour les efforts fournis, au cours de ces deux années de formation, avec une mention spéciale, pour les Instructeurs civils et militaires qui ont assuré l’encadrement des jeunes officiers.

  Mes Très Chers Filleuls,

 

En tant qu’officiers, vous rentrez dans un ordre, un ordre viril par excellence, ordre de chefs, qui exige quatre sens principaux que sont :

 
- Sens de la Responsabilité,
- Sens de l’Honneur,
- Sens de la Qualité,
- Sens de la Force.

La Responsabilité : « chaque sentinelle, je la veux responsable de tout le territoire national ». Vous ne pourrez assurer l’autorité sans responsabilité. Vous ne pourrez user de l’autorité sans tenir compte du droit d’autrui à la responsabilité :

  • responsabilité vis-à-vis de la communauté ;  

• responsabilité non seulement des choses qu’on a sous sa garde, des êtres confiés, de la mission à accomplir, mais aussi et pour commencer de soi-même.

  C’est là que notre responsabilité rejoint la liberté, la vraie, la seule qui soit viable et constructive. Et vous ne prendrez pas de responsabilité sans risque.

  Être responsable, c’est aussi être prêt à assumer des risques de degré variable, en y incluant le degré suprême, celui de la mort, tout en ayant un amour passionnée, viril, de la vie. Le sens de la Responsabilité qui fonde un certain mépris de la mort vient en même temps que le mesurer et le qualifier.

  L’Honneur : c’est un sentiment, né avec l’homme, indépendant des temps, des lieux et même des religions. L’honneur, c’est la conscience exaltée.

  C’est le respect de soi-même et de la beauté, de la vie portée jusqu’à la pure élévation et jusqu’à la passion la plus ardente ; toujours et partout il maintient dans toute sa beauté la dignité personnelle de l’homme.

  C’est un engagement personnel qu’à la fleur de l’âge, vous contractez, envers vous-même, ici dans l’enceinte de l’école, face au Drapeau, emblème de la patrie, face au Président de la République, Chef Suprême des Armées. La qualité : elle ressort à l’ordre viril. La qualité, c’est la hauteur, sœur de la grandeur.

La Force : Le chef est celui qui sert le mieux sa troupe parce que qu’il possède de forces. Il s’agit de posséder et de nourrir en soi un sentiment robuste de la vie  ; de ce sentiment découle naturellement l’horreur du négatif, du destructif. Force du corps, force d’esprit, force d’âme.     • Force du corps, l’aptitude, la force acquise et maintenue, la résistance au sommeil, à la fatigue, à l’énervement, aux privations ; la solidité, source de courage et origine de la gaité.

 

• Force d’esprit, qui alliera à l’intelligence d’étreindre la réalité corps à corps, pour lui arracher ses secrets. Cette intelligence de la situation vous est d’autant nécessaire que nous sommes dans un monde plus complexe aux réalités instables et aux conséquences transnationales.  

• Force d’âme surtout, et enfin par-dessus tout, tout est toujours d’abord à l’intérieur de l’âme, c’est la maîtrise de soi-même, la possession de soi-même.

  C’est se tenir en main, au physique, au moral, à l’intellectuel, ne jamais se départir de la patience, de l’égalité d’humeur ; qu’une part sereine et inattaquable de soi survole les autres parts.   Pour quel usage cette force d’homme, cette force d’officier ?

  Pour vous-même, pour votre personne, afin d’être capables de maintenir à travers tout ce qui pourra, afin de SERVIR en COMMANDANT.  

Vous êtes entrés dans l’armée pour y servir votre pays en commandant des hommes. Servir et commander, tout est là !  

- Servir, acte volontaire et conscient de toute personne qui se donne totalement et librement à un idéal qui le transcende.
- Servir, se révéler, se dépasser, se grandir en s’identifiant à cet idéal ;
- Servir, c’est notre ambition, c’est notre gloire quoi qu’il en coûte.
- Servir, c’est choisir une voie vers notre finalité d’homme.  

- Commander est la vocation de l’officier, la vocation et pas l’apanage, car commander est le devoir et non la prérogative de toute personne responsable de l’autorité qui lui est confiée pour une mission déterminée ;
- Commander, c’est détenir la puissance de décider, d’ordonner et de mener des hommes à l’action.
- Commander, c’est essentiellement conduire des hommes, être responsable de vos hommes, devant eux, devant vos chefs et en définitive, devant Dieu.

  Seul, a alors le droit de commander celui qui donne l’exemple, dans l’enthousiasme. « Il faut dans toute œuvre autre chose que la volonté de vouloir réussir, il faut la foi enthousiaste, car rien de grand, ni de beau, ni de durable, ne se fait sans une étincelle permanente d’enthousiasme ».   Messieurs les Officiers de la « Promotion Général Amadou Toumani TOURE », soyez ces hommes véritables, ces hommes à l’âme de nos pères des indépendances, passionnés de votre idéal, obéissant à son service et prêts aux sacrifices pour la défendre.   Chevaliers de jadis, Officiers d’aujourd’hui, gardez toujours en émoi, vos âmes de chevaliers et bon vent au service de vos pays respectifs et de l’Afrique !

Monsieur le Président de la République,

 

Avec votre aimable autorisation, je voudrais m’adresser à mes frères d’armes de Côte d’ivoire, mes cadets, et leur prodiguer mes encouragements, en cette phase cruciale de la marche du Pays.  

Le Président de la République et les Autorités politiques de Côte d’Ivoire, ont lancé le vaste projet de la reconstruction des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire.

 

Ce Chantier doit bénéficier de votre collaboration franche et loyale, au service du pouvoir politique. L’ambition pour la Côte d’Ivoire, comme pour l’ensemble de nos Pays, est de bâtir l’Armée de nos Besoins, plutôt que de conserver l’Armée de nos Habitudes.

  L’enjeu, c’est de nous doter d’outils de défense et de sécurité mieux préparés, à préserver l’intégrité de nos Pays, ainsi que la Forme Républicaine de l’Etat, dans la Démocratie.  

Je sais la qualité des hommes et des femmes qui servent en vos seins et ne doute pas un seul instant de votre capacité à vous inscrire dans ce processus de mutations.

 

Monsieur le Président de la République ;

Mesdames, messieurs,

  Je vous remercie de votre aimable attention !

 

 
© Equipe de Développement du Site de Koulouba - 2009