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Situation au Nord : L’ARMEE MAINTIENT LA PRESSION

   

Après les attaques contre Ménaka, Aguel-Hoc et Tessalit, les forces armées et de sécurité sont dans une dynamique offensive.

Le week-end a été relativement calme dans le Nord après les attaques de Ménaka, d’Aguel’hoc et de Tessalit dans les régions de Gao et de Kidal. Après avoir vigoureusement riposté suite à l’attaque de Ménaka (Réf L’Essor du 18 janvier), les forces armées et de sécurité occupent le terrain.
Un communiqué du ministère de la Défense et des Anciens combattants en date du 19 janvier portait « à la connaissance de l’opinion nationale et internationale de l’attaque des localités de Aguel’hoc et de Tessalit (Région de Kidal), dans la matinée du 18 janvier 2012 par des assaillants comprenant des militaires rentrés de Libye, auxquels se sont joints d’autres éléments se faisant connaître sous l’appellation de Mouvement national de libération de l’Azawad ».
« Suite à la réaction vigoureuse de nos forces armées et de sécurité, les assaillants ont été repoussés et ont subi de lourdes pertes. Le bilan se présente comme suit. A Aguel’hoc, les assaillants ont enregistré 35 morts, de nombreux blessés et véhicules détruits.A Tessalit, ils ont perdu 10 hommes et plusieurs de leurs véhicules ont été détruits. Les Forces armées et de sécurité déplorent à Aguel’hoc un mort et sept blessés,à Tessalit un mort et trois blessés ».
Le texte concluait que « le ministre de la Défense et des Anciens combattants présente, au nom du président de la République, chef suprême des armées et au nom des forces armées et de sécurité, ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et souhaite prompt rétablissement aux blessés », et informait que « la localité de Ménaka est sous le contrôle des Forces armées et de sécurité ».
Les attaques ont été revendiquées par « le Mouvement national pour la libération de l’Azawad ». Une source militaire indique que les assaillants sont dirigés comme en 2006, par le colonel déserteur M’Bam Ag Moussa plus connu sous le nom de « Bamoussa ». L’officier déserteur est appuyé par des hommes en armes rentrés de Libye et installés à Zakak, une localité située à environ 40 km de la frontière avec l’Algérie. Une délégation parlementaire avait rencontré les représentants de ce groupe radical en octobre passé.

UN MILITAIRE DE VALEUR

Depuis, toutes les garnisons du Nord étaient sur le qui-vive, surtout celles de Kidal. Désormais, la ville de Ménaka est sous le contrôle de l’armée. Les opérations sont menées sous la direction du colonel Didier Dackouo, commandant de la zone de défense N°1 de Gao. L’homme est connu pour avoir géré plusieurs situations difficiles dont celles de Tinézé (cercle de Tin-Essako) et de Tinzawatène, du temps où sévissait l’éternel rebelle, Ibrahim Ag Bahanga mort il y a quelques mois. « L’officier Dackouo est un militaire de valeur. Sa présence sur le terrain requinque le morale des soldats », confie un de ses subalternes qui avait sauté sur une mine à Tinzawatène, mais qui en a rechapé.
Les opérations sont coordonnées depuis la ville de Gao où le chef d’Etat-major général des armées, le général Gabriel Poudiougou a pris ses quartiers.
Retour sur les événements de la semaine dernière. Le lendemain de l’attaque de Ménaka, les crépitements des Kalachnikov et des armes lourds ont interrompu le sommeil des habitants de Aguel-hoc entre 4 heures et 5 heures du matin. Aguel’hoc est le chef-lieu de la commune du même nom dans le cercle de Tessalit (Région de Kidal). La localité est sise à environ 150 km de Kidal entre les villes de Tessalit et Kidal. C’est ici que les combats ont été les plus violents. Ils ont duré toute la matinée avec quelques moments de répits.
Contrairement à Ménaka, les hélicoptères de combat n’ont pas eu à intervenir. « Mais nos troupes au sol se sont bien défendus. Dans tous les cas, on les attendait de pied ferme », assure un officier.
Un civil ayant pu gagner la ville de Kidal par des moyens de fortune témoigne que les assaillants ont tenté d’assiéger la garnison d’Aguel’hoc en détruisant quatre bâtiments. « J’ai vu des scènes terrifiantes. Les assaillants ont réussi à prendre la fuite en emportant leurs blessés », dit-il.
« C’est à Aguel-Hoc que les combats ont été très violents à tel point qu’une maison s’est écroulé sur ses occupants (des civils terrés chez eux) sous le fracas des armes lourdes. Nous vivons ici dans la peur », ajoute un agent d’une collectivité locale.
Dans leur furie, les assaillants ont détruit les installations des deux réseaux de téléphonie mobile (Sotelma-Malitel et Orange).
Dans la nuit du jeudi à vendredi, l’État-major des forces armés avait envoyé des dizaines de véhicules de combats, des engins blindés, des minutions pour appuyer les troupes déjà basées à Aguel’hoc.
« C’était une mission, certes difficile, mais pas impossible. Pour l’Armée, il n’y a pas de barrière infranchissable. Et quand on confie une mission à un militaire, il ne doit pas pour échouer. Le colonel Mohamed Abdrahmane Ould Meydou tout comme les autres sur le terrain n’a pas été choisi au hasard », a commenté un haut gradé. Précisons que le colonel Mohamed Abdrahmane Ould Meydou est le commandant de la zone de défense N°6.
Trois heures après l’attaque d’Aguel’hoc, c’était le tour de la ville voisine de Tessalit d’être la cible des assaillants. Vers 8 heures, ils sont entrés dans la localité. Un groupe a aussitôt investi la mosquée de la petite ville, jadis tranquille pour demander à ses habitants à l’aide d’un mégaphone de rester chez eux, car « le MNLA va libérer bientôt l’Azawad ».
« Ensuite, ils ont commencé à tirer un peu partout dans la ville. Des habitants ont pris leur courage à deux mains pour leur dire qu’il n’y a que des civils ici. Allez vers les militaires de l’autre côté de la ville. C’est quand ils ont tenté de se diriger vers le camp militaire situé à 7 kilomètres de la ville que leur convoi a essuyé des tirs nourris venant du camp », rapporte une source civile. Bilan : une dizaine de morts, 4 véhicules détruits dont deux calcinés et deux autres abandonnés et plusieurs blessés du côté des agresseurs. Les militaires ont pu rattraper certains vivant tandis que d’autres se fondus dans la population civile.

EN ETAT D’ALERTE MAXIMUM

L’on retiendra surtout de l’épisode la mort du colonel déserteur Assalat Ag Habbi qui était à la tête des assaillants. L’information a été confirmée par un officier de l’Armée. En outre, les forces armées et de sécurité ont fait neuf autres prisonniers dont deux officiers (un « colonel » et un « capitaine »).
Quand la mort de ce « colonel » déserteur a fait le tour de la Région, les assaillants ont à leur tour fait courir le bruit qu’ils ont tué le colonel Mohamed Abdrahmane Ould Meydou dans une embuscade entre Aguel’hoc et Kidal. Une manipulation a fait long feu avec l’apparition du colonel au côté du chef d’Etat-major général des armées à la télévision nationale, samedi au journal télévisé de 20 heures. « Me voici vivant devant vous, je ne suis ni mort ni blessé », a dit en substance l’officier non sans humour.
Par ailleurs, dans la ville de Kidal, les forces armées et sécurité sont en état d’alerte maximum. L’armée a conduit tous les véhicules de type 4x4 au commissariat de police et ou gouvernorat. La population est dans la psychose. Même si le calme est revenu dans les trois localités attaquées.
Le cercle d’Ansongo, vu sa proximité avec Ménaka, est sous haute surveillance. Les engins blindés et les militaires sont visibles partout sur le terrain. La population qui avait été prise de panique après les attaques contre Ménaka, Aguel’hoc et Tessalit, vaque normalement à ses occupations tout en respectant les consignes données par les forces armées et de sécurité.
A Tessit, une localité dans le cercle d’Ansongo, les assaillants avaient même eu l’audace de hisser le drapeau du « Mouvement national de libération de l’Azawad, un peu partout dans la ville. Mais ce drapeau n’a flotté que pendant quelques instants. Certains notables, dans un élan patriotique, ont pris tout leur courage à deux mains pour le descendre. L’attaque de Tessit a été de fait un échec cuisant pour les assaillants qui avaient sous-estimé la capacité de riposte de l’armée.
A Gao où le chef d’Etat-major général des armées s’est installé, c’est le calme. Gabriel Poudiougou gère la situation en liaison avec le commandement sur le terrain. La situation est sous contrôle. La population mène normalement ses activités. Pour preuve, les différents trafics et autres échanges de Gao vers l’intérieur du pays et même l’extérieur s’opèrent sans accrocs pendant la journée.
Gao ville respire sa vivacité de toujours (commerce florissant et populations grouillantes). Le tournoi des dunes de la Fédération malienne de basketball a drainé du monde. Il s’est déroulé du 20 au 22 janvier au stade municipal Kassé Keïta et dans celui de la place de l’Indépendance. Y ont participé, les équipes dames de Mopti et Gao. La Région de Kidal était absente pour les raisons que l’on sait…
A. DIARRA, S. K. HAIDARA, M. B. CISSE
AMAP-Kidal, Ansongo et Gao
L’Essor n°17110 du lundi 23 janvier 2012

 
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