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Exécutions sommaires de Aguel’hoc : LA COMMISSION D’ENQUETE REMET SON RAPPORT AU CHEF DE L’ETAT

   

Elle a pu recueillir des preuves et témoignages des rescapés militaires et civils soutenus par des images qui attestent que des combattants de l’armée malienne désarmés ont été bien arrêtés, ligotés les mains au dos avant d’être abattus par les éléments du MNLA et d’AQMI.

Du 18 au 24 janvier dernier, la localité d’Aguelhoc au nord du pays a été brutalement attaquée par des éléments se réclamant du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Des dizaines de militaires des forces armées et de sécurité ont été fait prisonniers avant d’être froidement exécutés les mains attachées dans le dos, avaient témoigné deux jours plus tard, les élèves de l’Institut de formation des maitres qui avaient pu s’échapper de cet enfer (lire l’Essor du 17 février).
La triste nouvelle s’était peu à peu répandue, confortée par des images terribles mises en ligne certainement par les tueurs.
Apres avoir condamné ces atrocités d’un autre âge, les autorités maliennes ont mis en place une commission spéciale pour enquêter sur ces atrocités portant la signature des éléments du MNLA et des groupes terroristes d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) qui opèrent depuis quelques années dans le Sahara.
La commission spéciale d’enquête est composée de 7 membres qui sont tous des officiers supérieurs des forces armées et de sécurité. Son président est l’inspecteur général de police, Alioune Badara Diamouténé. Les enquêteurs se sont rendus à Aguelhoc le 31 janvier et y sont restés pendant dix jours.
Hier, ils ont été reçus à Koulouba par le président de la République, Amadou Toumani Touré, à qui ils ont remis les conclusions de leurs investigations. La rencontre s’est déroulée en présence de deux membres du gouvernement : Marahafa Traoré (Justice) et Natié Pléa (Sécurité intérieure et Protection civile).
Dans une déclaration faite à la presse, la commission spéciale d’enquête, par la voix de son président, a confirmé s’être rendue sur le terrain « pour mener les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité sur les cas d’atteinte à la vie, à l’intégrité physique des personnes et aux biens » . Elle a ainsi recueilli « des preuves et témoignages des rescapés militaires et civils soutenus par des images qui attestent que des combattants de l’armée malienne désarmés ont été bien arrêtés, ligotés les mains au dos avant d’être abattus » . La commission d’enquête confirme aussi que « des élèves et enseignants de l’Institut de formation des maîtres (IFM) d’Aguelhoc ont été utilisés comme boucliers humains par les assaillants en difficulté lors de l’attaque du 18 janvier 2012 » . Ces élèves et enseignants, entendus par la commission spéciale d’enquête, « attestent les faits d’atrocité commis sur des militaires désarmés » .
Les enquêteurs notent que « ces déclarations corroborent le mode d’exécution sommaire de combattants désarmés régulièrement pratiqué par AQMI » . La commission d’enquête a pu certifier que « l’habillement de la plupart de ces combattants barbus, le mode d’exécution de militaires désarmés, attestent de la participation d’AQMI aux combats aux côtés du MNLA lors des attaques des 18, 20 et 24 janvier dernier contre le camp militaire, l’Institut de formation des maîtres et la ville d’Aguelhoc » .
Les atrocités dénoncées par le gouvernement, l’opinion malienne et des pays amis, sont aujourd’hui établies et étayées par les investigations des enquêteurs nationaux. Leurs conclusions ne laissent plus de doute sur la jonction sur le terrain des assaillants du MNLA et des éléments d’AQMI et leur culpabilité conjointe dans les exécutions sommaires de militaires maliens désarmés et immobilisés.
La justice va prendre le relais de la commission d’enquête, la justice de notre pays et éventuellement la justice internationale, pour punir les auteurs des atrocités et pour que les proches des suppliciés d’Aguelhoc puissent obtenir justice.
Madiba Keïta
L’Essor du mercredi 22 février 2012

 
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