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Rencontre ATT-femmes des militaires des camps de Kati et Bamako : A QUESTIONS DIRECTES ET MEME BRUTALES, REPONSES SANS FARD

   

Le chef de l’Etat a invité nos compatriotes à éviter le piège tendu par les bandits armés, celui de désinformer pour mettre à mal l’unité nationale.

Les femmes des militaires des camps de Kati et Bamako ont organisé des marches suite à des rumeurs venant du Nord du pays où nos militaires sont en train de se battre contre des bandits armés. Les rumeurs ont pris de l’ampleur suite à l’attaque de la ville de Aguelhok où l’armée a subi des pertes humaines et en équipements. Jeudi, les marcheuses ont été reçues pendant plus d’une heure (en deux temps, voir l’Essor du 3 février) par le président de la République au palais de Koulouba. Amadou Toumani Touré avait promis de les recevoir, toutes, le lendemain pour discuter de tous leurs sujets de préoccupations. Vendredi, le chef de l’Etat a respecté sa promesse et échangé pendant deux heures avec une quarantaine de ces femmes. Nombre d’entre elles ont ainsi pris la parole pour expliquer la raison de leur colère. Il n’y avait pas de sujets tabous. Elles ont dénoncé le manque d’informations sur la situation au Nord, le sous-équipement de nos combattants, la pénurie de leurs dotations en nourriture. Les femmes ont également fait cas de rumeurs qui circulent en ville, notamment une supposée collaboration du chef de l’Etat avec la hiérarchie des bandits armés ou celle prétendant qu’il aurait eu un contact téléphonique avec des assaillants qui ont attaqué Aguelhok. Les militaires doivent-ils être à court de munitions sur le front ? Pourquoi ne peut-on leur donner l’ordre de tirer sur les ennemis ? Pourquoi les hélicoptères de combat ne peuvent-ils intervenir sur le champ de bataille ? Pourquoi Amadou Toumani Touré ne peut mettre fin définitivement au conflit du Nord ? A-t-il partie liée avec les bandits armés. Leur a-t-il donné de l’argent ? Ce sont entre autres questions posées au président de la République par les femmes des militaires. En réponse, le chef de l’Etat a d’abord tenu à saluer la mémoire de nos soldats qui ont perdu la vie lors des récentes attaques au nord et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Amadou Toumani Touré indique avoir souhaité rencontrer les femmes des militaires, afin que chacune dise ce qu’elle a à dire et que la vérité soit connue de tous sur les faits qui se sont déroulés au nord. Le président Touré s’est dit vexé d’entendre certaines rumeurs fallacieuses et fantaisistes savamment orchestrées par des individus qui en veulent en sa personne et à la nation toute entière. « Nos militaires, explique-t-il, n’ont pas été au nord dans un premier temps pour faire la guerre, mais pour ravitailler nos éléments qui sont à Tinzawaten. Après, certains individus se sont attaqués à nos villes comme Ménaka, Tessalit et Aguelhok ». La bataille de Aguelhok, indique-t-il, était dure. C’est pourquoi, une patrouille a été appelée au renfort depuis Gao. Elle était dirigée par le colonel major Ould Meydou accompagné de ses hommes. Cette patrouille a été malheureusement attaquée en cours de route par des bandits armés qui ont détruit des équipements. Ce qui a retardé sa progression pendant trois jours. « Nos éléments appelés en renfort n’ont pas pu entrer à Aguelhoc où les éléments d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), un groupe d’ex combattants venus de Libye et un groupe de déserteurs de notre armée étaient bien positionnés. Les combats ont été durs et nous avons perdu des hommes et des équipements ont été détruits », a raconté le président Touré. Amadou Toumani Touré a assuré que des équipements ont été bel et bien fournis à nos combattants et leurs dotations en nourriture assurées. « Les éléments qui sont montés au front ont eu droit à une PGA (prime générale d’alimentation) spéciale pour trois mois. Depuis que les attaques ont repris au Nord, l’Etat dépense environ 500 millions de Fcfa par mois dans nos forces armées et de sécurité. Nous ne pouvons pas lésiner sur les moyens avec la sécurité. C’est normal de vérifier si tout s’est bien passé comme prévu. S’il y a des fautifs, il y aura des sanctions. Mais il faut dire que la guerre, ce n’est pas seulement les armes et les munitions, c’est aussi la volonté », a-t-il souligné. Le chef de l’Etat a démenti avoir contacté les bandits armés, à fortiori leur donner de l’argent ou même être « leur chef ». « Je suis chef de l’Etat et je ne peux être chef de rebelle. Si je le suis, la guerre est finie à l’instant. Ce ne sont que des mensonges et j’en suis très touché. Ces mensonges visent ma personne et l’unité de notre pays », a-t-il déclaré. Il a invité nos compatriotes à éviter le piège tendu par les bandits armés, celui de désinformer pour mettre à mal l’unité nationale. « Il y a beaucoup de rumeurs, si on ne fait pas attention, on va entrer dans le jeu de ceux qui ont attaqué le Mali et qui veulent nous opposer. Mais ils ne réussiront pas à nous opposer. Le Mali, notre chère patrie, est un et indivisible. Personne ne peut prendre un mètre carré de notre territoire. Certains ont même dit que ATT a fait tout ça pour rester au pouvoir, c’est faux. On est en train de préparer les élections et un nouveau président sera bientôt élu », a assuré le président de la République. Le chef de l’Etat a été ferme : s’il faut faire la guerre pour ramener la paix, on le fera sans détour. Et pour cela des moyens adéquats et suffisants seront donnés à nos forces armées et de sécurité. Il a toutefois appelé, une fois de plus, à ne pas faire d’amalgame car tous les Touaregs, Arabes ou Tamasheq ne sont pas des bandits armés ni des ennemis du Mali. « Après la signature du Pacte national en 1991, nous avons intégré plus de 3600 ex combattants de la rébellion dans l’armée régulière. Aujourd’hui, c’est une centaine d’entre eux qui ont fui, mais les autres sont restés et ils se battent pour défendre l’intégrité territoriale. C’est pourquoi j’insiste qu’il ne faut pas faire d’amalgame pour éviter le jeu de ceux qui ont pris les armes contre notre pays », a réitéré le président Touré. Le président de la République a annoncé que les militaires qui sont rentrés de Aguelhok, une trentaine environ, ont tous été promus à un grade. Il a aussi promis d’aider les familles des victimes comme cela été fait par le passé.
Madiba Keïta
L’Essor du lundi 6 février 2012

 
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