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Discours à la 22ème Conférence Afrique - France

   

DISCOURS A LA 22ème CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT D’AFRIQUE ET DE FRANCE (Paris, 20 - 21 Février 2003)

Monsieur le Président de la République Française,
Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU,
Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord, exprimer notre profonde gratitude, aux Autorités Françaises, pour l’accueil chaleureux dont nous avons été l’objet, ainsi que pour les bonnes dispositions prises en vue de notre participation aux travaux de ce XXIIème Sommet Afrique - France.

Le choix du Thème : « l’Afrique et la France, ensemble, dans le Nouveau Partenariat », procède d’une bonne inspiration.

En cette ère de Mondialisation et d’avancées technologiques phénoménales, les espaces de coopération, même les plus solidement établis, doivent faire face à des exigences nouvelles qui appellent des réponses solidaires appropriées.

C’est là que réside sans doute le secret de la vitalité de la relation Afrique-France, un partenariat dans la confiance et dans le respect mutuel.

Mesdames et Messieurs,

En vous remerciant de l’honneur fait au Mali, à travers ma personne, de vous entretenir de la Santé et de l’Education dans le cadre du Nouveau Partenariat entre la France et l’Afrique, permettez-moi d’insister sur la corrélation entre les différents thèmes qui seront exposés à notre Sommet.

L’Eau est un déterminant majeur de la bonne ou mauvaise santé de nos populations. De la même manière, comment dissocier les questions de santé de celles relatives à l’éducation, l’enjeu étant la qualité des ressources humaines.

La Santé comme l’Education, ont aussi besoin d’un environnement de paix et de sécurité, pour leur prise en charge efficiente d’où notre légitime souci de nous pencher sur les crises et les conflits .

L’EDUCATION EN AFRIQUE

La formation des ressources humaines de qualité et en nombre suffisant, demeure une des clés essentielles pour gagner la bataille du développement.

Le taux de scolarisation sur le continent africain, et singulièrement celui des jeunes filles, est le plus bas du monde ce qui accentue davantage la pauvreté.

Le Forum Mondial sur l’Education, tenu à Dakar en Avril 2000, a fixé comme objectif l’Education Primaire Universelle d’ici à l’an 2015. Or, le rapport du Comité de Suivi de ce Forum présage qu’à l’horizon 2015, 57 pays dont 20 francophones y compris le Mali, n’atteindront pas l’objectif commun d’Education pour tous.

Mesdames et Messieurs,

Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est un engagement politique clair en faveur de l’Education.

Il se traduira par :

-  une refondation des Systèmes Educatifs actuels ;
-  un financement conséquent de l’Education ;
-  la réforme des contenus de l’enseignement pour l’adapter aux exigences du monde actuel ;
-  le recrutement et la formation des maîtres ;
-  l’introduction des Langues Nationales et un appui conséquent aux Collectivités Locales, dans la prise en charge des Ecoles Communautaires.

La pénurie de ressources humaines compétentes est une menace bien plus grave, que celle des ressources matérielles et financières, par rapport au développement du continent.

Des pays sans ressources naturelles comme le Japon, la Corée du Sud, Singapour ont montré qu’une Nation peut bâtir sa prospérité en investissant massivement dans l’éducation et la formation.

Le Mali, dans le cadre de la réfondation de son Système Educatif, a fait du développement « d’une éducation de base de qualité pour tous », un des axes prioritaires de sa nouvelle politique éducative.

Ainsi, l’Enseignement Fondamental constitue la première priorité, du Programme Décennal de Développement de l’Education (PRODEC).

L’objectif de ce programme est d’atteindre, d’ici à l’année 2010, un taux brut de scolarisation de 95%. La création des Centres d’Education pour le Développement (C.E.D) est une des expériences que notre pays met en oeuvre pour réduire le taux d’analphabétisme.

Mesdames et Messieurs,

Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) se fixe comme objectifs :

-  d’améliorer l’élaboration et la réforme des Programmes, la qualité de l’enseignement et l’accès à l’informatique et à la télématique ;
-  d’élargir l’accès à l’enseignement secondaire, technique et professionnel afin de l’adapter aux besoins du monde du travail ;
-  de favoriser la mise en place des réseaux d’établissements spécialisés de recherche et d’enseignement supérieur.

Le partenariat avec la France doit nous permettre d’axer nos efforts en priorité sur l’Education et la Formation.

Le défi à relever est double . Il s’agit :

-  d’une part, d’étendre l’Education à la base ;
-  et d’autre part, de créer les conditions d’un Enseignement Supérieur de qualité, s’appuyant sur les nouveaux savoirs et les nouveaux outils de connaissance que sont les Technologies de l’Information et de la Communication.

La France est un allié privilégié de l’Afrique dans cette quête d’un enseignement de qualité.

L’engagement du Président Jacques Chirac contre la fracture numérique entre le Nord et le Sud, est un signal encourageant sur les perspectives de coopération dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’Information.

Parallèlement à cette politique de revitalisation de l’Education, nous devons créer en Afrique un environnement politique, social et économique propice à la réduction de la « fuite des cerveaux » et, pourquoi pas, au retour de l’élite africaine de haut niveau de la diaspora dont l’expertise manque si cruellement à notre développement.

Le Mali se réjouit de partager, ici, une initiative que nous avons engagée dans ce domaine avec d’autres partenaires au développement et dénommée « Projet Tokten ». Ce projet permet à des compétences maliennes, vivant hors du Mali, de venir dispenser des enseignements à l’Université de Bamako.

Le moment me semble venu, entre Français et Africains, de réfléchir à un dispositif souple et attractif pour une meilleure implication de nos cadres dans le processus de développement.

LA SANTE EN AFRIQUE

Mesdames et Messieurs,

De nos jours, la Santé est devenue pour tous les pays un indicateur essentiel de mesure du progrès social et économique.

Or, malgré nos efforts consistant à lui consacrer une large part de nos Budgets, il nous faut admettre que le secteur de la santé en Afrique traverse une crise profonde, exacerbée par les difficultés économiques de tous ordres et par les conflits armés qui entraînent des mouvements massifs de populations.

En guise d’illustration, il me suffit de rappeler que :

-  le paludisme continue de faire des ravages dans les régions tropicales ;
-  les maladies émergentes comme la fièvre Ebola, constituent une source de préoccupation sérieuse ;
-  la pandémie du Sida a atteint une telle ampleur, qu’il ne s’agit plus seulement d’une question de Santé Publique, mais bien d’une menace économique, démographique et sécuritaire pour le continent.

Sur les 42 millions de personnes, vivant de nos jours avec le VIH/SIDA, 29 millions sont recensés en Afrique au Sud du Sahara.

Ces chiffres sont alarmants ; les drames humains et sociaux qu’ils cachent, sont encore plus insupportables.

Mesdames et Messieurs,

A côté de ces maladies endémiques existent d’autres facteurs de dégradation de la Santé Publique en Afrique tels que :

-  la malnutrition, l’insécurité alimentaire, la sous alimentation, l’insuffisance d’eau potable ;
-  le faible taux de couverture vaccinale des enfants ;
-  l’insuffisance des infrastructures socio-sanitaires de base et de prestations de soins de qualité ;
-  le difficile accès aux médicaments ;
-  l’absence de mécanisme de financement de la Santé ;
-  la faiblesse des Systèmes de Protection Sociale ;
-  l’insuffisance quantitative et qualitative de ressources humaines ;
-  la carence dans la gestion hospitalière.

Mesdames et Messieurs,

L’enjeu, c’est de développer avec la France une coopération soutenue, pour mettre en place à l’échelle du continent, une Stratégie globale de développement socio-sanitaire de nature à briser le cercle vicieux Pauvreté-Maladie-Exclusion.

En effet la pauvreté est une cause essentielle de maladies et d’exclusion ; à ce titre, elle figure sur la cote de 2.59.5, dans la classification internationale des maladies de l’OMS.

La Stratégie globale à mettre en oeuvre pourrait intégrer quelques initiatives réussies, afin de conférer au concept de « droit à la santé pour tous » tout son sens. Je citerai, entre autres :

L’initiative africaine de Bamako, en matière de promotion des médicaments génériques, en Dénomination Commune Internationale (DCI).

Le Programme Elargi de Vaccination (PEV), dans le sillage de l’Alliance Mondiale pour les Vaccins et la Vaccination (GAVI) approuvée par l’Union Africaine, et dont l’objectif est d’atteindre une couverture vaccinale minimale de 80% des enfants du continent à l’horizon 2010.

Les expériences pertinentes de Politiques de Soins de Santé Primaires, à l’image des 500 centres de santé communautaires (CESCOM) du Mali, qui sont des Structures Socio-Sanitaires de proximité gérées par les Communautés de Base elles-mêmes.

Le renforcement de l’Assistance Technique pour la formation des praticiens, avec l’introduction de la Télémédecine et la généralisation de la coopération active entre les hôpitaux français et africains.

Mesdames et Messieurs,

L’Afrique demeure le continent le plus touché par le SIDA.

Pour y faire face, il nous faut renforcer la solidarité thérapeutique en facilitant l’accès des malades des pays en développement aux médicaments anti-rétroviraux.

Les Accords de Doha, dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce, ont fait naître un réel espoir dans ce sens.

Vous comprendrez alors, que je fasse une mention particulière à la lutte contre le VIH/SIDA dans notre coopération sanitaire avec la France.

Mesdames et Messieurs,

Le nouveau partenariat avec la France, dans le domaine de l’Education et de la Santé, devra s’articuler autour de deux axes majeurs :

Premier axe : l’affirmation d’une politique volontariste des Etats africains eux-mêmes, qui devront consacrer une part plus importante de leurs Budgets nationaux aux programmes de développement de l’Education et de la Santé.

Deuxième axe : une forte implication de la France, le premier partenaire au développement de l’Afrique, pour l’élaboration et la conduite d’une nouvelle coopération technique et financière à la mesure des enjeux et des défis à relever.

L’Afrique attend de la France une aide directe et significative, pour le développement de ses ressources humaines et une meilleure mobilisation des ressources financières internes et externes, y compris les mesures d’annulation de la Dette au profit des secteurs sociaux.

L’Afrique compte sur la France, pour qu’ensemble nous mobilisions davantage la Communauté Internationale en faveur du Continent.

Mesdames et Messieurs,

Le sujet que nous avons eu l’honneur d’aborder est vaste et touche à l’essence même de l’Homme, au bien-être général de nos populations.

Nous espérons que les échanges qui vont suivre déboucheront sur des approches concrètes, axées sur les priorités de développement de l’Afrique dans le nouveau partenariat avec la France.

Je voudrais avant de terminer, saluer l’engagement constant de la France aux côtés de l’Afrique, tant sur le plan bilatéral que dans le cadre des Initiatives internationales, en faveur du continent.

Avec une note spéciale à l’endroit du Président Jacques Chirac, pour sa disponibilité et sa grande sensibilité pour les causes africaines.

Je Vous remercie !

 
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