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Bassin du fleuve Niger : LE DEFI DE LA GESTION SOLIDAIRE

   

Avec une superficie d’environ 2,1 millions de km2, il constitue un espace commun dont dépend la survie de plus de 100 millions d’habitants des neuf pays riverains.

L’inégale répartition du fleuve Niger (le Mali, le Niger et le Nigeria à eux seuls regroupent 82% du cours du fleuve), l’importante croissance démographique, les conditions climatiques souvent extrêmes et les effets du changement climatique induisent une très forte interdépendance entre les Etats. Ces défis rendent nécessaire une gestion commune afin d’assurer une utilisation raisonnable et équitable de la ressource. La concertation, la coopération et l’intégration en sont les trois principes essentiels. Ils exigent des relations diplomatiques stables et la réalisation de projets communs. C’est cet esprit de solidarité qui a conduit en 1980 à la création de l’Autorité du bassin du fleuve Niger (ABN) dont le siège est à Niamey. Malgré des avancées notables enregistrées par cette institution sous régionale en matière de promotion de l’accès du plus grand nombre de nos populations à l’eau, la gestion concertée des ressources en eau demeure un défi pour nos Etats. Le Forum de Bamako dont le thème est « Solidarité pour l’eau dans les pays du bassin du Niger », tente de répondre à cette problématique. La cérémonie d’ouverture des travaux du Forum était présidée hier par le président de la République, Amadou Toumani Touré. L’événement s’est déroulé au Centre international de conférences de Bamako (CICB) en présence du président en exercice du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ABN, le Tchadien Idriss Deby Itno. Etaient également présents les présidents burkinabè, Blaise Compaoré et nigérien, Mahamadou Issoufou. On y notait aussi la présence de plusieurs personnalités dont Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA), Henri de Raincourt, le ministre français chargé de la Coopération, Michel Camdessus, représentant de la Fondation Chirac et Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau (CME). Le Premier ministre Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, des membres du gouvernement, dont le ministre de l’Energie et de l’Eau, Habib Ouane, les autorités administratives et locales du District ont également pris part à la cérémonie.

UN ENJEU MAJEUR

Plus d’un millier de participants venus de la sous région prennent part à cette rencontre sur la gestion des ressources hydriques dans le bassin du fleuve Niger qui, avec une superficie d’environ 2,1 millions de km2, constitue un espace commun dont dépend la survie de plus de 100 millions d’habitants issus des neuf pays riverains : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Guinée Conakry, le Mali, le Niger, le Tchad et le Nigeria. Initié avec la Fondation Chirac en collaboration avec l’ABN, le Forum de Bamako ouvre un précieux espace à nos Etats pour coordonner leurs points de vue en matière de gestion concertée des ressources hydriques et cela dans la perspective du Forum mondial sur l’eau prévu du 12 au 17 mars 2012 à Marseille, en France. Durant deux jours, les panels se pencheront sur des thématiques aussi diverses que variées. « Les défis et perspectives en matière de gestion du Bassin du Niger et la ratification de la Convention des Nations unies de 1977 sur les cours d’eau internationaux » ; « les ressources en eau : menaces climatiques, concentrations urbaines et besoins alimentaires » ; « Quelles dispositions législatives faut-il proposer aux parlements nationaux pour que le droit à l’eau des Nations unies devienne effectif dans chacun des Etats du bassin du Niger ? » ; « L’eau et l’assainissement : qualité et sécurité alimentaire » sont autant des sujets qui seront débattus par le forum. La rencontre discutera également du droit international, notamment la Charte de l’eau du Bassin du Niger, examinera les voies et moyens de financer le secteur de l’eau et de l’assainissement. Les participants tenteront de définir les meilleures stratégies de coopération décentralisée avant de faire des propositions pour le 6è Forum mondial de Marseille en mars prochain. Dans son adresse, le président du Conseil mondial l’eau a salué une rencontre qui constitue un événement important pour parler d’une ressource non moins importante qu’est l’eau. L’eau n’a jamais été aussi sollicitée dans le monde ces dernières années. Le continent africain prend part activement à cette demande à cause de la forte croissance démographique. Aujourd’hui, la nature s’épuise et nous devons y prendre garde, a averti Loïc Fauchon. L’accès à l’eau constitue, juge-t-il, un enjeu majeur qui requiert toutes les énergies dans un contexte de solidarité entre les peuples. « L’eau est vitale pour le développement. La santé, la paix et la sécurité y sont liées. Il est inconcevable que l’accès à l’eau soit mis au second rang des priorités du monde. Nous aimerions certes que les gens aient le téléphone à l’oreille, mais aussi du robinet chez eux. Il est temps de développer ce qu’il convient d’appeler l’hydrodiplomatie. Si l’eau est attaquée, nous devons la défendre », a préconisé Loïc Fauchon.

UN POTENTIEL ENORME

Le représentant de la Fondation Chirac, Michel Camdessus, et le ministre français en charge de la coopération, Henri de Raincourt, ont tour à tour rendu hommage à l’ABN pour ses efforts en matière de promotion de l’accès à l’eau. L’accès à l’eau, ont-il souligné, appelle en évidence à une vision partagée. Les deux personnalités ont assuré de la disponibilité du gouvernement français et de la Fondation Chirac à accompagner nos Etats en vue d’une gestion solidaire des ressources hydriques du bassin du Niger. Pour le président en exercice du Sommet des chefs d’Etat du bassin du Niger, Idriss Deby Itno, Bamako devra servir de tournant pour l’ABN. De sa création à nos, jours, dira t-il, l’institution a enregistré des avancées notables : le renforcement du cadre institutionnel et de la coopération entre les Etats ; l’élaboration du plan d’actions pour le développement durable ; l’adoption de la charte de l’eau ; l’élaboration du programme commun. La mise en œuvre de ce canevas d’actions de 639 projets d’intérêts communs pour un budget de 600 milliards de Fcfa repartis en 4 plans quinquennaux traduit la volonté de nos Etats d’aller de l’avant. Le président tchadien a profité de l’occasion pour lancer un cri d’alarme en faveur du lac Tchad qui, en moins de 50 ans, a perdu plus de 90% de sa superficie, passant de 25000 à 2500 Km2. Le Forum de Bamako porte sur un sujet aux résonances particulières pour chacun de nos Etats et dont les enjeux n’échappent à personne, a souligné le président Amadou Toumani Touré. Notre pays dispose de 330.000 km2 du bassin. Ce qui constitue un potentiel énorme pour l’économie nationale, mais aussi et surtout pour les populations riveraines. « Il est le creuset de multiples activités socio-économiques qui sont pour la plupart liées à la disponibilité et à l’état des ressources naturelles. Ce fleuve est le trait d’union qui relie sept de nos régions administratives. Il conditionne la vie de plusieurs millions de nos populations en tant que source d’alimentation en eau potable et pour l’agriculture, l’élevage et la pêche. Le bassin est un espoir pour la réalisation d’importantes infrastructures hydroélectriques, à savoir Sélingué, Taoussa au Mali, Kandadji au Niger et Kandji et Djerba au Nigéria. Pour tout dire, le bassin représente l’épine dorsale pour notre pays et pour la sous-région, tant par la diversité des activités socioéconomiques qui s’y développent que par leurs poids dans nos économies », a analysé le chef de l’Etat. Le président Touré n’a pas occulté les effets corrosifs dont est victime le fleuve Niger. Une situation qui résulte de la destruction des pâturages, la perte des terres agricoles, la réduction des zones halieutiques, l’ensablement des chenaux d’alimentation des lacs et mares, des villages et hameaux, a énuméré ATT. Le Forum, a-t-il souligné, offre une grande opportunité aux pays du Bassin du fleuve Niger et à leurs partenaires de se concerter et d’examiner de manière exhaustive les questions cruciales qui se posent en matières de ressources en eau et de proposer des idées novatrices pour des actions dans le futur.
Lassine Diarra
L’Essor du mardi 18 octobre 2011

 
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