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COMMUNIQUE FINAL DE LA XXIIIEME CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT D’AFRIQUE ET DE FRANCE

   

1. La XXIIIème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique et de France s’est tenue au Centre International de Conférence de Bamako, les 3 et 4 décembre 2005, à l’invitation de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani Touré, Président de la République du Mali.

2. Cinquante un Etats d’Afrique ont participé avec la France à la Conférence. Vingt cinq étaient représentés par leur Chefs d’Etat. La Présidente nouvellement élue du Libéria, Madame Ellen Johnson-Searleaf, première femme chef d’Etat en Afrique, a été particulièrement ovationnée. La Somalie, qui participait pour la première fois à un Sommet Afrique-France, était représentée par son Premier Ministre. Les représentants de l’ONU, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne et d’autres Organisations régionales et internationales ont également pris part à la Conférence.

3. La Conférence, qui a été précédée de la Réunion ministérielle préparatoire tenue à Bamako, le 1er décembre 2005, avait pour thème central : « La Jeunesse africaine : sa vitalité, sa créativité et ses aspirations ».

A l’initiative du Président Amadou Toumani Touré du Mali, un Forum de la jeunesse avait réuni les 8 et 9 novembre 2005 à Bamako, des jeunes venus des cinq régions d’Afrique afin que puissent être exprimées aux chefs d’Etat, leurs ambitions et leurs attentes.

4. La cérémonie d’ouverture officielle du 23ème Sommet Afrique-France a été marquée par :

-  le discours de bienvenue de Son Excellence Monsieur Amadou Toumani Touré, Président de la République du Mali ;

-  le discours prononcé, au nom des Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique, par Son Excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba, Président de la République Gabonaise ;

-  le discours de Son Excellence Monsieur Jacques Chirac, Président de la République Française ;

-  l’adresse de la jeunesse africaine délivrée par Mme Tamoifo Nkom Marie, accompagnée d’un groupe de jeunes.

5. Après avoir rappelé que la jeunesse africaine représente les deux tiers de la population du continent, les chefs d’Etat ont souligné l’urgente nécessité de lui redonner espoir et confiance, et de définir des perspectives lui permettant de jouer pleinement le rôle qui lui revient dans le contexte de la mondialisation, à l’aube du XXIème siècle.

6. A la suite de leurs échanges sur les préoccupations et les aspirations de la jeunesse qui ont été déclinées suivant les sous-thèmes ci-après, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont abouti aux conclusions suivantes.

7. Insertion socio-politique et économique de la jeunesse dans le processus de développement de l’Afrique :

La Conférence a souligné la nécessité d’une implication des jeunes dans les décisions les concernant ou ayant un impact sur leur devenir. Elle a appelé aussi au sens des responsabilités et au respect des valeurs éthiques.

Elle a également souligné l’impérieuse nécessité de mobiliser des ressources financières additionnelles pour faciliter son insertion économique.

A cet égard, il a été suggéré la création d’un Fonds euro-africain d’investissements en faveur de la jeunesse et la poursuite par la France de son plaidoyer auprès d’autres partenaires en vue du prélèvement de solidarité sur les billets d’avion.

La Conférence a aussi émis le vœu de voir la réunion ministérielle de l’OMC prévue à Hong Kong de prendre en compte les priorités de développement de l’Afrique dans les négociations commerciales et a adopté en conséquence le communiqué joint en annexe.

8. Formation et emploi :

La Conférence a souligné le rôle primordial de l’éducation de base et de la formation professionnelle pour accéder à l’emploi, y compris dans les zones rurales, et la nécessité d’adapter les systèmes éducatifs et de formation aux réalités et besoins de modernisation des pays africains ainsi qu’aux exigences de la mondialisation.

Il a également été mis en avant qu’il fallait paix et stabilité, bonne gouvernance et équité pour promouvoir un développement économique créateur d’emplois.

9. Les phénomènes migratoires comme facteurs d’intégration :

Le phénomène de l’immigration clandestine a retenu l’attention de la Conférence. Il est étroitement lié à la situation économique difficile que connaissent les pays africains, et sa solution passe par le développement de ces pays grâce à un soutien accru des pays industrialisés et de nouveaux aménagements sur la dette.

La Conférence a reconnu que la migration des jeunes à l’intérieur ou hors du continent contribue à la croissance économique et au développement des pays d’accueil. Les Etats doivent saisir cette opportunité pour conclure des accords ou conventions relatifs à la gestion des frontières, aux conditions de séjour, à l’octroi des permis de travail, etc.

10. Les retours des compétences africaines en Afrique : La diaspora africaine, de par sa qualité et ses revenus importants, constitue un atout pour le développement du continent. Afin de faire bénéficier l’Afrique des compétences africaines qui sont à l’extérieur, la Conférence estime que les pays d’origine et les pays d’accueil doivent travailler ensemble afin de mobiliser les capacités techniques et financières des diasporas au service de projets de développement dans les pays d’origine (concept de co-développement) et limiter les départs en renforçant les formations sur place.

Il a été proposé la mise en place d’un groupe de travail franco-africain pour étudier le phénomène et proposé des solutions.

11. La jeunesse africaine face aux grands enjeux sanitaires  :

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont réaffirmé leur engagement à intensifier la lutte contre le VIH/Sida, à travers le renforcement des systèmes de santé nationaux visant à combattre le VIH/Sida, le paludisme, la tuberculose et les autres maladies infectieuses qui constituent un grave danger pour les jeunes.

12. Vitalité et créativité de la jeunesse africaine : La Conférence a souligné la nécessité de l’utilisation des NTIC pour promouvoir l’emploi des jeunes, les échanges et les opportunités d’affaires, d’éducation et le développement, y compris celui du monde rural.

La Conférence a évoqué les défis et les opportunités offertes à la jeunesse par la révolution des technologies de l’information comme l’a mis en évidence le récent Sommet de Tunis sur la Société de l’Information.

13. Le rôle de la jeunesse africaine dans la promotion de l’image de l’Afrique, la diversité culturelle, l’art et la culture :

La Conférence a reconnu le rôle d’avant-garde de la jeunesse dans la promotion de l’image de l’Afrique et du combat pour l’acceptation de la diversité culturelle qui garantit une meilleure compréhension entre les peuples et, partant, favorise l’instauration d’un développement solidaire et d’une paix durable.

La Conférence s’est félicitée de l’adoption, le 20 octobre 2005, par la 33ème Conférence générale de l’Unesco, de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles qui vise notamment à promouvoir les cultures nationales. Elle a appelé les Etats à la ratifier.

14. Pour la Côte d’Ivoire, la Conférence a souligné qu’il y a urgence, pour préserver les chances de réconciliation, à mettre en oeuvre les dispositions de la résolution 1633 en désignant rapidement le Premier Ministre et en précisant ses pouvoirs propres.

La Conférence a rappelé également la nécessité de tenir des élections libres et transparentes dans le délai imparti.

15. Les Présidents Amadou Toumani Touré et Jacques Chirac ont, au nom de leurs pairs, remis à Mme Marie Tamoifo Nkom, la réponse à l’adresse de la jeunesse africaine.

Bamako, le 04 décembre 2005
 
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