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Présentation de lettres de créance : les nouveaux ambassadeurs d’Espagne et de France à pied d’oeuvre

   

Paris est le premier partenaire technique et financier du Mali tandis que la coopération avec l’Espagne, qui a rebondit ces dernières années, est prometteuse.

Deux nouveaux ambassadeurs ont présenté, hier à Koulouba, leurs lettres de créance au président de la République, Amadou Toumani Touré. Le premier diplomate à être introduit auprès du chef de l’État fut l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, du Royaume d’Espagne, Mme Marta Betanzos Roig. La diplomate espagnole détient un diplôme de l’université Computense de Madrid en droit et psychologie. Elle a intégré la diplomatie en 1986. Elle travaillera ensuite à Tripoli, à Bruxelles (auprès de l’Union européenne) et à New York aux Nations unies. Elle a servi également comme conseiller au ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale. Elle se retrouvera plus tard au département de la justice comme sous-directrice de la coopération juridique internationale. Mme Marta Betanzos Roig réside à Bamako où son pays ouvre pour la première fois une ambassade.

L’espagnol comme deuxième langue

La diplomate espagnole travaille désormais au renforcement des liens entre l’Espagne et le Mali. Cette coopération remonte à l’accession de notre pays à l’indépendance. A cette époque, la collaboration entre nos deux pays était principalement culturelle, l’espagnol étant enseigné comme deuxième langue dans nos lycées. Le cadre juridique de la coopération entre les deux pays est relativement pauvre.

L’accord existant a été signé en 1990 à Madrid. Il concerne le transport aérien. Les deux pays coopèrent en matière de commerce sur la base des accords UE-Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) et du cadre général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les opérateurs économiques demeurent des acteurs essentiels voire indispensables de ce partenariat. L’Espagne a notablement contribué à la formation de nos techniciens en mécanique-auto et électricité à travers la construction du centre "Père Michel".

Cet établissement reste jusqu’ici la plus grande infrastructure réalisée par l’Espagne dans notre pays. Dans le domaine de l’agriculture, un projet d’accord cadre est en négociation entre les ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche du Mali et le département de l’Agriculture de la région autonome de Catalogne e Espagne où des techniciens maliens sont actuellement en formation. Le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre les deux pays se poursuit à travers des échanges de délégations souvent conduites par des ministres. C’est ainsi qu’en février 2005, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, avait effectué une visite de travail en Espagne. Le 3 juillet dernier, notre ambassadeur en Espagne avec résidence à Paris, présentait ses lettres de créance au roi Juan Carlos.

L’Espagne ne figure pas dans le cercle des bailleurs de fonds classiques du Mali. Mais elle a financé en 2002, le projet "Conservation et développement soutenable dans la zone Ramsar du lac Debo et de Walado Debo" pour un montant de plus de 837 millions de Fcfa. Le partenaire espagnol est prêt à accompagner les efforts du pays dans la réhabilitation des hôpitaux de Bamako pour 5 millions d’euros, soit un peu plus de 3 milliards de Fcfa.

Le deuxième diplomate à présenter ses lettres de créances au chef de l’État a été l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France, Michel Reveyrand-de Menthon. Il va s’attacher à développer et à raffermir la vieille et riche coopération franco-malienne. Ce diplomate de 56 ans a de solides références. Il est détenteur d’un diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris, d’une maîtrise de philosophie (Paris I) et d’un diplôme d’études approfondies (DEA) d’économie appliquée (Paris-Dauphine) et d’études politiques (IEP-Paris). Le nouvel ambassadeur qui a fait la prestigieuse ENA (1984-1987) est agrégé de sciences économiques et sociales.

Tous les domaines

II a occupé ces six dernières années, le poste de conseiller financier pour l’Afrique à la direction du Trésor au bureau "Afrique centrale et orientale" puis "Afrique de l’ouest, australe et l’Océan indien". Michel Reveyrand-de Menthon a cumulé cette fonction avec celle de président du groupe de travail du CAD/OCDE sur l’efficacité de l’aide au développement. Il a aussi été auditeur à l’Institut diplomatique, directeur régional pour la Haute Normandie au Crédit local de France, conseiller technique au ministère des Affaires étrangères.

L’ouvrage ne lui manquera à Bamako car la coopération franco-malienne embrasse tous les domaines avec une réelle volonté politique, de part et d’autre, de lui insuffler toujours plus de dynamisme. Les présidents Amadou Toumani Touré et Jacques Chirac s’apprécient et se vouent une estime réciproque. La cote politique de notre pays et le leadership du président Touré ont permis au Mali d’abriter le 23è sommet Afrique-France en décembre 2005. La France avait mis à la disposition du comité d’organisation du sommet plus de 3,2 milliards de Fcfa.

200 milliards de FCFA sur 5 ans

La France et le Mali sont unis par des liens particuliers. Les consultations bilatérales sont régulières dans le cadre des Grandes commissions mixtes. La coopération franco-malienne est formalisée dans un cadre juridique. Les deux pays sont liés par plus de 687 instruments juridiques, essentiellement constitués de conventions de financement et de projets de développement dans notre pays. Le premier accord entre les deux date de décembre 1960. II était axé sur les secteurs de la santé, des infrastructures, de l’éducation et du développement.

L’assistance de la France a concerné pendant les premières années les secteurs d’activités économiques. Elle s’articulait autour de l’appui au rétablissement des grands équilibres économiques et financiers, la recherche d’un véritable développement à long terme. Aujourd’hui, Paris apporte son soutien à la décentralisation et au développement local par des appuis aux communautés locales, au programme d’appui aux communes urbaines et à la sécurité publique dans un cadre démocratique.

L’Agence nationale des collectivités territoriales (ANCT) a bénéficié en 2001 de l’Agence française de développement d’environ 5 milliards de Fcfa pour le fonds destiné au financement des projets des communes. Et en mars dernier elle a reçu 3,6 milliards de Fcfa . La France a en outre accordé au Mali plus de 1,7 milliard de Fcfa pour appuyer le processus de décentralisation et de déconcentration. A l’occasion de la visite en juillet dernier du ministre français délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, Mme Brigitte Girardin, les deux pays avaient signé un Document cadre de partenariat pour la période 2006-2010, ainsi qu’un nouveau protocole d’accord relatif au Fonds social de développement et à la coopération décentralisée. Paris va ainsi consacrer environ 300 millions d’euros, soit près de 200 milliards de Fcfa aux actions de coopération dans notre pays pendant les cinq ans à venir. Les migrants maliens en France participent au développement socio-économique de leurs localités respectives. Ils améliorent le quotidien de leurs parents dans les villages à travers des programmes de développement établis sur la base de partenariat avec les associations, organisations non gouvernementales et collectivités territoriales de la France. Cette nouvelle idée de codéveloppement est une initiative partagée par les deux pays.

B. DOUMBIA
L’Essor
http://www.essor.gov.ml

 
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