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Les participants du Forum de Bamako à Koulouba : LE NORD-MALI EN PREMIERE LIGNE

   

Amadou Toumani Touré a réitéré sa conviction que notre pays seul ne peut rien contre la crise que traverse la bande sahélo-saharienne. Ce mal est transfrontalier. Et la solution ne peut être que transfrontalière.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a reçu samedi les conclusions de la 12è édition du Forum de Bamako qui s’est achevée le même jour. La remise du document s’est déroulée dans les jardins du palais au cours d’un cocktail. Le ministre de la Communication, Sidiki N’Fa Konaté et plusieurs personnalités dont l’ancien Premier ministre guinéen, Kabiné Komara, le vice-président de la Fondation Forum de Bamako, Abdallah Coulibaly, des diplomates étaient présents.
Cette remise des recommandations du Forum de Bamako relève d’une tradition qui fait du président de la République un ampliateur des résultats de ce grand rendez-vous du donner et du recevoir qui regroupe dans notre capitale d’imminentes sommités venues d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs. Le Forum de Bamako constitue un panel de discussion sur les questions d’actualité qui touchent le continent.
Cette 12è édition avait comme thème : « Quel Etat pour l’Afrique au 21è siècle ? ». Quelle stratégie pour une paix durable dans nos Etats, notamment ceux de la bande sahélo-saharienne, dont le nôtre en proie à des conflits armés ? Comment réussir une élection crédible et transparente dans une Afrique plurielle et diversifiée ?
Le défi est certes énorme, mais pas pour autant insurmontable pour une jeune démocratie comme les nôtres en ce 21è siècle. C’est du moins l’optimisme que reflètent les recommandations de cette 12è édition.
Dans le document remis au président Amadou Toumani Touré, par le porte-parole des panelistes, Jeans Hervé Lorenzi, le Forum recommande, concernant la paix et la sécurité, une synergie d’actions entre l’ensemble des Etats de la bande sahélo-saharienne. La crise dans cette zone ne peut être traitée par un seul pays.
S’agissant de la gouvernance administrative, le Forum recommande une mise en œuvre d’une décentralisation plus poussée et repensée au plus près des citoyens. Quant au troisième point abordé, notamment le rôle de l’Etat dans la gouvernance économique, le Forum souhaite une réelle coopération entre tous les acteurs de la chaîne économique.
« L’Afrique a vécu 200 ans de solitude et de douleurs. Pourtant la vie s’accélère, la roue tourne. L’Occident a mis 300 ans pour se développer, le Japon 25 et la Chine 14 ans. L’Afrique peut et doit réussir son développement.
Les Etats ont un rôle majeur à jouer pour garantir un management public », a noté Jeans Hervé Lorenzi. La recherche scientifique, le renforcement des capacités humaines, l’innovation technologique sont autant de sujets abordés pour lesquels, le Forum recommande une promotion plus forte de l’usage numérique qui représente plus de 2000 milliards de dollars à l’échelle planétaire.
Le président de la République a rendu hommage à l’ensemble des participants au Forum pour leur présence qui témoigne leur amour et leur amitié pour notre pays. « Merci pour le courage de venir à Bamako en ces temps difficiles. Mais comme on le dit, c’est dans la douleur qu’on reconnaît ses amis », dira Amadou Toumani Touré.
Les élections générales d’avril, la crise au nord, le climat socio-économique ont été passés au peigne fin par le président de la République, Amadou Toumani Touré qui réitère une fois de plus sa volonté de passer le relais le 08 juin prochain à son successeur. « Je suis en fin de mandat. Au Mali, la question ne pose pas ce que je dois faire le 09 juin 2012. C’est un engagement que j’ai pris et qu’une Constitution impose. Et cette Constitution est la mienne qu’après deux mandats, il faut partir ».
Le chef de l’Etat a fait part de sa vision de ce qu’il convient d’appeler la crise au nord. Selon lui, notre pays a été attaqué par des bandits armés dans une zone qui fait plus de 4 millions de km. Cette immensité de la bande sahélienne rend extrêmement complexe la lutte contre ceux qui se réclament aujourd’hui de AQMI ou du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), a souligné le chef de l’Etat.
Le trafic de cigarettes, de drogue, l’immigration clandestine pour ceux qui croient encore au paradis européen sont autant de pratique auxquelles s’ajoute aujourd’hui le phénomène d’enlèvements et de terrorisme dans la bande. Ce nouveau phénomène, a noté le président de la République, est devenu une épine pour nos Etats, particulièrement pour le nôtre dont la position centriste dans le Sahara offre l’image d’un paradis terrestre pour les trafics de tous genres. Mais notre pays n’a absolument rien à voir avec ces menaces qui viennent d’ailleurs a assuré le chef de l’Etat. Amadou Toumani Touré a réitéré sa conviction que le Mali seul ne peut rien contre ce phénomène.
Depuis 2006, il l’a expliqué à ses pairs qui, malheureusement ne l’ont pas suivi dans cette démarche, a regretté le président Touré. « C’est un mal qui monte. Ce mal est transfrontalier. Et la solution ne peut être que transfrontalière. Il est important qu’on se regroupe et qu’on trouve une solution commune pour combattre ce mal qui n’a pas de frontière. Et pour preuve lorsqu’on a interrogé certains terroristes ce qu’ils faisaient dans cette bande, surtout la partie qui nous concerne, ils nous ont répondu que la terre est le territoire appartenant à Dieu. Nous leur avons dit certes, mais cette partie, c’est Dieu qui nous l’a donnée. Donc vous n’avez aucune raison d’y séjourner sans visa », dira Amadou Toumani Touré, ajoutant que ce sont des gens qui vivent dans un esprit le plus négatif du féodal.
Pour le président Touré, la crise a eu un impact négatif sur le développement du nord et cela, malgré le soutien financier conséquent des bailleurs de fonds. Les actions devant être menées dans le cadre des projets de l’Agence nationale d’investissements des collectivités territoriales (ANICT) et du Programme pour la sécurité, la paix et le développement du nord (PSPDN) ont été malheureusement suspendues à cause des événements, privant le nord de plusieurs milliards de Fcfa, a noté le président Touré tout en regrettant l’attitude passive de la communauté internationale face aux atrocités commises par les rebelles à Aguel-hoc et dans d’autres localités du Septentrion.
Lassine Diarra
L’Essor du lundi 20 février 2012

 
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