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Le président Touré à Triennale de l’ADEA : L’EDUCATION ET LA FORMATION, LEVIERS DU DEVELOPPEMENT DURABLE

   

Ouagadougou réfléchit à la conception d’un système d’éducation et de formation adapté à la production du capital humain dont l’Afrique a besoin pour son développement.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a pris part hier à Ouagadougou à l’ouverture de la réunion triennale 2012 sur l’éducation organisée dans la capitale du Burkina Faso par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et le gouvernement burkinabè. Les travaux se sont déroulés au Centre des banquets Ouaga 2000 sous la présidence du chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, en présence des présidents Amadou Toumani Touré, Mahamadou Issoufou du Niger et Alassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire. Les présidents Paul Kagamé du Rwanda et Thomas Yayi Boni du Benin se sont fait représenter Cette réunion internationale est une tentative ambitieuse de transformer les systèmes d’éducation et de formation en Afrique afin qu’ils deviennent des leviers puissants de production du capital humain dont l’Afrique a besoin, a expliqué à l’ouverture des travaux, notre compatriote Mme Lala Aïcha Ben Barka, la vice-présidente de l’UNESCO pour l’Afrique. La rencontre réunit par conséquent un large éventail de décideurs, d’acteurs, d’experts et de parties prenantes du secteur de l’éducation ainsi que d’autres secteurs du développement comme l’alphabétisation fonctionnelle et la formation professionnelle dont les ministres de tutelle pour notre pays, Salikou Sanogo et Modibo Kadiogué, avaient fait le déplacement de Ouagadougou. Les participants débattront jusqu’au 17 février des meilleures manières de « promouvoir les connaissances, les compétences et les qualifications critiques pour le développement durable de l’Afrique ». Ils plancheront aussi sur la conception d’un système d’éducation et de formation mieux adapté aux besoins de développement de l’Afrique comme a su le faire la Corée du Sud dont le ministre de l’éducation participe à cette rencontre. Il y a deux ans, les ministres africains de l’éducation et de la formation, leurs partenaires extérieurs au développement et les parties prenantes de l’éducation en Afrique, dans leur quête d’amélioration de la qualité, de la pertinence et de l’efficacité des systèmes d’éducation et de formation sur le continent, ont considéré qu’il s’agissait là d’une question essentielle. Pour Mme Lala Aïcha Ben Barka, le thème de la Triennale est riche d’enjeux et les défis sont énormes. De son point de vue, « l’éducation est la voie du salut pour l’Afrique. Elle est le socle permettant de réaliser la vision de l’Union africaine d’une Afrique pacifique, prospère, dirigée par sa population pour occuper la place qui lui revient dans la communauté mondiale et l’économie de la connaissance ». Aussi il réconfortant de constater que la part des budgets nationaux accordée à ce secteur a progressé de l’ordre de 6 % tout comme s’est accru le nombre d’enfants scolarisés sur le continent. Mais derrière ces statistiques trompeuses se cache une triste réalité : l’éducation est encore loin d’être un facteur de développement du continent. L’ADEA est chargée d’apporter des réponses aux questions soulevées par cette situation. C’est pourquoi, elle a rassemblé à Ouagadougou les expériences pays et organisé des consultations avec les principales parties prenantes, notamment la jeunesse, le secteur privé et la société civile. Les résultats de ces travaux – ainsi que les leçons tirées, les forums organisés sur le développement des compétences techniques et professionnelles, l’éducation pour la paix et le développement des livres – ont été synthétisés et seront présentés lors de la Triennale de Ouagadougou. Mais d’ores et déjà, tous les orateurs qui se sont succédé hier à la tribune à commencer par l’hôte de la rencontre, le président Blaise Compaoré, le vice ministre kenyan de l’éducation, son homologue sud coréen ainsi que la société civile africaine présente au sommet ont souligné une identique nécessité : celle de créer une masse critique de capital humain incluant des citoyens capables d’impulser les changements sociaux, culturels et politiques nécessaires au développement durable de l’Afrique, des travailleurs possédant les compétences permettant d’améliorer la productivité du travail et de stimuler la croissance économique, des hommes et des femmes hautement qualifiés qui contribueront à la production de connaissances scientifiques et d’innovations technologiques et au développement de sociétés de la connaissance compétitives au niveau international. Le président Amadou Toumani Touré a pris en exemple les manuscrits de Tombouctou et les prestigieuses universités que la Cité des 333 saints a connues pour expliquer le rôle du savoir en tant que déterminant du développement durable. Certains participants ont déploré le peu d’intérêt accordé par les décideurs africains à l’éducation non-formelle qui se contente de moins de 1% des budgets alloués à l’éducation. Les conclusions des recherches de l’ADEA sur ces différents aspects de l’éducation, seront présentées devant plus de 600 participants. Parmi ceux-ci figurent des chefs d’État africains, des ministres de l’éducation et de la formation et leurs proches collaborateurs, de hauts fonctionnaires de ministères d’autres secteurs – comme le travail, le développement rural, l’industrie et les finances – ainsi que des représentants de la jeunesse, du secteur privé, de la société civile et de la diaspora. Des représentants d’agences de coopération et de développement bilatérales et multilatérales et d’organisations et d’ONG internationales sont également présents. L’ADEA fera également des recommandations sur les réformes à entreprendre et sur les changements de paradigme à opérer. En rassemblant un large éventail d’acteurs et de parties prenantes du développement, l’ADEA entend engager les décideurs au plus haut niveau à ouvrir la voie des réformes qui devront être mises en oeuvre pour transformer les systèmes d’éducation et de formation afin qu’ils deviennent des instruments efficaces de formation du capital humain dont l’Afrique a besoin.
Envoyé spécial
Bakary COULIBALY
L’Essor du mardi 14 février 2012

 
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