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Tourisme à Tombouctou : TOUT N’EST PAS PERDU

   

Malgré la psychose sécuritaire après l’enlèvement de trois Occidentaux et le meurtre d’un autre, des groupes de touristes se sont rendus la semaine dernière dans la « Cité mystérieuse ». Et d’autres visiteurs sont annoncés.

Depuis 2008, le tourisme bat de l’aile dans notre pays. En effet, le secteur subi de plein fouet la décision des autorités françaises d’interdire à leurs ressortissants de séjourner dans certaines parties du Sahel. Cette décision a eu un effet d’entraînement sur les autres pays européens gros émetteurs de touristes. Conséquence, depuis pratiquement 4 ans, les recettes touristiques ont brutalement chuté. Dégringolant de 115,5 milliards de Fcfa en 2008 à 72,4 milliards en 2010. Tout comme le nombre d’arrivées dans les hôtels qui a aussi enregistré une baisse importante sur la même période : de 234.490 clients à 205.124. Mais le pire était à venir. En effet, le pays a enregistré coup sur coup en novembre, des actes de violences qui ont fortement terni son image en matière de sécurité : l’enlèvement de deux Français à Hombori et le meurtre de l’Allemand Martin Eugen, suivi du rapt de trois de ses compagnons à Tombouctou. Tout cela en l’espace de quelques jours. Or, le secteur touristique fait vivre aujourd’hui (partiellement ou totalement) de 30 à 40 % de notre population. Qui s’y attaque, s’attaque à tout le pays. Tombouctou, ville mythique et donc destination touristique de premier plan, est fortement affectée par la situation.
Depuis l’assassinat du touriste allemand et l’enlèvement de 3 Occidentaux, la « Cité des 333 saints » est dans la « zone rouge vif » pour ne pas dire la « zone noire ».
Pratiquement toutes les réservations sur la ville pour 2012 ont été annulées. L’on imagine facilement les conséquences sur les professionnels du secteur qui fait vivre directement ou indirectement plus de 60% de la population de la ville. Les hôtels sont vides. Ils sont parasités par de nouveaux « locataires » : margouillats, cafards, salamandres et autres espèces. Un petit tour dans les établissements hôteliers fait découvrir une véritable scène de désolation. Mais peut-être que tout n’est pas perdu pour le secteur. La ville continue d’attirer des touristes qui bravent les menaces sécuritaires. C’est ainsi que différents groupes de visiteurs s’y sont rendus pour les fêtes de fin d’année. Le 30 décembre, un groupe de 14 Japonais y a débarqué. Leur voyage était organisé par l’agence Elkunti de Harber Kounta. Tout s’est bien passé et ils ont regagné Bamako en début de semaine avant de rentrer dans leur pays.
Les touristes que nous avons rencontrés sur place ont fait part de leur satisfaction pour leur séjour. Ils ont gardé un bon souvenir particulièrement de leur randonnée à dos de chameau dans les alentours de la ville. Il faut préciser que le groupe a fait le voyage aller et retour par la route. Harber Elkunti annonce l’arrivée d’autres Japonais dans les semaines à venir. Le groupe de Japonais logeait dans le même hôtel que deux Américaines. Celles-ci étaient guidées par le jeune Mohamed Ag Mohamed Ahmed de l’agence Maliymas (qui veut dire Mali et plus en espagnol).
Elles aussi ont assuré que leur séjour s’était bien passé. Dans un autre établissement hôtelier, l’hôtel Hendri Khan, un groupe de 6 Grecs avait pris ses quartiers. Ceux-ci se sont promenés en ville sans guide même la nuit. Des Britanniques étaient également attendus hier. Autre bonne nouvelle : l’arrivée d’un couple sud-africain qui avait acheté une maison sur place lors d’un premier séjour.
Le contexte difficile a amené un nouveau réflexe chez les Tombouctiens. Ils sont beaucoup plus chaleureux avec les touristes qui viennent en qui ils voient des amis. Ils leurs portent donc une attention particulière et veillent sur eux. En même temps, les forces armées et de sécurité multiplient les patrouilles à l’intérieur et à l’extérieur de la ville.
C’est dire que l’Etat et les populations conjuguent leurs efforts pour que la cité légendaire reste une ville de paix, de tolérance, d’amour de l’autres. Du coup, l’espoir est permis.
Moulaye Sayah (AMAP - Tombouctou)
L’Essor n°17099 du jeudi 5 janvier 2012

 
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