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Nord : NOUVELLES MANŒUVRES DE DIVERSION DES ASSAILLANTS

   

En attaquant les localités de Youwarou et de Hombori, les bandits armés poursuivent leur logique de fuite en avant.

Les bandits armés qui ont lancé des attaques contre différentes localités du nord de notre pays depuis le 17 janvier, se sont faits à nouveau signaler le week-end. C’est Youwarou, le chef-lieu du cercle du même nom (Région de Mopti), qui a été leur cible dans la nuit du vendredi à samedi. Heureusement, il n’y a pas eu de perte en vie humaine. Seulement des dégâts matériels et une psychose générale dans la petite localité. Des contacts joints sur place font état d’archives des services administratifs détruits, du poste de la gendarmerie saccagé, des réseaux de téléphonie mobile mis hors de service L’information a été confirmée par un militaire en poste à Gao, où est basé le commandement opérationnel. Un confrère d’une radio communautaire proche de la localité a relevé que les assaillants se sont repliés, une heure de temps après l’attaque et que les populations ne s’attendaient à de tels actes. « A ce que je sache, Mopti ne fait pas partie du territoire de Azawad dont le MNLA réclame l’indépendance », relève-t-il avec ironie. Quelques heures plus tard (samedi), c’était le tour de Hombori d’être attaquée aux environs de 19 heures 45. Cette localité relevant de la région de Mopti se trouve géographiquement situé entre Douentza et Gossi. « Malgré le temps brumeux de cette journée de samedi, aucun signe ne présageait une telle attaque gratuite », assure une source. Les assaillants seraient arrivés à bord de quatre véhicules Toyota de type 4x4. La première cible a été le poste de douane où les bandits, certains habillés en tenue militaire et d’autres en tenue civile ont mis à sac le poste en emportant argent, armes et munitions. Après le poste de douane, deux autres se sont dirigés vers la brigade de gendarmerie de la localité. Ils trouvèrent sur place le maréchal de logis chef K. D. qui était de service. Les assaillants vont alors saccager la brigade sous l’œil impuissant de MDL-chef, qu’ils tenaient en respect avec leurs armes. Là aussi, ils ont emporté tout l’armement, avant de réclamer le véhicule du poste de gendarmerie. Le gendarme leur aurait dit que la clé du véhicule est gardée par le chef du village. « Qu’à cela ne tienne ! Montrez-nous le domicile du chef de village ! », ont-ils ordonné. Le pandore ne pouvait que s’exécuter. C’est alors qu’il les a conduits chez l’octogénaire Moussa Balobo Maïga. Le vieux Maïga a expliqué aux agresseurs qu’il ne pouvait aucunement détenir la clé du véhicule de la gendarmerie. C’est au moment où il protestait de sa bonne foi qu’il aurait été froidement abattu par les bandits. L’on peut dire que son seul tort aura été d’être simplement le chef de village. Saisie de la situation, la hiérarchie militaire a dépêché le commandant de l’unité méhariste de Gossi avec à sa tête le capitaine Modibo Koné. Contacté hier sur place, le capitaine a assuré que la situation est maitrisée et que cette manœuvre de diversion ne peut aucunement démoraliser les troupes. De son côté, le gouverneur de la Région de Gao, le général Mamadou Adama Diallo a invité la population à ne pas tomber dans le piège des assaillants, qui consiste à opposer les fils du pays. Pour le gouverneur, il serait souhaitable de constituer une force autonome qui s’occupera de la partie sud de Gao, c’est-à-dire le Gourma. « Cette force aura pour mission de gérer les quelques cas de banditisme perpétrés sur l’autre rive du fleuve », estime-t-il en précisant que cette opération ne freinera pas la volonté de réconciliation déjà enclenchée par les pouvoirs publics. Toujours, selon le chef de l’exécutif régional, le maire d’Intillit (Région de Kidal) et sa fraction qui s’étaient réfugiés au Burkina Faso sont de retour. Le gouverneur a invité tous nos compatriotes à ne pas céder aux sirènes de la division et de la stigmatisation, à l’amalgame. Et de toujours collaborer avec les forces armées et de sécurité. Le commandant de brigade de Hombori qui avait été donné pour mort est bel et bien vivant. Le capitaine Modibo Koné et ses hommes veillent au grain. Plus au nord, dans le nord-est de la Région de Kidal, le convoi de ravitaillement pour le camp de Tessalit a finalement pu entrer dans la localité, malgré les manœuvres désespérées des bandits qui avaient concentré toutes leurs forces dans la zone (voir L’Essor du 17 février). « Le convoi est arrivé à bon port après des combats durs avec les assaillants. Nous sommes maintenant en train de sécuriser le secteur », indique un responsable militaire basé à Gao qui prédit que les jours à venir seront très durs pour les assaillants.
Envoyé spécial
S. KONATE

 
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