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VOEUX DU PRESIDENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE AU CHEF DE L’ETAT

   

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous sommes heureux de pouvoir nous retrouver une fois de plus à vos côtés en ses heures finissant de l’année qui s’éteint et de l’avoir vécue dans l’ordre, dans la paix, dans la tranquillité et la quiétude populaire.

Au terme d’une année faite de travail, d’effort et d’engagement pour vaincre les défis d’ordre politique, économique et social qui jalonnent notre marche en avant vers plus de progrès et de bien-être, nous vous prions, Monsieur le Président de la République, de recevoir au nom de la Cour Constitutionnelle toute entière nos vœux de bonne et heureuse année 2007.

Une bonne et heureuse année pour vous-même, pour votre famille et tous les êtres qui vous sont chers.

Une bonne et heureuse année pour tous ceux qui, détenant une parcelle de responsabilité, oeuvrent à vos côtés pour des lendemains qui chantent au plan politique, économique et social.

Une bonne et heureuse année au peuple des travailleurs, dans un Mali fort, uni, généreux et solidaire.

Monsieur le Président de la République,

Des enjeux majeurs se profilent à l’horizon. Dans quelques mois le Peuple souverain va devoir, va pouvoir confier son destin pour l’avenir à celui dont les projets et les ambitions lui paraîtront conformes à ses valeurs, à ses aspirations profondes, à ses espérances.

Il va devoir, il va pouvoir également désigner ses représentants qui agiront en son nom pour les cinq années à venir.

Combien de feux, de fers, de morts, de pleurs et de détresses avons-nous vécus pour avoir osé aspirer à tant de responsabilités dans un système de pluralisme démocratique.

Les hommes et les femmes ont l’obligation, pour honorer la longue quête de démocratie du peuple malien, de participer à la vie de la cité à travers le bulletin de vote et de ne pas laisser à un nombre limité d’électeurs le soin de décider des grandes questions qui font le sel et le sucre de la vie quotidienne.

Qui ne vote pas, dit-on, ne compte pas.

Depuis de longues années les Maliens ne votent pas.

Depuis de longues années, les compétitions politiques qui ont vu le jour dans notre pays ont révélé que les cartes des électeurs ne sont distribuées ni enlevées au niveau des bureaux de vote que dans la faible proportion de 20% et dans certains bureaux de vote, elle décline à 10%.

Cette tendance collective, cette montée de l’absentéisme qui altèrent l’intensité de notre démocratie ne traduisent point un désintérêt pour la chose publique ni des insuffisances de la démocratie mais témoignent essentiellement d’un manque d’éducation, de formation, de sensibilisation et de mobilisation imputable aux forces politiques, aux associations, à la société civile et à tous ceux qui sont engagés dans le processus électoral.

Le vote, c’est la participation à la vie de la nation, « c’est le terreau dont les valeurs démocratiques ont besoin pour s’épanouir, c’est le moyen de donner confiance à la communauté politique, c’est le moteur de la démocratie ».

Monsieur le Président de la République,

Nous avons la conviction profonde que la campagne électorale qui s’ouvre sera sereine, respectueuse de l’honneur, de la dignité, de la délicatesse des uns et des autres et ce, conformément aux valeurs de sagesse, de tolérance et de respect qui caractérisent notre Peuple ;

Une campagne exempte de propos incandescents, d’intempérances écrites et verbales susceptibles d’humilier son prochain dans une société où tout se tient, où les hommes sont si proches les uns des autres, si liés par un réseau de rapports complexes de sang, de famille, de mariage, d’amitié, de cohabitation, de voisinage, si bien que lorsqu’il est porté atteinte à la dignité d’un seul, c’est l’ensemble qui souffre, qui se sent concerné et humilié.

Monsieur le Président de la République,

Nous osons espérer que la presse, une fois de plus, jouera sa partition avec élégance, de façon indépendante et professionnelle, comme elle l’a toujours fait.

Ce professionnalisme dont elle a fait preuve tout au long de toutes les élections politiques passées a éloigné d’elle toute velléité d’actions judiciaires dans une matière où cependant le filet des poursuites est si ouvert et si étendu qu’il permet de poursuivre les auteurs des faits délictueux et éventuellement les directeurs de publication, les imprimeurs, les éditeurs, les distributeurs et même les vendeurs.

Monsieur le Président de la République,

Quant à la Cour Constitutionnelle, nous répétons encore une fois, que nous jouerons notre partition dans le strict respect de notre serment.

La Cour Constitutionnelle a pour mission, je voudrais le rappeler, d’épurer les opérations électorales de toutes formes d’irrégularités, de tout ce qui porte atteinte à la sincérité, à la transparence du scrutin, d’arbitrer, de séparer le bon grain de l’ivraie pour aboutir à la quintessence des suffrages valablement exprimés afin de ne pas pousser vers nos assemblées des hommes et des femmes qui veulent y entrer par effraction au mépris de la volonté populaire.

Les exigences particulièrement impérieuses d’une telle mission qui constitue l’essence même des attributions de la Cour imposent qu’il soit fait appel à des présidents et assesseurs de bureaux de vote capables de tenir correctement les procès verbaux des opérations électorales ; qu’il soit fait appel à des délégués représentant les partis politiques à même de comprendre les raisons de leur présence au sein des bureaux de vote.

En effet, que faire lorsque les directions de partis politiques saisissent la Cour Constitutionnelle d’une profusion de requêtes tendant à l’annulation des votes émis ça et là quand les membres de ces bureaux de vote, les présidents, les assesseurs, les délégués eux-mêmes des mêmes partis politiques sur le terrain, ont attesté de façon péremptoire sur les procès-verbaux que le vote s’est déroulé normalement et sans incident.

Monsieur le Président de la République,

La Cour Constitutionnelle, c’est encore l’occasion de le dire, accomplira sa mission avec impartialité et fermeté. Mais aussi avec beaucoup de sagesse et de pondération dans une matière infiniment complexe, profondément mouvante et hautement sensible.

Je vous remercie.

 
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